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XX. Petits escaliers conduisant à la summa cavea

On remarquera, en comparant les dimensions des deux théâtres, que leur largeur est à peu près la même, mais que celui de Pompéi, ayant la forme d’un fer à cheval et non d’un hémicycle parfait, son axe est plus allongé d’environ dix mètres ou un quart de l’axe total de celui d 'Herculanum.

PLANCHE XXXVI. — Coupe selon l’axe du théâtre d’Herculanum.

Les lettres sont les mêmes qu’au plan , sauf les suivantes :

X. Scalce ou itinera qui vont des vomitoires au bas de la 2e cavea. Ils sont au nombre de sept et partagent la cavea en six cunei. Il y en a un au milieu, tandis qu’à Pompéi on n’en trouve que six, trois de chaque côté, et cinq cunei par conséquent. Les gradins de la 2e cavea ne sont qu’au nombre de seize au lieu de vingt; et la place d’honneur ne semble offrir que trois rangs, au lieu de quatre et cinq.

V. Mur qui soutient la summa cavea. Il est en opus reticulatum recouvert de plaques de marbre.

Z. Vomitoire de la summa cavea.

Mineure, où il séjourna longtemps dans le célèbre Gymnase, qui fut détruit peu de temps après ainsi que la ville, lors de l’insurrection grecque.

« En assistant au sermon que prononça le professeur Grégoire dans la grande église de Cydonie, je fus très-surpris d’avoir <t pu entendre aussi distinctement son discours, malgré la faiblesse de sa voix et l’éloignement où j’étais placé. Lorsque je lui en « témoignai mon étonnement, il m’apprit que cet effet était produit par la manière dont l’église avait été construite, et il me « fit remarquer le grand nombre de vases en terre cuite engagés dans la muraille, dans lesquels on avait pratiqué extérieurement « une petite ouverture, afin que le son pût y entrer et sortir ensuite plus retentissant. » (P. 4oa.)

PLANCHE XXXVII. — Coupe transversale du théâtre , a restauration de la scène.

L’art du décorateur moderne, si libre et si hardi dans ses compositions, disposant si magnifiquement, à l’aide de son pinceau, des marbres, des colonnes, des statues et même des métaux précieux, cet art ne saurait rien inventer de plus riche, de plus noble et de plus harmonieux que la façade de la scène restaurée. On y trouve la richesse sans profusion, l’unité et la variété réunies. Le même ordre répété avec deux proportions différentes, deux entablements presque semblables , des niches carrées ornées de statues toutes de la même grandeur : quelle simplicité de moyens! mais aussi quelle habileté dans leur combinaison, quelle pureté, quel fini dans l’exécution des détails! Cette fabrique est, par toutes ces qualités, un frappant emblème de la tragédie antique à laquelle elle était consacrée. C’est le véritable temple de la Melpomène grecque.

On remarquera, sur les côtés de l’édifice, l’élévation du portique dont ou a déjà vu le plan assez bizarre; on verra peut-être avec étonnement ce corinthien de fantaisie, un peu écrasé, et ces colonnes accouplées à l’aile gauche, tandis qu’à droite elles sont simples et engagées dans un mur. Nous ne savons quelles convenances pouvaient avoir déterminé ces arrangements. Ce qu’il y a d’évident, et nous avons trouvé plus d’une preuve de ce principe, c’est que les anciens ne se permettaient jamais de pareilles licences que dans certaines dépendances secondaires d’un édifice : ils semblaient même ne pas dédaigner de faire ressortir la simplicité, le grandiose des parties capitales, à l’aide de la bizarrerie et de la recherche de quelques constructions subordonnées.

PLANCHE XXXVIII. — Coupe transversale du théâtre , et restauration de l’hémicycle.

La partie la plus intéressante de cette restauration de Mazois consiste dans l’espèce de petit temple qui se trouve indiqué au sommet de l’escalier du milieu et sur l’axe de l’édifice. M. le chanoine Andrea de Jorio raconte par quelle suite de travaux pénibles notre savant maître, vingt années avant l’époque où il écrivait, parvint à s’assurer de l’existence de cette petite fabrique (i). Mazois en trouva encore les bases, et les petites colonnes cannelées revêtues de stuc, et colorées d’un rouge très-vif. M. Jorio parle d’un Bacchus (2) qui fut trouvé au pied du pulpitum; et ignorant si cette statue avait sa base dans cet endroit, il se demande si elle n’a pas pu être apportée là, précipitée par la violence des vagues et des torrents de lave, de la place quelle occupait au milieu du petit temple, comme représentant la divinité protectrice de ce théâtre, et de l’art dramatique en général. Mazois ne semble pas avoir partagé cet avis, puisqu’il a dessiné sur le piédestal une statue, tenant une Victoire, qui paraît être celle d’Auguste.

