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LES LIBÉRAUX ET NO3 CHEMINS DE FER

Lorsqu'il s’est agi jadis de construire la section du Grand- Tronc de la Rivière du Loup, Sir Etienne P. Taché, un des grands noms du parti conservateur, eût à lutter avec ses amis contre les libéraux du Bas-Canata pour obtenir ce chemin. Depuis la Confédération, lorsque Cartier voulut relier le bas du fleuve au reste du monde, qui rencontra-til sur son chemin ? Les libéraux, toujours les libéraux. Sans Cartier, jamais nous n’aurions eu les 175 milles de chemin de l'Intercolonial qui traverse Témiscouata, Rimouski, Bonaventure et Gaspé. Sans le parti conservateur, il n’y aurait pas un mille de chemin entre Québec et Ristigouche, où il y a maintenant 293 milles"de voie ferrée.

Ce n’est pas tout. Lorsque M. MacKenzie vint au pouvoir, il déclara ce qui suit dans son discours de Sarnia, en parlant de son plan du Pacifique :

‘Ce projet entraînera la construction d’une ligne peu étendue de chemin de fer depuis l'embouchure de la Rivière Française, sur la Baie Georgienne, ‘aux bords sud-est du Lac ‘“ Nipissingue, et nécessitera un subside pour aider à prolon- ‘“ ger jusqu’à ce point les lignes existantes ou projetées de ‘ Québec et d’'Ontario.’—{Discours de Sarnia).

Lorsque la Compagnie du chemin de fer du Nord vint demander à M. MacKenzie de tenir sa promesse à l'égard du chemin du Nord, clairement désigné dans le passage cité plus haut, il refusa brutalement, Son refus est consigné dans le rapport de l’entrevue entre M. MacKenzie et une députation du chemin de fer du Nord.

Jugez par là du bien que nous veulent les libiraux, et du nombre de chemin que nous aurions si nous avions dû compter sur eux pour les obtenir! Et voilà les gens qui feignent d'avoir un zèle si extraordinaire pour le chemin de fer du Nord, les intérêts de Montréal et Québec ! Leur hypocrisie est-elle assez démasquée ?

Oublient ils la guerre qu'ils ont faite au chemin de fer du Nord à Ottawa dans le comité des chemins de fer, à la session de 1875 ? MM. Laflamme et Geoffrion combattirent avec tant d'injustice lentreprise, que M. Moss, un grit pourtant, dût intervenir et combattre avec les conserv ateurs.

Oublient-ils que le seul ministre de Montréal qu'ils comp. tent dan. le cabinet Joly a essayé de tuer le chemin de fer du Nord ? Nous voulons parler de M. Starnes, qui, un jour, a essayé de tuer le chemin du Nord eu lui substituant une entreprise rivale ? On se rappelle son fameux prospectus pour un chemin de Montréal à St. Jérôme, par lequel lui et ses complices dévoués au Grand Tronc offrait à Montréal de construire un chemin de Montréal à St. Jérôme moyennant «un bonus de $8300,000, tandis que la compagnie du chemin de fer du nord demandait un million. Le but évident de M. Starnes était de faire mar juer le vote du million en offrant de faire pour $300,000, le mème chemin et ensuite de laisser tomber sa fameuse compagnie qui n'existait que sur le papier.

A peine le gouvernement conservateur était-il constitué à Québec, que pour compléter sa politique si sage et éclairée à l'égard des chemins de fer, il se mettait à l'œuvre pour fonder de nouveaux établissements sur le domaine de la couronne, où il appelait des colons des vieilles paroisses, et les Ca nadiens émigrés aux Etats-Unis. Il consacrait d’immeuses sommes à cette fin, encourageait la formation de sociétés de colonisation destinées à seconder ses plans, et favorisait en même temps la formation de sociétés d'agriculture. ÎIlest intéressant de voir les montants dépensés en dix ans pour ces fins. Ouvrons les comptes publics, et voici ce que uous y disons :

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