THÉORIE DE LA RUPTURE SECONDAIRE D'HÉMATOCÈLE PÉRI-SPLÉNIQUE
Bien que s’appliquant à la plupart des cas, la rupture secondaire d’un hématome intra-splénique ne saurait cependant les expliquer tous. En particulier, ceux où les symptômes alarmants n’apparaissent que plusieurs heures après l’accident, alors que la rate est divisée en plusieurs parties libres dans l'abdomen. Il faut donc ici faire appel à d’autres facteurs pour expliquer les formes retardées.
Dans un cas tout à fait remarquable par la durée du silence hémorragique, M. Patel se trouva en présence d’une rate entièrement rompue en deux morceaux. La constatation d’une matité faisant croire à
une pleurésie et la gravité foudroyante de Phémorra-
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gie lui ont permis de penser à une hémorragie qui s’est produite primitivement dans la loge splénique. Celle-ci s’est distendue progressivement et a cédé à sa partie inférieure. ;
Et cela se conçoit clairement lorsqu’on tient compte de l’anatomie de la loge.
Si les parois de cette loge sont réellement résistantes en haut, en dehors, en avant et en arrière, elles sont essentiellement souples et molles en dedans et en bas. Ells présentent un hiatus obturé lui-même par la face postérieure de l’estomac et du côlon. Ces organes, pour peu qu’ils soient distendus par leur contenu liquide et gazeux, constituent un obstacle suffisant pour arrêter momentanément l’hémorragie qui se forme dans la loge sous forme de caillots obstruant l’entrée de cette loge. C’est seulement quand la loge est remplie de caillots sous tension, qu’à la faveur d’un effort de toux ou de défécation, l’hémorragie filtre au delà et envahit la grande cavité péritonéale, entraînant une symptômatologie dramatique.