Ce petit temple est flanqué de deux longs piédestaux, et l’on en trouve deux autres pareils de chaque côté de l’hémicycle, vers ses extrémités. Mazois a dessiné, sur chacun d’eux, un cheval, et il a pensé, avec raison, que c’était là qu’étaient placées ces statues équestres de bronze doré dont on a trouvé des fragments. Il ne faut pas cependant les confondre avec les deux statues équestres de marbre, dont l’une représente M. Nonius Balbus, et que l’on a trouvées sous le portique d’un des temples ou de la .basilique d’Herculanura (3).

(1) Notizie su gli scavi di Ercolano del canonico Andrea de Jorio, membro onorario dell’ acadenïia delle belle arti. Napoli, dalla stamperia francese, 1827, p. 121.

(2) Ici. , ibid., p. 11 3.

(3) -Cette méprise a été faite par M. Romanelli et relevée par M. Finali. (Real museo borbonico, tom. I, p. 46.)

y4 EXPLICATION DES PLANCHES.

On remarquera les pentes du terrain disposé de telle sorte que les eaux pluviales se réunissaient dans l’espèce d’égout qui est au milieu de l’orchestre.

La planche XXXIX représente, avec une imitation exacte des couleurs, la fresque qui décoré une des niches formées eu dehors par les arcades de 1 étage inférieur du théâtre. Le pi asti est semblable aux colonnes du portique marqué E au plan. Quelques personnes ont cru que c c ^ en cet endroit que l’on avait déterré le quadrige de bronze de la basilique (i) , mais il est positif que sur les trois piédestaux, figurés au plan, on a seulement trouvé trois statues consulaires de marbre. La fresque est assez. légère; mais ce qu’elle offre de plus remarquable, ce sont les caissons peints de la voûte de la niche : on les voit sur la gauche de notre dessin.

La planche XL donne des détails de l’architecture du théâtre, et principalement de celle de la scène. On y voit , Figure i", le délicieux chapiteau semi-corinthien et l’entablement élégant du rezde-chaussée de la scène, avec le plafond assez original de la corniche. Ce plafond se compose de fleurs parfaitement dessinées et très -variées. La frise est entièrement nue, ce qui donne beaucoup de simplicité à cette composition. Plusieurs de ces chapiteaux ne sont que dégrossis par derrière.

Figure 2e. Corniche de l’entablement de l’ordre supérieur de la scène.

Figure 3e. Corniche de l’attique.

Figure 4e. Imposte du petit escalier marqué X au plan, et conduisant aux gradins supérieurs. Cet imposte est en stuc.

Figure 5e. Profil du chambranle des portes hospitales de la scène.

Figure 6e. Imposte du corridor voûté , qui est marqué V sur le plan et la coupe. Il est en stuc.

Figure 7 '. Corniche du 2' étage extérieur du théâtre. Le profil de cette corniche et les ornements dont elle est revêtue sont également neufs et bien appropriés à la place qu’elle occupe; la saillie est considérable , et la partie inférieure ornée, parce qu’étant placée à une certaine élévation, elle devait être vue de dessous.

Le masque représenté à la Figure 8e était placé à quelque fontaine, ou simplement comme ornement : si c’était une plaste. ou antéfixe, il serait moulé en terre.

Figure g'. Corniche de l’entablement du petit temple placé au-dessus des gradins et à l’extrémité de l’axe de l’hémicycle.

Enfin , on lit au bas de la planche une inscription qui signifie : a A Appius Claudius Pulcher, « fils de Caïus, consul et général, les habitants d’Herculanum, après sa mort... (2).» Cette inscription est encore placée à l’extrême droite du proscénium, sur un piédestal dont la statue n’a pas été trouvée.

La planche XLI continue les mêmes détails : on y voit, Figure ire, l’un des piédestaux qui se trouvent sous l’arcade extérieure, avec l'inscription qu’il porte, et que l’on peut traduire: « A Marcus Nonius Balbus, préteur et proconsul , les habitants d’Herculanum (3). »

(1) Ce quadrige est trop grand pour avoir jamais été placé dans la niche en question. Voyez l’ouvrage déjà cité de M. Jorio, p. io3 et 116.

