‹ Les ruptures traumatiques de la rate: avec hémorragie retardéeChapitre 24 sur 28 · VAGUE · texte numérisé non relu

VAGUE

jour dans mon service. On constate chez lui aucun si- .gne gave d’hémorragie interne; pas de contracture abdominale ; pas de douleur très vive au niveau de l’abdomen. Glace sur le ventre et opium.

Le samedi matin 3 juin, la situation a changé, le blessé est pâle ; le pouls qui était à 90 la veille, est à 120 ; on reconnaît une résistance beaucoup plus forte dans l’hypocondre gauche. L'intervention est immédiatement décidée,

Intervention : Je fais une laparotomie sus-ombilicale médiane ; du sang se montre dans le ventre. Pensant à une lésion de la rate, je branche sur une incision première une seconde incision perpendiculaire, allant jusqu’à l’extrémité intérieure de la 10"° côte gauche. La main plongée dans l’hypocondre gauche ramène une rate volumineuse. dans une capsule déchirée en plusieurs points. Splinectomie. Fermeture complète de l’abdomen.

Suites vpératoires®: Les suites opératoires furent simples : le pouls remonta assez vite et devint rapidement bien frappé.

Les numérations globulaires pratiquées à divers intervalles montrèrent une récupération bonne de la valeur du sang.

SSSR IDE III DPI TR AP

10 Mai 14 Mai 22 Mai

Globules rouges 2.500.000 2.850.000 7.200.000 Hémoglobines ..... 55 % 60 % 75 % Valeur globulaire .. 0,95 1 1 Globules blancs 15.000 14.000 12.500 Formule leucocytaire Polynucléaires 40 % Normale Normale

Mononucléaires 14 %

Lymphocytes 46 %

Le malade est aujourd’hui entièrement guéri.

de

Examen de la pièce. La rate est très volumineuse, son poids est de 250 grammes. sa capsule est fissurée et. déchirée en de multiples points ; à l’intérieur il existe des collections sanguines, quelques-unes volumineuses.

Dans ce cas, il semble, que l’on ait assisté à la production d’hématomes intra-spléniques qui se seraient rompues de façon tardive.

OBSERVATION III M. PERRIN, de Lyon

G.., 33 ans, aviateur, victime d’un capotage à l’atterrissage. Est amené sans connaissance à l’A. O. E. de Fleury. Les phénomènes de choc dissipés, mon attention se porte surtout sur l’hémithorax gauche où les signes de fracture de côte sont manifestes. Je note cependant un certain degré de contracture généralisée, mais les phénomènes abdominaux disparaissent complètement alors que se produit un hémothorax manifeste. Le pouls oscille entre 90 et 100, mais je mets le fait sur.le compte du poumon et de la plèvre, d'autant plus que la température varie entre 37° 8 et 38° 3. |

Dans la matinée du sixième jour, je suis frappé de la pâleur plus grande du blessé qui a le visage anxieux et couvert de sueur. L’hémothorax n’a pas augmenté, mais tout l’abdomen est en état de défense. Cependant à aucun moment le malade n’a accusé de douleur brusque ; le pouls est à 120 et assez bien frappé. Je fais le diagnostic d’hémorragie interne sans m'expliquer davantage l’origine et décide d’intervenir. L’état s’aggrave de minute en minute pendant les préparatifs de l’intervention.

Laparotomie médiane sous un minimum d’anesthésie.

an

Le ventre est rempli de sang.et de caillots. Je mets quel- . ques instants à constater que l’hémorragie vient de la partie supérieure gauche de l’abdomen. Branchant alors une incision transversale sur la laparotomie médiane, je me porte sur la rate où je ne trouve qu’une fissure de 2 ou 3 centimètres sur la face externe.

Je veux l’obturer par suture, mais la capsule se déchire ; des caillots et du sang rouge s’échappent en abondance.

Splénectomie.

Mort une heure après l'intervention.

OBSERVATION IV (M. PERRIN, de Lyon)

Un jeune garçon de 14 ans tombe d’un mât de cocagne au cours d’une fête villageoise. Je le vois deux heures plus tard à l’hôpital où il a été transporté. L’abdomen ne présente pas de défense bien accusée. Le pouls est bon à 88. Le faciès, bien qu’un peu pâle, n’est pas inquiétant; la respiration est gênée mais il y a eu un violent traumatisme thoracique. Je me crois autorisé à temporiser. Pendant huit jours, ce malade va de mieux en mieux. Cependant je note la persistance de contracture dans l’hypocondre gauche. Brusquement dans la nuit du huitième au neuvième jour, douleur atroce en coup de poignard faisant songer à la perforation d’un organe creux par chute d’une escarre. Etat général très grave, pâleur, lipothymie, etc.

