‹ Les ruptures traumatiques de la rate: avec hémorragie retardéeChapitre 23 sur 28 · TETE · texte numérisé non relu

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1923, au matin, M. Guillon le vit et constata des modifications profondes dans son état. Il existait surtout des phénomènes dyspnéiques qui retinrent un moment l’attention du côté gauche. L’un de nous fut appelé à voir ce malade le soir même à 5 heures ; à ce moment, l’état était des plus caractéristiques et il n’y avait aucun doute sur l’existence d’une hémorragie interne grave ;

le teint était blanc pâle, les conjonctives palpébrales et les lèvres décolorées ; le pouls petit, filant, presque incomptable ; sueurs froides, pas de température, respiration superficielle, conservation de l'intelligence.

L'examen de l’abdomen montrait un léger météorisme pas de résistance de la paroi sauf dans l’hypocondre gauche plus tendu et plus voussuré; matité légère dans toute la paroi latérale gauche de l’abdomen. Auscultation négative ; pas de matité pleurale.

Ce tableau clinique et les antécédents du malade imposaïent l’idée d’une rupture secondaire d’un viscère de la moitié supérieure gauche de l’abdomen avec déchirure artérielle importante. L’absence de réaction péritonéale faisait éliminer le diagnostic de perforation intestinale ou stomacale. L'hypothèse la plus vraisemblable était celle de la rupture de la rate ou d’un gros vaisseau. Immédiatement des injections de sérum furent pratiquées et l’opération fut commencée une demi-heure après le début de l’examen. Sous-anesthésie à l’éther, longue incision transversale partant de la ligne médiane un peu au-dessus de l’ombilic et atteignant le bord inférieur du thorax gauche. Aussitôt après l’ouverture du péritoine, il s’échappa une énorme quantité de sang, paraissant venir de la loge splénique ; il était difficile de l’évaluer, mais nous n’en avions jamais autant vu, ‘même dans les ruptures de grossesse tubaire avancée. L'opérateur plongea aussitôt la main dans la loge splénique et ramena une rate sectionnée en deux parties à

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peu près égales par un trait transversal ; l’artère splénique saignait à flots ; ligature rapide du pédicule. A ce moment, le malade est pris d’une syncope et meurt sur la table d’opération.

L’examen de la pièce montre que la rate est rompue complètement par un trait irrégulier qui part du pédicule et la sépare en deux moitiés, l’une supérieure, l’autre inférieure. La déchirure paraît avoir été nette. La rate entière est un peu plus grosse qu’une rate normale ;

la capsule est intacte et se sépare facilement du tissu sous-jacent.

OBSERVATION II M. PATEL, de Lyon.

Rupture d’hématome intra-splénique

Un jeune homme de 18 ans, a fait une chute de motocyclette, le dimanche matin 28 avril 1929, à 7 heures. Il tombe sur le côté gauche au niveau du trottoir et se fait une plaie à l’arcade sourcilière gauche et ressent en se relevant, une douleur du côté du thorax gauche. Il fait un trajet d’un kilomètre environ, à pied et vient à l’'infirmerie de porte de l’'Hôtel-Dieu. Là, on désinfecte la plaie de la face ; on ne relève aucun autre signe inquiétant et le blessé repart à pied.

Dans la nuit suivante, il ressentit une douleur assez forte dans l’hypocondre gauche, reste couché les 2 jours suivants et trois jours après son état paraît tellement rassurant que son médecin lui conseille de se lever pour diner.

Le vendredi 2 juin, la douleur dans l’hypocondre gauche réapparaît plus forte et le blessé arrive le même

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