(2) Caïus Claudius Pulcher, père de celui-ci, étant consul avec Titus Sempronius Gracchus en l’an de Rome 577, fit passer une loi qui rétablissait les alliés dans leurs villes. Tite-Liv., XLI, g. Il y avait à Rome des Claudius patriciens et plébéiens. Les premiers se divisaient en trois branches : les Pulcber, les Néron et les Centron; les seconds comprenaient les Marcellus.

(3) Tel est le renseignement que nous avons extrait d’une note de Mazois. Cependant un autre avis placé sur ses esquisses semblerait indiquer que cette inscription est à la gaudie de la scène et comme en regard de la précédente. On pourrait aussi induire de l’ordre dans lequel Mazois.a rangé ses indications, que le masque, Figure 8', devrait être rapproché de la ire de ces inscriptions.

EXPLICATION DES PLANCHES. y 5

La figure 2 donne le plan de la colonne de briques qui se trouve au coin du portique, à gauche de la scene, avec le petit mur angulaire qui la lie à une autre colonne, et la rigole qui passe à leur pied. Ces colonnes sont de stuc, rouge vers la base, et blanc dans la partie supérieure du fut.

On voit, à la figure 3, le soubassement et le piédestal de Tune des colonnes de brèche violette, à base attique, du rez-de-chaussée de la scène, avec le bas du mur qui est derrière. Nous avons indiqué, à la gauche du dessin, comment le soubassement se rattache au mur.

Ce détail se trouve à 1 angle de la scène, près de la loge des consuls, et l’on en peut conclure les proportions et l’agencement de tout le reste de la décoration. Le mur qui se trouve derrière les colonnes est revêtu de brèche jaune encadrée de rose.

Lun des piédestaux qui portent les statues équestres se voit à la figure 4? avec le couronnement du mur en avant duquel il est placé.

Ce piédestal est revêtu de trois plaques de marbre noir mélangé : son soubassement est composé de marbre blanc, pour la partie supérieure, puis d’un bloc de marbre noir. Quant au petit mur, sa surface principale est blanc veiné; l’entablement se compose de blanc «à veines noires, blanc pur, et rouge ; le soubassement est tout entier de marbre blanc pur.

Figure 5. Archivolte au fond du petit escalier.

Figure 6. Moulure de la corniche d’un des étages.

Figure Profil de l’archivolte de la porte royale.

Figure 8. Profil de la corniche dii piédestal des colonnes de la scène, telle qu’elle se dessine à l’angle du demi-cercle rentrant, au fond duquel s’ouvre la porte royale.

Figure 9. Corniche de la loge du préteur. Sa forte saillie est semblable à celle de la corniche placée au même endroit dans le théâtre de Pompéi.

Figure 10. Base du pulpitum, dont le mur, sans la corniche, n’a que trois pieds.

Figure 11. Corniche de la première enceinte au-dessus des gradins (1).

Tels sont les documents que les fouilles de Pompéi et d’Herculanum fournissent pour l’histoire de l’architecture scénique. Quoiqu’ils forment un ensemble satisfaisant, on voit que, sur quelques accessoires du moins, tels que les vases acoustiques , l’existence des arcades à la summa cavea, etc. etc., on désirerait des exemples plus concluants. L’archéologie, comme toutes les autres sciences, a pris de nos jours une marche positive, et ne se contente point de conjectures et de faits isolés, qui peuvent être des exceptions. Peut-être l’exploration des ruines de l’Asie Mineure, par M. Texier, viendra-t-elle confirmer ou détruire quelques-uns de nos doutes. La relation de ce jeune et savant voyageur est attendue avec impatience par la portion du public qui s’intéresse aux progrès de l’art ou aux souvenirs de l’antiquité.

