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Le seuil en marbre de l'entrée principale conserve encore les traces des erapaudines qui portent les battants des portes. Une entrée secondaire, débouchant directement dans le erynto portique se trouve à l'extrémité de l'édifice, marquée ,4 sur le plan général. L'escalier qui y conduit descend jusquau pied d'une fontaine placée dans la rue dite des Orfèvres. On remarque sur les paro.s de ce passage, un paysage qui fait l'admiration des connaisseurs. On y voit aussi un thermopohum ou boutique où l'on vendait des décoctions chaudes : espèce de cabaret antique comme on en trouve dans le voisinage de tous les lieux publics (voir, ton, II, p. 44>. Cest aussi en face de cette entrée que fut découvert, dans les ruines d'une maison particulière, un vase en bronze, de deux pieds et demi de haut, d'une belle forme, d'un beau travail, et richement orné d'incrustations d argent. Ce vase se trouve figuré planche 32 de la 6' livraison du Museo Borbonico
En rentrant dans 1 intérieur de l'édifice, nous remarquons les pierres de différentes formes déposées au pourtour de la cour, et qui embarrassent si singulièrement ceux qui ont cherché'
à expliquer lu destination de cet édifice. Cette cour et les portiques, selon leur opinion, qui du reste est assez probable, servaient de lieu de réunion aux marchands, et L'hémicycle, au fond, de tribunal civil : il n'y a plus de difficulté qu'à l'égard des pierres en question, dont on a voulu faire des cuvettes à lavage.
Pour donner une idée de l'état actuel d'une partie de cette ruine, nous avons reproduit, au bas du texte, page 47» la vue du fond de la cour avec l'hémicycle et les deux niches. On y remarquera, au pied des marches et à côté des caniveaux ordinaires, le petit réservoir et une des pierres, légèrement refouillés, dont on désespérera peut-être toujours de retrouver l'usage. Il est à regretter qu'un édifice aussi beau qu'intéressant ne nous soit pas parvenu dans un meilleur état de conservation ; aussi nous saura- t-on gré d'avoir reproduit la belle restauration que nous en a laissée feu M. Mazois (voir planches XXIII et XXIV). La première représente l'édifice dans tout son développement. Le vestibule, ou ce qu'on veut appeler le chalcidium , a les proportions grandioses du portique du forum dont il fait partie. Le portique intérieur de l'édifice, d'une proportion plus belle, devait offrir, par la richesse de son architecture, de ses matériaux et des peintures qui en décorent le fond , le coup d'oeil le plus satisfaisant. Pour nous en convaincre, il suffit d'examiner les détails de ses peintures, représentées planches XXVI et XXVII, et de calculer l'effet magique de ces tons éclatants et lumineux sous un ciel toujours clair et pur.
Des exemples de décor en peinture se retrouvent dès la plus haute antiquité : tous les peuples paraissent avoir été sensibles au charme des couleurs, surtout des couleurs vives et brillantes. Les moindres objets destinés à l'usage domestique, comme les détails des plus grands édifices, en étaient couverts; et nous avons maintenant des preuves certaines que les chefs-d'œuvre même de la sculpture n'en étaient pas privés. Aurait -on pu concevoir, il y a quelques années, un Apollon du Belvédère ou une Vénus de Médicis peints en jaune, en rouge ou en vert? Cependant, tous les doutes sont levés aujourd'hui à cet égard; et si l'on ne reconnaît plus de traces" de couleurs sur ces statues célèbres, il faut l'attribuer au soin qu'on a toujours pris de nettoyer, frotter et dêcmttcr les objets d'art que l'on découvre , sans soupçonner le moins du monde que Ton enlève quelque chose de plus que de la boue. Comme les matériaux même les plus précieux n'en étaient pas exempts, il faut croire qu'on ne considérait le marbre et le granit que sous le rapport de la solidité et de la durée (1). Nous, qui considérons les produits de la statuaire uniquement sous le rapport de l'art; qui, en y voyant seulement des modèles et des sujets d'études académiques, les classons méthodiquement et par numéros d'ordre dans des musées, nous devons sans doute nous étonner que les anciens ne fussent pas choqués de voir les beautés de formes de leurs statues en partie détruites par l'application des couleurs. Mais notre surprise cessera si nous nous plaçons, un moment, à leur point de vue. Chez eux, l'art n'était que secondaire: les images de leurs dieux ou de leurs grands hommes étaient, avant tout, des représentations religieuses, des objets de culte et de vénération. D'une autre part, ces statues, placées dans des édifices entièrement coloriés à l'extérieur et à l'intérieur, auraient fait une disparate trop choquante si on leur eût laissé la monotone couleur du marbre ou de la pierre. Il fallait que tout, architecture et sculpture, fût en harmonie, tout richement colorié; et en cela les anciens ne firent qu'imiter la nature qui les environnait.
