‹ Les Ruines libérales [microforme]Chapitre 2 sur 72 · NOS LIBERTÉS · texte numérisé non relu

NOS LIBERTÉS

Détruites par un Libéral

Dans les circonstances actuelles, l'importance de cette question. est telle qu'un candidat qui a des principes politiques et qui y attache quelque prix ne doit pas hésite: à exprimer son opinion sur ce sujet.

Je ne suis pas du nombre de ceux qui reposent une confiance aveugle dans ies promesses du Gouverneur- Général à cet égard. Loin de là...

Les colons doivent avoir la conduite de leurs propres affaires, et pour y parvenir, ii faut que l'administration coloniale soit ferme .et dirigée PAR et AVEC la majorité des représentants du peuple, (Adresse de Sir L, H. Lafontaine à ses électeurs en 841.)

Quanü nos pèr2s se décidèrent à réclamer, au 1.sque même de la vie, leur part de liberté, c’est qu'ils connaissaient le prix de cette liberté, et quand nous, relisons ies famenses quatre-vingt-douze résolutions qui furent le prélude de ces terribles années de luttes, nous comprenons facilement, la nature de leur demande :

63. Résolu, —Que c’est l'opinion de ce comité, qne cette chambre voit avec regret, par l’une des dites dépêches du secrétaire colonial, que Sa Majesté ait été conseiilée d'agir dans un cas qui touche aux privilèges de cette chambre ; e dans la circonslance à laquelle sl y est fai allusion, celle chambre a usé d'un p"ivilége solennellement élabli par la chambre des communes, avant que le principe sur is il repose fül devenu loi du pays ; que ce principe esi nécessaire à l'indépendance de celle crambre el à la liberté de ses voles el de ses procédés ; et que les résolutions de cette chambre du 15 février 1831, sont constitutionnelles et bien fondées, et appuyées sur l'exemple des communes de la Grande-Bretagne ; que cette chambre a, À plusieurs reprises, passé des bills pour mieux en assurer le principe; mais que ces bills ne sont pas devenus lois, d’abord par les obstacles éprouvés dans une autre bran-

che de la législature provinciale, et snouite par 14 reserve qu dernier Ur ves bills pour la sanction de sa Majesté eu Angleterre, d'où il n’est pas encore ” révenu ; que jusqu'à va qu'un pareil bill soit devenu loi, crtte chambre persé-

vère dans les dites résolutions ; et que le refus par Son Excellence le gouverneur en chef actuel de signer un writ pour l’électicz à’un chevalier pour le comté de Montréal, en remplacement de Dominique Mondelet, écuier, dont le siége a été déclaré vacant esi un grief doit celle chambre a droit d'oblenir réparation, el qui aurait suffi pour meltre fin à loules relations entre. elle el l'e ‘écutif colonial acluel, si les circonstrncee du pays n'eussent présenté une foule d’autres abus et griefs, contre lesquels il est urgent de réclamer.

79. Résolu, —Que c'est l'opinion de ce comité, que cette chambre, comme représentant le peuple de :cette province, possède le droit, et a exercé de fait dans cette province, quand l’occasion l'a requis, les pouvoirs, priviliges el tinmunilés réclamés el possédés par la chambre des communes du parlement, dans le Royaume-Uni de 13 £rande-Brelagne et d'Irlande.

OL BONE écran den ter aus vers vanae cU0dr detente as ve dete Vin ado sonsssoss ses +. Que, loin de pouvoir mettre obstacie à l'exercice de ces droits et priviléges, le gouverneur en chef est député par son souverain et revêtu de grands pouvoirs, ét rétribué de forts appointements, aussi bien pour défendre les droits du sujet el faciliter l'exercice des privilégcs de celle chambre el de (ous les corps constitués, que pour maintenir les prérogatives de la couronne.

