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I. Passage voûté par lequel on arrive à l’orchestre

R. Porte royale de la scène.

S- Porte hospitale.

Les détails de l’architecture scénique sont ce qu’il y a de plus remarquable dans cette figure. La figure 2e de cette planche XXXII représente l’entrée du côté du portique du temple grec. On remarque que la porte est maintenant murée et qu’il faut faire un circuit pour arriver au point de l’intérieur qui correspond à celui-ci , et qui est le point de vue de la planche XXX.

La coupe longitudinale, représentée à la planche XXXIII et prise selon l’axe de l’édifice, va nous fournir l’occasion d’insister encore sur quelques points importants.

Plusieurs lettres de cette coupe répondent à celles du plan : nous n’expliquerons que celles qui diffèrent en quelque chose ou qui peuvent amener quelques observations.

M. Porte figurée de l’édifice. Comme le théâtre n’avait, de ce côté, accès sur aucune rue, cette arcade n’était qu’une fausse porte condamnée par un mur qui s’élève environ à hauteur d homme.

N. Quatre gradins au-dessus de la deuxième précinction. Cette partie de l’édifice a été réparée depuis sa découverte; et dans cette coupe, on a supposé ces réparations poussées jusqu’à l’axe de l’édifice, afin d’en faire comprendre les détails. Une balustrade en fer, scellée dans la pierre à l’aide du plomb, régnait le long de cette précinction. Ces quatre gradins étaient ceux où siégeaient les femmes et les prolétaires que l’on désignait sous le nom de gens pullata , la race habillée de gris, par opposition aux autres spectateurs, qui étaient tous en robe blanche : c’est du moins ce qu’indiquent ces vers de Calpurnius.

Venimus ad sedes, ubi pullâ sordida veste Inter femineas spectabat turba cathedras;

Nam quæcumque patent sub aperto libéra cœlo Aut eques, aut nivei loca densavere tribuni (x).

k Nous arrivâmes aux sièges où les prolétaires, en habits de couleur sombre, regardaient le « spectacle sous les portiques destinés aux femmes. Car toutes les parties du théâtre qui sont à i ciel découvert étaient occupées par les chevaliers ou par les tribuns vêtus de blanc (2). »

Ce passage nous donne, sur les spectacles antiques, un renseignement plus essentiel, à savoir que les rangs supérieurs étaient ordinairement recouverts d’un portique, ce qui ne paraît pas avoir eu lieu à Pompéi , ni, comme nous le verrons tout à l’heure, à Herculanum, à moins que ce portique ne fut en bois et mobile. Peut-être, cependant, y avait-il encore des rangs supérieurs à ceux de cette troisième précinction : la plate-forme qui se trouve à la hauteur du sommet du mur était assez large pour recevoir deux sièges de bois; et c’est peut-être là ce que l’on appelait les mcenianci (3).

Il parait qu’avant les temps de l’empire, le peuple romain assistait aux spectacles sans être divisé en catégories : les premiers venus prenaient les meilleures places; sauf néanmoins les sièges réservés aux magistrats près de l’orchestre. Mais quelques désordres ayant eu lieu au théâtre de Pouzzole, sous le règne d’Auguste, cet empereur assigna des places séparées aux mili-

(1) Calpurn. Ecl. VII, 26.

(a) Cette coutume de venir au spectacle en habits blancs nous est encore attestée par l'épigramme suivante de Martial : Spectabat modo solus inter omnes Nigris unus Horatius lacerais ,

Cum plebs et minor ordo , maximusque Sancto cum duce candidus sederet.

Toto nix cecidit repente cœlo :

Albis spectat Horatius lacerais.

Martial, IV, a.

, Seul parmi tous les rangs, Horace assistait an spectacle en manteau noir, tandis que tout le peuple et les chevaliers et le . sénat et la personne sacrée du prince lui-même, étaient vêtus de blanc. Mais tout à coup une neige abondante vin, à tomber « du ciel ; et Horace se trouva vêtu de blanc comme les autres. »

On peut citer encore du même auteur l'épigramme intitulée Lacernœ albœ.

Amphitheatrales nos commendamur in usus Cum tegit algentes nostra lacerna togas.

a On nous recommande comme un costume propre au théâtre, blancs qui parlent. )

Martial, XIV, 137.

où nous couvrons les toges glaciales. » ( Ce sont les manteaux

(3) Marin. Frai, arv., p, 224, sqq.

‘aires, aux hommes mariés, aux jeunes gens, aux femmes, etc. (i). A Rome les quatorze premiers gradins étaient réservés aux chevaliers : de là l’expression sedere in quatuordecim , pour faire partie de l’ordre équestre (2).

