‹ Les ruines de Pompéi (volume 4)Chapitre 8 sur 19 · DE LA VOIE · texte numérisé non relu

DE LA VOIE

Les voies antiques qui existent encore en Italie commandent l’admiration, par la beauté de leurs chaussées, la commodité de leurs trottoirs latéraux, l’iininensité du travail qu’elles ont dû coûter, et plus encore par cette inconcevable solidité qui résiste à tout depuis Is siècles Îi inieux conservée de toutes est celle qui a été découverte à Pompei; on en voit ici le plan (pl III ) ■ elle est accompagnée de la plupart des monuments dont les anciens avaient coutuL d’orner is voies publiques; les uns sont consacrés à des divinités protectrices, les antres à la memTe des morts, ou simplement élevés pour l’utilité des voyageurs.

(!) Voyer les lettres de Winketoann, du mois de décemljK 1763, et ceUes de 1764.

explication des planches

Cette voie venait de Naples en passant par Herculanum, Retina, Oplonle; elle monte, deimis la plaine jnsqu’à la porte de la ville, par une pente d’environ 3 pouces par tmse, qm a du conter beaucoup de peine à dresser; car les divers endroits fouillés sur la droite indiquent que le sol devait être primitivement fort inégal. Elle a d’un côté (pl. III) une petite rue A qui conduisait à un sepuMum, ou lieu destiné aux sépultures, et dans les maisons de campagne voisines; de l’autre, est un embranchement B, suivant le contour des murs, et qui sans doute conduisait au passage du Sarno, pour la commodité de ceux qui ne voulaient point traverser la ville.

La largeur de l’ngger, ou chaussée, est de 12 à i4 pieds, ce qui suffisait au passage de deux chars, comme on peut s’en convaincre en examinant les traces profondes que les roues ont laissées sur le pavé - elle est formée de larges morceaux de lave semblable à celle que l’on emploie encore dans le pays pour le même usage. La parfaite conservation de cette voie empêche que l’on puisse s’assurer de la manière dont les pavés sont établis ; il y a apparence qu’ils sont posés , comme dans les autres voies antiques, sur plusieurs couches alternatives de maçonnerie. Comme le rocher pouvait remplacer ici le statumen, ou massif qui leur servait ordinairement de base, ces couches doivent se réduire à deux; savoir, celle appelée rvdm, formée de blocage, et celle nommée nuckus, composée de cailloutage et de mortier, auquel, selon Pline, on ajoutait de la cendre. Les trottoirs ou marines, qui ont généralement un peu moins de la moitié de la chaussée, ne sont que terrassés et élevés d’environ un pied. De distance en distance sont placées des bornes basses; qui servaient à empêcher les chars de passer sur les trottoirs, et qui pouvaient aussi aider les voyageurs à s’élancer sur leurs chevaux. (Voyez le détail du trottoir au bas du frontispice, planche I.)

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