Des peuples de l'antiquité, l'art du décor en peinture passa au moyen âge, et nous en retrouvons les traces dans les plus beaux monuments gothiques, et jusque parmi ceux de la renais-
1 1 ) Les fouilles do Pompéi ont offert plusieurs exemples de statues peintes. Outre celles déjà citées, l'ouvrage du Museo liorbontco contient, page 19, la description des statues découvertes dans le temple de la Fortune, sur lesquelles on remarque des couleurs non-seulement sur les draperies, mais aussi sur le visage. J'ai retrouvé moi-même, à Thèbes, de la couleur rouge et bleue derrière les oreilles et sous les bras des quatre statues colossales en granit du vieux temple. Les publications des ouvrages sur l'Egypte et la Nubie ont fait connailrc les premiers ce genre de décor des monuments; d'autres ouvrages ont suivi depuis cet exemple, et à présent que l'attention des voyageurs est éveillée, il est probable que nous ne tarderons pas à avoir l'histoire complète de l'architecture et de la sculpture peintes.
sancc Raphaël et ses élèves Jean d'Udine, Perin del Vaga et autres, sont ceux qui, parmi les modernes, ont le mieux saisi l'esprit de ce charmant décor. Les copistes de ces grands maîtres n'ont produit, pour la plupart, que des compositions confuses, mêlées de détails incohérents et sans autre dessin que le caprice. 11 est facile de distinguer les délicieuses productions des premiers, des imitations que nous en trouvons dans beaucoup de palais d'un temps postérieur, et principalement dans les constructions faites sous Vignole.
Ce genre de décoration, désigné mal à propos sous le nom ^arabesques, et dontVitruve blâme l'abus peut-être trop sévèrement, dégénéra entièrement lorsqu'on fit succéder, aux badinages légers, aux fantaisies de bon goût, les décorations colossales à grandes figures, les perspectives d'architecture dont on surchargea les plafonds. Nous en avons, en France, des exemples sous François 1° et Louis XIV; il est même des ouvrages de ce genre, nouvellement exécutés dans la capitale (musée Charles X), qui semblent vouloir perpétuer un goût mal compris, un décor mal entendu. Espérons que des études mieux dirigées nous aideront à en éclairer les principes, à en réprimer les excès, à en faire, en un mot, un usage judicieux et utile.
La peinture de la planche XXVI reproduit un des panneaux qui décorent le pourtour du portique ; celle de la planche suivante ornait les murs intérieurs de la crypta. Une de ces planches nous offre la représentation d'une porte feinte, figurée en stuc sur le mur, à côté de la niche au fond de la crypta, et imitant vraisemblablement la porte réelle qui fermait la baie de l'escalier n° 14. C'est le premier exemple dans l'antiquité de la recherche de cette fausse symétrie dont les modernes sont malheureusement si prodigues. Nous devons pardonner d'autant plus cet écart, qu'il nous procure le portrait fidèle et unique de l'ajustement d'une porte en bois dont nous n'avions aucune idée jusqu'alors. L'anneau servant de heurtoir est peint; les moulures des pauneaux et du chambranle sont en relief.
■ La planche XXVHI représente, fig. 1, une portion de l'entablement et du fronton qui parait avoir fait partie du couronnement du grand hémicycle au fond de la cour; les profils et les ornements sont du meilleur goût.
Les figures II et III donnent la façade et la coupe extérieure du mur latéral de cet édifice vu de la grande rue. Ce mur, richement orné de corniches et de frontons, est subdivisé dans toute sa longueur par des pilastres formant encadrement à des panneaux lisses. Au milieu de cet ajustement, qui pourrait servir de modèle en ce genre, sont peintes une multitude d'inscriptions d'un intérêt public; ce qui fit donner à cette façade, ainsi décorée, le nom d'sïlèum(i). On sait que les anciens avaient l'habitude d'écrire au pinceau, en couleur rouge ou noire, sur les murs des endroits les plus fréquentés, tout ce que nous avons l'usage de publier par le moyen des affiches imprimées; c'est ainsi qu'ils annonçaient les ventes, les locations, les fêtes publiques et les spectacles. Voici quelques-unes de ces inscriptions, découvertes sur le mur en question :
FAMILIA GLADIATORIA VENATIO, ET . VELA.
«La troupe des gladiateurs; chassé et tente. »
A . SVETTII . CERII AED1LIS . FAMILIA . GLADIATORIA . PVGNABIT. POMPE1S . PR . K . IVNIAS . VENATIO . ET . VELA . ERVNT.
« La troupe des gladiateurs de Aulus Suettius Cerius édile combattra à Pompéi le dernier « jour de mai. 11 y aura chasse et tente. »
( 1) Voir plusieurs (le ces inscriptions en tête du texte, II' partie, page I.
Nous aurons l'occasion de revenir sur ces inscriptions curieuses lors de la description de l'amphithéâtre de Pompéi.
VÀLENTINUS
SABINVM . ET . RVFVM . M . D . R . P . evM discentes
SVOS . ROG .
C CVSPIVM . PANSAM . *D.
AVRIFICES VNIVERS1 .