K. Comme dans le plan, le corridor voûté qui règne derrière la deuxième précinction. O11 y remarque à droite, au pied du mur, une rigole conduisant les eaux pluviales et. les immondices, jusque dans un canal qui allait à la mer et qui passe sous le camp des soldats.

O. Lun des six vomitoires par lesquels on descendait du corridor K sur les gradins. Les scalœ ou itinera qui y répondent sont assez bien conservés, jusqu’en Z. Les marches des escaliers étaient formées par une entaille dans chaque gradin, de manière que le nombre des degrés était double de celui des sièges. Il y avait dans ce deuxième ordre vingt gradins : car la zone un peu plus large que les autres que l’on voit sur le plan appartient à l’ordre supérieur composé de quatre gradins et dune plate-forme. Il y avait, disons-nous, vingt gradins et un petit degré pour appuyer les pieds des spectateurs placés au rang le plus bas : cela devait faire quarante marches à chacun des six escaliers. Mais on peut remarquer, sur la coupe, un détail qui n’est pas assez visible sur le plan : les deux gradins d’en haut, étant supérieurs au sol du corridor et au seuil des portes, sont entièrement entaillés, et ne fournissent point de marches d escalier, ce qui réduit à trente-six le nombre de celles-ci. Or, ces vingt gradins forment cinq larges cunei, et même sept si l’on compte les fractions des deux côtés; tout cela était de beau marbre blanc, magnificence qui est peut-être à regretter; car si les sièges eussent été de simple pierre de lave, tous seraient restés à leur place.

E. On voit très-distinctement l’effet des trois voûtes de ce corridor dont l’une débouche dans l’orchestre, l’autre à la hauteur de la première précinction et la troisième enfin sur le côté de l’avant-scène. Au-dessus de ces voûtes étaient les places d’honneur dans une espèce de tribune. On ne doit pas réserver exclusivement pour ces espèces de loges d’avant-scène le nom de podium par lequel on les trouve cependant désignées dans quelques auteurs (3); ce terme générique s’employait collectivement pour toutes les places des gradins inférieurs qui étaient les plus honorables ; il désignait particulièrement dans l’amphithéâtre, un petit mur qui séparait ces places de l’arène (4) : Vitruve l’emploie même pour indiquer la partie inférieure de la décoration architecturale de la scène (5).

Q. Le petit caveau qui s’étendait dans toute la largeur de la scène et dans lequel s’abîmait le rideau.

I. Le dessous de la scène. On y voit un petit canal voûté qui se trouve au milieu et qui suit l’axe de la scène (6); il servait sans doute à quelque jeu de machines.

Y. Un des mâts qui servaient à élever les voiles que l’on étendait au-dessus du théâtre afin de mettre les spectateurs à l’abri de la pluie, et surtout des rayons du soleil. Ce mât a été rétabli récemment dans l’anneau de pierre et dans les trous qui avaient servi pour une des anciennes poutres.

Pour examiner la manière dont fonctionnait cet appareil, passons aux détails de la pl. XXXIV.

La figure 3e représente le mât D engagé dans son anneau ou sa coulisse de marbre C, laquelle est adhérente au mur A. Ce mât interrompt, par le haut, la continuité de la corniche A; par

(j) Suet. August. , i4 et 44-

(2) Cic. Phil. , 11, 18.

(3) Ju vénal. , II, i45. — Suet. Ner., 12.

(4) Pline, XXXVII, 3, 11, in fine.

(5) Lib. V, cap. 6.

(6) Comparez le petit plan de la pl. XXXIV, fig. 1. Cette voûte y est indiquée en d.

le bas, il traverse le massif B des quatre gradins de la troisième précinction, endroit où , à la vérité, il diminue de moitié de sa grosseur, pour aller s’appuyer ensuite sur le sol du corridor voûté K. Cette longueur a été donnée à la partie inférieure de cette poutre, engagée dans les œuvres de maçonnerie, sans doute à cause de la force de traction à laquelle elle devait résister, et afin de fatiguer d’autant moins l’anneau de pierre qui la maintenait plus haut.

Il est à remarquer cependant que le mât voisin de la scène est le seul qui paraisse avoir traversé la voûte du corridor : les autres ne s’enfoncent dans le massif que de 25 centimètres environ; c’est qu’ils ne supportaient pas autant que les premiers le poids de tout le voile.