Pour compléter, autant qu’il est en nous, notre travail sur les théâtres, et donner une idée des matériaux que la relation de M. Texier promet à l’archéologie, nous en transcrirons ici un

extrait contenant la description du théâtre d’Aspendus (2):

« Rien ne manque absolument au théâtre d’Aspendus, excepté les battants des portes, le plancher et les décorations mobiles de la scène, et ce public vif, spirituel, des Grecs asiatiques, applaudissant une tragédie d 'Euripide, une comédie de Philémon ou de Ménandre, charmant le loisir de l’intervalle de deux pièces par le récit d’une fable milésienne , par l’éloge ou la critique de la dernière déclamation du rhéteur en vogue, par quelques dictons moqueurs sur les peu-

M On ne rend point compte ici de la planche XLII, qui se rapporte au temple de Vénus. -Voyez ci-dessus, page 39. (a) Aspendus était une ville de Pamphylie fondée par les Argiens. Voyez Pomp. Mêla, I, 4, et Tae-Live, XXXVII, *3.

pies des provinces voisines, tels que les habitants de Soles en Cilicie, qui , par leur mauvaise prononciation du grec, avaient fourni l’étymologie du mot solécisme. L’imagination peut facilement replacer cette assemblée brillante dans le vaste hémicycle, composé de deux precinctions et e vingt-neuf gradins; la première précinction entourée d’une galerie, et l’édifice couronne d un portique de cinquante arcades. Mais c’est toute la partie de la scène qui, conservée intacte , donne l’importance d’un événement archéologique à cette découverte.

„ La scène est ornée de deux ordres de colonnes , ionique et corinthien. Le rang inferieur a douze colonnes de face : elles sont en marbre blanc veiné de rouge. L’entablement est orne de la plus riche sculpture ; dans la frise sont des têtes de victimes couronnées de guirlandes ; entre les entre-colonnements, de petites niches ornées de frontons d’une extrême délicatesse de sculpture et dont la conservation a lieu d’étonner. Cinq portes conduisent de la salle des mimes sur la scène; elles étaient décorées de chambranles à consoles, qui ont été enlevés. L’ordre supérieur est supporté sur des piédestaux très-bas; chaque couple de colonnes soutient un fronton. Celui du milieu est orné dans son tympan d’une statue de femme nue, qui tient des rinceaux de feuillage. La pose de cette figure est très-gracieuse. Nous dirons tout à l’heure quel effet cette statue a produit sur l’imagination des Turcomans.

«La scène était couverte par une toiture en charpente, dont l’inclinaison était dirigée vers le mur. Le vide qui existait entre le toit et le plafond de la scène servait pour quelques machines : cette espèce de comble communique de plain-pied avec la salle supérieure. On voit encore les attaches des solives et la trace de la pente du toit qui indiquent parfaitement cette disposition. Tout le reste du mur de la scène était couvert par des peintures et des placages de marbre. La scène sur laquelle les acteurs se tenaient était aussi en bois, et s’étendait jusqu’aux deux vomitoires latéraux.

« Pour que rien ne manque à ce monument des arts de la Pamphylie sous la domination romaine, tous les renseignements sur sa fondation se trouvent dans des inscriptions qui, transcrites sur place, deviendront elles-mêmes des monuments intéressants de l’épigraphie.

« Deux grandes portes latérales conduisent dans les galeries intérieures ; elles portent des inscriptions qui nous apprennent que ce monument est dû à la munificence d’Aulus Gurtius Crispinus , qui légua par testament les sommes nécessaires à sa construction. Titianus et Arruntianus furent les exécuteurs testamentaires. Une autre inscription, placée sur un piédestal, dans l’intérieur du théâtre, fait connaître que Zénon fut l’architecte. Il était en même temps directeur des travaux de la ville. La même inscription apprend que ce chef-d’œuvre lui mérita les suffrages de ses concitoyens, au point qu’ils lui élevèrent une statue dans le théâtre, et lui firent présent d’un jardin près de l’hippodrome.

« Ce furent les récits des Turcomans qui firent connaître à M. Texier qu’il existait, non loin du fleuve Manurgat et à six lieues de la mer, de vastes ruines qu’ils appellent Balgis-Seraï (le palais de la fille du miel). Ils content, à ce sujet, une histoire digne des Mille et une nuits: «Ce «palais, disent-ils, fut bâti par le roi des serpents pour la reine du miel, qui régnait dans a « forêt voisine. Les malheurs de cette pauvre reine font frémir. Vaincue et prise par le roi des «serpents, elle mourut en laissant au monde une fille d’une grande beauté. Le prince lui fit cons- « truire le palais que vous voyez : le portrait de la jeune princesse est sculpté sur le fronton qui « le domine. »

« Ce palais est le théâtre d’Aspendus , dont la grandeur et la richesse surprennent les sauvages habitants de cette contrée , au point qu’ils ne peuvent en attribuer la construction qu’aux Fées. Ils regardent généralement les autres ruines comme des constructions génoises. »

AMPHITHEATRE.

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