85. Résolu,—Que c’est l'opinion de ce camité, que l'exposé ci-dessus démontre qu'à aucune époque, les lois et les constitutions de la province n’ont été administrées d’une raanière plus contraire aux intérêts du gouvernement de Sa Majesté et aux droits du peuple de cette province, que sous la présente adwiinistration ; et nécessite, de la part de cette chambre, la mise en accusation de Son Excellence Matthew Whitworth Aylmer, Lord Aylmer de Balrath, gouverneur en chef actuel de cette province, pour avoir dans l'exécution des devoirs de sa charge, en coniraveniion au désir du parlement impérial, el auæ directions qu'il a pu recrvoir, à l'honneur el à la dignité de la couronne, aux droïls el priviléges de celle chambre et du peuple qu’elle représente, mis des entraves sérieuses aux travaux de cette chambre, comme grande enquête du pays; avoir disposé du revenu public de la province contre le conssnte..ent des représentants du peuple, en contravention à la loi et à la constitution ; maintenu des abus existants, et en avoir fait naître de nouveaux; avoir refuaé de signer un writ d'élection pour remplir uae vacance, occasionnée dans la représentation de cette provin.e, et de compléter la dite représentation au nombre voulu par la loi.

C'était donc pour obtenir le gouvernement responsable et nous débarrasser de gouverneurs arbitraires, que le Bas- Canada envoya, en 1837 et 1838, ses plus chers enfants à l’échafaud ou à l'exil. L'histoire a constaté que nos vœux furent enfin entendus, et ii y a déjà de longues années que nous jouissons dans toute sa pénitude des bienfaits de ce régime constitutionnel, auxquels l'Angleterre doit sa puissance et son bonheur. |

La libéralité britannique fut, depuis, tellement prononcée, tellement grande, tellement royale pour ies Canadiens-Fran- &is surtout, qu'il nous a été donné de voir l’ancienne

roviuce de Québec s’administrer elle-même par ses propres rnfauts. Foujuurs faible, toujours accablée, la race française commençait, au grand airde la liberté britannique, à prendre son rang parmi les nationalités plus favorisées par les cir-

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constances, quand une main parrici 3 est venue la marquer au front d’une blessure indélébile. Notre présent lieut.-gouverneur, l’'Hon. M. Letellier de St. Just, a dit à ses ministres samedi, le 2 mars 1878 : ‘ Comme j'ai besoin que vous vous en alliez, vous cessez d’être mes aviseurs, et je vous mets à la porte, sans m'occuper du peuple qui vous a mis ici”

Quels sont les claqueurs qui applaudissent à cet acte arbitraire ? Les libéraux dn Bas-Canada.

Les Canadiens ont versé leur sang pour obtenir le gouvernement responsable. Ils ont bravé les boulets, l'exil et l’échafand pour arriver à ce régime constitutionnél qui devait nous rendre les arbitres de nos destinés. Quel:est celui qui d’une parole a pu détruire tant de labeurs ? L'un des nôtres, un canadieu-français.

Pour lui la représentation nationale n’est rien. Le. vœu du pays exprimé par la majorité des deux chambres, il le foule à ses pieds et en véritable despote il déchire nos chartes et nos priviléges.

L'Angleterre avait voulu, dans sa bienveillance, nous accorder un lieut.-gouverneur qui fut emblème de sa puissance et de san autorité maternelle, mais le gouvernement d'Ottawa avait songé avant tout à nous donner un officier qui fut le. bras droit de ses luttes, Voilà pourquoi le substitut de notre souveraine ne représente que des idées de partisan politique, et que le monarque a fait place à l’autocrate. |

Le souverain anglais règne, mais ne gouverne pas; l’Hon. M. Letellier, qui ne règne pas, veut gouverner. Pourquoi des élections et des parlements, si le bon plaisir d'un homme peut les contrucarrer ? Nous n’étions pas pires du temps de l'oligarchie, et nous avions, du moins, la consolation de ne pas prétendre nous gouverner seuls.

Avant d'entrer dans l'examen de cet attentät, nous allons publier textuellement les documents officiels qui s’y rapportent.

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