Mazois pense que la partie supérieure de chacun des mâts semblables, placés de distance en distance sur toute la demi-circonférence du théâtre, soutenait une poulie, ou peut-être un appareil de moufles plus compliqué, propre à gagner de la force aux dépens de la vitesse. Chacun des câbles qui passaient par ces appareils était manœuvré, peut-être au moyen d’un cabestan, par plusieurs hommes placés sur les gradins ou sur la plate-forme supérieure : on attachait l’autre extrémité à un des angles du rideau bordé lui-même et traversé diagonalement par des câbles très-solides : il avait la forme d’un demi-polygone régulier, et. se trouvait déployé préalablement en partie dans l’orchestre (i). A un signal donné, tous les travailleurs tiraient avec ensemble, et le voile s’élevait lentement jusqu’à ce qu’il formât une demi-calotte sphérique renversée, à peu près au niveau du sommet des murailles (2).

On ne peut se dissimuler que cette manœuvre devait être pénible; le poids de câbles aussi longs et d’une toile aussi étendue était sans doute énorme. Les frémissements de cette toile immense devaient avoir quelque chose de gigantesque, soit pendant les efforts que l’on faisait pour l’étendre, soit lorsque le vent venait l’agiter et menaçait de l’emporter dans les airs. Lucrèce a parfaitement décrit ces effets dans ces deux beaux vers :

Carbasus ut quondam magnis intenta theatris Dat crepitum malos inter jactata trabesque (3).

Aussi ne plaçait-on les voiles que quand la température brûlante ou humide exigeait cette précaution. On avait soin alors de l’annoncer sur l’affiche : Kela erunt (4). En effet, il était impossible de dresser les voiles lorsque le vent était violent ; et les spectateurs se munissaient alors de leurs grands chapeaux et de leurs casaques blanches, comme l’indique cette épigramme de Martial :

In Poinpeiano tectus spectabo theatro ;

Nam ventus populo vêla negare solet (5).

«Je me placerai bien couvert au théâtre de Pompée, car ordinairement le vent empêche de « tendre les voiles. »

11 suuiciiau ie veium lormait i

(i ,1 L. espece de reseau de cordes c

même « divisai, en plusieurs rideaux et pouvait * replier partiellement en glissant le long des câbl'es, au de cordons

d anneaux et de pouhes. En effet, nous lisons dans Suétone que Caligula s'amusait quelquefois a faire replier tout à coup les voiles par un soleil très-ardent, en ordonnant que personne ne quittât sa place.

(a) Cette manœuvre était exécutée à Rome par un corps de marins : nous lisons dans Lampridius qu'un jour Commode se croyant .nsulte par le, spectateurs qm, dans leur empressement servile, allaient jusqu'à le saluer comme un dieu, ordonna lux marins qui faisaient mouvoir le vélum, de massacrer cette vile populace.

. '°8' ‘ Te‘ ‘C ,0!‘e é,“d“ “ *"■* ,héâ,™S frémit Mlo«é entre le, mâts et les poutres qui

(4) Voyez deux inscriptions, 111" partie, frontispice et page 46.

(5) La même idée se trouve indiquée trois fois par Martial, VI, g; XIV, ng, et XI, al

Cet usage était cl ailleurs plus ancien dans les villes de l’Italie qu’à Rome même. Ammien Marcellin en attribue l’invention aux Campaniens, et dit que Catulus les introduisit le premier à Rome pendant son édilité(i). Selon Pline, Lentulus Spinther aurait importé les voiles de lin (a). Quoi quil en soit, le luxe ajouta bientôt d’autres perfectionnements à cet objet nouveau de commodité; car Lucrèce parle déjà de voiles jaunes et rouges, et couleur de rouille (3); et Pline en décrit qui sont de la couleur du ciel, avec des étoiles brodées (4).

La figure 2e de la planche XXXIV représente le plan et la coupe de la partie des gradins qui se trouve au milieu de la première précinction. Elle offre différentes particularités curieuses, mais que nous regrettons de ne pouvoir expliquer entièrement.

Au-dessus des deux degrés H G , qui sont les deux gradins les plus élevés de la première cavea , se trouvent deux marches qui conduisent à la précinction supérieure , et là devait être établie une balustrade I en marbre, qui séparait la cavea inférieure de la moyenne. Au-dessus était un couloir ou chemin circulaire F, plus large qu’un gradin : c’était la précinction proprement dite, ou le diazoma. Là, en face de l’escalier, au bas du marchepied du premier gradin, se trouve d abord une dalle de marbre carrée E ; et , en dessus , sur le marbre même du gradin C , on lit une inscription disposée de la manière suivante :

M. HOLCO H VI . R . I . D.

ITER . QVINQ.

NIO . M . F . RVFO QVINQVIENS TRIB . MIL . A . P .

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