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Les Ruines libérales [microforme]

Un grand crime politique a marqué la journée du 2? Mars 1878. l'Hon. M. Letellier, Jieut.-Gouverneur de notre pro: vince, a, dans un triste moment d’oubli, porté un ‘coup fatal aux libertés populaires, acquises au prix du sang et de quarante ans de lutte. D'un trait de plume, il a ébranlé cet édifice de nos libertés.

Que le peuple le comprenne bien dans la lutte qui va.s'engager ; c'est l'avenir du gouvernement responsahle qui est en jeu. Le coup d'état du 2 Mars a mis les deux partis en présence ; si les amis du gouverneur triomphent, sortent vainqueurs aux prochaines élections, le gouvernement responsable aura reçu son coup de grâce, et nous marcherons vers l'union législative.

S'il est permis à un gouverneur de trainer sur le trône les passions politiques, s’il lui est permis de prostituer son influence pour servir ses amis, quel est le ministère qui sera certain d’une journée d'existence et qui voudra entreprendre de gouverner le pays ? Approuver la conduite de l’Hon. M. Letellier, ce serait substituer dans le gouvernement l'intrigue ei la fraude aux principes et à l'honnêteté, La crise est sérieuse et le peuple doit aujourd’hui en comprendre toute la gravité.

Le nouveau ministère Joly se présente au peuple en acceptant la responsabilité du coup d'état et fait mille promesses aux électeurs. Peuple de la province de Québec, défiez-vous des promesses libérales, défiez-vous de gens qui sont ministres par. Ia grâce de Plintrigue. Défiez-vous du libéralisme ! ce mot signifie mensonge, Si vous voulez savoir à quoi vous en tenir sur le compte des nouveaux ministres.et savoir ce que valent leurs promesses, jugez-les par leurs amis, leurs chefs d'Ottawa. |

Il y acinq ans, ils arrivaient au pouvoir. Îls avaient à gouverner un peuple heureux et content de son sort. La prospérité était partout ; la fortune publique augmentait dans une proportion énorme ; des manufactures s'élevaient de toutes parts, et notre commerce étendait ses ramifications

jusqu'aux pays les plus reculés. Notre population composée de races, de croyances différentes, vivait dans l'harmonie et la concorde.

Que voyons-nous aujourd'hui? Le spectacle est bien changél! A côté de cette” peinture si réjouissänté se présente un sombre tableau. De.quoi entendonstnous (parler? De ruines, de banqueroutes. Les manufactures se ferment les unes après les autres ; les nouveaux marchés ouverts à l’activité de nos marchands ne connaissent déjà plus nos produits. Le pars a reculé de dix ans au point de vue de fa prospérité.

a fortune ‘publique : a diminué. La désolation est partout, et: lorsque le peuple se: tourne vers.le gouvernement fédéral pour lui demander, aide et secours, celui-ci lui, répond : Je ne puis rien pour Vous secourir.

Cette confiance qui régnait entre Haas et protestants, Anglais et Français, qu’est-elle devenue? La défiance l'a remplacée. en bien des endroits ; etisi ce sentiment n’est pas devenu général, c’est parce que le: bon sens des uns et des autres a déjoué les :nanœuvres des libéraux qui voulaient diviser pour régnér, établir leur domination en‘excitant Îles rotestants contre les catholiques, :'N’avons-nous ‘pas vu ces ommes qui en 4872 recherchaient l'appui du clergé, se mettaient à genoux pour lui tendre la main, l’attaquer plus tard brutalement et éhercher à faire croire qu’il en voulait aux libertés des protestants ? -

Et comment ont-ils teau leurs promesses ? Ils avaient promis de diminuer les dépenses dü gouvernement ; ils les ont augmentées. D’une année à l’autre, ïls ont creusé des déficits: à Ottawa. Ils criaient jadis Contre le #rop grand nombre d'employés publics. A Ottawa seul, ils en ont augmenté le nombre de 154.

M. MacKenzie avait promis d'aider nos chemins de fer. IL a refusé de leur donner le. moindre secours, tandis qu'il remettait une dette de 3 millions. à:un chemin d’Ontario et offrait des lisses de fer aux chemins des provinces maritimes.

Ts’avaient promis de surveiller l'administration dans toutes ses branches, d'y pratiquer l’économie, et:les jobs de l'écluse du fort Francis de la Kaministiquia, du canal Lachine, des rails d'acier, sont venus épouvanier le public par l'énormité de la corruption et l'immense incapacité des ministres.qu’ils révèlaient. |

Ainsi, en cinq ans, les libéraux ont ruiné notre commerce, jeté la défiance dans notre société, éssayé de soulever une guerre de race, de religion, gaspillé les deniers publics,

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«<onstitution par le Lieutenant-Gouverneur.

étonné par leurs jobs honteux et couronné lenr œuvre de ruine en essayant de détruire le gouvernement responsable. Voilà leur bilan, et c'est appuyés sur ces œuvres qu'ils demandent que le peuple remette entre leurs mains les destinées de la province de Oaébec. / \

Dans les pages qui suivent, nous nous proposons de développer les sujets que nous venons d'indiquer, et de montrer en regard la politique large et éclairée du grand parti conservateur. Nous nous appuierons sans cesse sur les documents officiels, et ceux qui liront ce travail ou s’en serviront pourront se fiersur l'authenticité des chiffres qui y seront cités,

Nous commençons ce travail en prouvant la violation de la

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