LE BILL DES TAXES
Voilà un sujet sur lequel les libéraux de Québac ont fait un grand bruit sans se soucier de compromettre leurs amis d'Ottawa, comme si ce qu’ils reprochaient à nos amis ne devait pas s'appliquer avec plus de force à M. Mackenzie. Y avait-il matière à tant de critiques? Etait-il nécessaire de chercher à tant exciter le peuple au sujet de cette taxe! Les députés libéraux ont tenu une conduite indigne d'hommes sérieux ; ils sont descendus aux rangs de vulgaires hâbleurs pour essayer de soulever les préjugés dont ils seront les premiers à souffrir, Quoi, tout ce bruit pour cette petite taxe qui ne devait être que temporaire! Mais en regard de cette taxe, oubliezvous ce qu'elle devait rapporter à la province, oubliez-vous les chemins de fer qu’elle deväit aider à payer? Et voyons si cette taxe devait être si lourde ! Comme nous l'avons démontré à la page 75, elle devrait coû'er 2 cents par tête.
Nous ne parlons pas ici de la taxe pour licences d’auberges ni sur les polices d'assurances qui retombent la première sur urie classe de la société qui réahise d'immenses profits, et la seconde sur la classe aisée. L'homme qui a le moyen d’assurer sa vie ou sa maison pour 81,000 ou $3,000, ne regarde pas à payer quelques cents de plus. Mais les libéraux, qui ont aboli la taxe sur certains contrats, ne vont-ils pas la rétablir sous une autre forme ? L’abolition de cette taxe n’est qu'une ruse d'élection, et s'ils restent au pouvoir ils seront forcés d'imposer une "taxe qlus forte que celle dont ils ont décrété l'abolition. En effet, leur coup d'état va nécessiter des dépenses considérables sans diminuer les autres : les nouvelles élections et la session extraordinaire du mois de juin prochain vont entrainer au moins 875,000 de dépenses inutiles- Comme disait M. Ghapleau sur ce sujet :
‘ Voici une session violemment interrompue, et dont une grande partie de l'ouvrage sera à recommoncer. Je n’exagère pas en portant cette dépense au chiffre de 840,000 ; puis les élections générales dont le coût officiel ne peut être de moins de $35,000 ; ajoutez à cela l'interruption inévitable dans le fonctionnement äes département<publies par l’installation de ministres nouveaux et inexpérimentés; ajoutez encore la perte de temps etles dépenser nécessaires que cause aux citoyens iudividuellement l'événement d'une élection générale ; mettez ces dernières dépenses et cette perte de temps au chiffre minime de $50 par paroisse, et dites-moi s’il ny a pas là une perte sèche au moins égale à la taxe dont on vous effraie, et qui eut été employée fructueusement, saus les haines, les désordres et les scandales inhàrents aux agitations polititiques dont nous allons être les témoins” Comme le disait encore M. Chapleau : Quelle était donc cette taxe contre laquelle on a tant crié ?
Cette taxe porte sur les contrats dont la valeur dépasse la somme de deux cents piastres. Ainsi une transaction de $300 prierait 15 centins, les premières deux cents piastres étant toujours exemptes. Et puis, les testaments, les contrats de mariage, les donations entre-vifs en ligne directe ne tombaient pas sous le coup de cette loi.
‘ Calculons un instant : il y a plus de $700 paroisses dans la province de Québec. Cette taxe, d’après Les calculs les plus exacts, devait rapporter environ $175,000. De ce montant, les deux tiers, ou à peu près, pesaient sur les banquiers, courtiers, agents de change, agents d'immeubles et spéculateurs de toute sorte ; c’est-à- dire, sur la classe que la taxe n’atteint presque jamais. Et encore cette taxe n'était elle que tempo-
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raire ; elle ne devait durer que jusqu’à l'issue favorable de l'arbitrage des deux provinces qui va se décider bientôt en Angieterre, et jusqu’à ce que chemin de fer provincial nous donne les revenus que nous en espérons. Voilà à quoi se réduit ce grand épouvantail pour lequel on viole nos libertés les plus chères, et l’on jette la province dans une agitation dont on ne saurait prévoir les conséquonces.
On sait que les calculs de M. Chapleau sont encore trop élevés comme l’a prouvé les rapports des bureaux d’enregistrements. (Voir page 75.)
Maintenant que nous savons à quoi nous en tenir sur ces terribles taxes du gouvernement local, voyons les taxes si légères du gouvernement fédéral. En arrivant au pouvoir en 1874, pour faire contraster son économie avec l'esprit de gaspillage des conservateurs, il annonça, pendant que tout le pays se rappelait encore que son prédécesseur avait diminué les taxes de trois millions, qu’il allait les augmenter de trois millions.
À la ses-ion de 1874 ( voir statut de cette session, page 33, chap. 6) il a imposé entre autres les droits suivants:
Thé vort qu de Japon. sé ssssosssssssses ssoseses ‘4C(S.: D: ID.
Thé noir CNLLE to... 0 0 nn me motors 3 do.
Cafe vert ne mn monte CHLLLLELREILLEENEELEET ELLE ELLLZX)] 2 do. Cafe MOULE OU BTIO uso cnrs scontosce sic sorcis do.
Ces taxes ont donné, en 1877, $181,096 pour la province de Québec ; sur ces articles de première nécessité, les taxes fedérales donnent plus que la fameuse taxe de Québ-c dont on a tant parlé, laquelle ne devait être perçue que pendant une année, et portait sur la classe aisée, tandis que l’autre, celle d'Ottawa, pèse surtout sur les pauvres. Cela est facile à démontrer. La taxe sur le thé est de 4 et 3 cents par livre, que le thé coûte 40 cents où une piastre. Or, le riche achète le thé qui coûte une piastre, et qui vaut deux livres, comme force et qualité, du thé commun, et cependant il paie les mèmes droits. Ii est évident qu’il paie cinquante fois moins que le pauvre. La taxe, pous être juste, aurait du être beaucoup plus forte sur les thés de première qualité. Et voilà comment ces gens souciux des intérêts du pauvre peuple s'arrangent pour lui faire payer plus que sa part des impôts.
Et uous aurions beau jeu à parler de la taxe sus le tabac, que les rouges jadis dénonçaient avec taut de violence. Qu'ont-ils fait à Ottawa pour l'abolir ou la réduire. Eux
qui trouvent la taxe sur quelques contrats si injustes, pour-
quoi ne supprim»nt-ils pas la taxe sur les billets promissoires, qui est une taxe dans le genre de celle qui leur a tant déplu à
Québec! A mesure que nous avancerons dans ce travail, on en verra d’autres preuves de cetie sincérité et de cette honnêteté. Nous les attendons surtout sur les questions de l'administration des finances à Ottawa et du Pacifiqne.
Il y a un point que l’on ne doit pas perdre de vue ; c’est celui-ci: Que nous rapporte l’argent produit par les taxes ?
A Québec une quinzaine de chemins de fer qui vont doubler nos revenus.
Que rapporte les taxes d'Ottawa ? Presque rien pour nous, mais des chemins de fer pour les autres provinces,