Intervention d’urgence par la laparotomie latérale gauche. Issue d’une grande quantité de sang noir avec de nombreux caillots. La rate est difficile à extérioriser perdue dans des caillots plus anciens. Mais je me rends

NU

compte que c’est elle qui saigne, et, branchant une incision sous-costale sur la première verticale, je peux l’amener au dehors et l’enlever rapidement. Elle présente üne déchirure étoilée de la face interne et, à la coupe, n’est plus représentée que par des caillots noirâtres au milieu desquels il est assez difficile d'identifier les débris de pulpe splénique.

Guérison malgré un foyer pleuro-pulmonaire à évolution sévère,

OBSERVATION V M. PERRIN, de Lyon (Lyon-Chirurgical, 1925) |

Léon L..., âgé de 8 ans, tombe le 18 juillet 1924, d’une balançoire sur un banc et se reçoit sur le ventre. Courte période de commotion; puis l’enfant revient à lui, se plaignant du ventre, mais il refuse de se coucher et recommence même à s'amuser une heure après, si bien que les parents renoncent à leur intention d'appeler le médecin.

Les trois jours qui suivent, se passent sans aucun incident ; l’enfant est gai, s'amuse et ne se plaint nullement du ventre malgré les interrogations répétées de sa famille. Le 22 juillet au matin, l'enfant se lève comme d'habitude mais refuse de déjeuner. Il est pâle et a des nausées. On me fait appeler auprès de lui deux heures plus tard. Je le trouve au lit, très pâle, avec de la contracture abdominale, surtout marquée à gauche. Température 36° 5, pouls peu tendu.

En présence de ces symptômes, je pensai immédiatement à une rupture de la rate avec hémorragie retardée et décidai une intervention d'urgence. Celle-ci ne put

See Diane

être pratiquée qu’au début de l'après-midi pour des raisons indépendantes de ma volonté et à ce moment, quatre heures après le début des accidents d’hémorragie interne, l’état du malade était devenu très alarmant ; le pouls, était presque incomptable et il avait eu deux svncopes pendant le transport à la clinique.

Sous anesthésie à l’éther, laparotomie sous-costale gauche transversale. Dès l’ouverture du péritoine, sang et caillots s’échappent en abondance. Je récline en 'dedans la masse intestinale et me porte sur la rate que j'extériorise facilement. Celle-ci présente à sa surface une fissuration étoilée de sa capsule, par laquelle s’échappent du sang des caiïllots et des fragments spléniques ; la capsule se vide en quelque sorte de son contenu.

Splénectomie facile. Guérison sans incident,

OBSERVATION VI M. DESJACQUES, de Lyon

P... Auguste, 18 ans, fait une chute du haut d’un chariot de foin, le 4 septembre 1929 à 18 heures. 11 tombe à plat sur l’abdomen, réssent une vive douleur abdominale qui progresse dans la suite, mais il ne perd pas connaissance. Il est amené à l’infirmerie de porte de VHôtel Dieu le 5 septembre dans l’après-midi. Il souffre beaucoup au niveau de l’abdomen ; il a des nausées, il n’est pas allé à la selle depuis l’accident.

A l’examen, l’abdomen est uniformément météorisé, respirant mal. La percussion le révèle. Au palper, la paroi est très contracturée ; il est impossible de la dé-

primer. La pression est extrêmement douloureuse. La température est à 37°7. Le pouls est bien frappé à 90 ; le malade est bien coloré. Par ailleurs, on trouve des signes de fracture au niveau de la sixième côte gauche. L'intervention est décidée immédiatement ; on pense plutôt à la possibilité de lésion intestinale, étant donné qu’il existe des signes de réaction péritonéale et aucun signe d’hémorragie interne.

Une courte laparotomie médiane sous-ombilicale montre la présence de sang libre au milieu des anses grêles. Une exploration de l’étage sous-mésocolique de l’abdomen montre que là n’est pas la cause de cette hémorragie. L’incision est agrandie vers le haut ; un main introduite dans l’hypocondre gauche sent que la rate est augmentée de volume, mais elle ne semble pas rompue. L’incision agrandie, devenue sus et sous-ombilicale, montre que le foie n’est pas rompu. On revient alors à la rate ; pour la voir, toute l’épaisseur de la voie abdominale est coupée de l’ombilic en direction de la dixième côte. La rate extériorisée est très nettement augmentée de volume et de plus elle est fissurée en ‘trois points sur une longueur de quatre à cinq centimètres, laissant suinter du sang. Une splénectomie est pratiquée suivant la technique classique et sans incident. La paroi est refermée en trois plans sans drainage.

Les suites opératoires sont simples ; la température de 38° est revenue progressivement à la normale et la paroi s’est cicatrisée par première intention.

Examen de la pièce : la rate pèse près de 30G grammes ; la pulpe splénique est remplacée par un amas de caillots de sang. I ne s’agit d’ailleurs pas d’une rate antérieurement malade et on n’a relevé aucun antécédent pathologique chez notre malade.

OBSERVATION, VIT (M. BERTRAND, de Lvon)

M... André, âgé de 17 ans, tomba d’un toit d’une bauteur de 7 à & mètres, sur l’épaule gauche, le 8 mars

A l’examen on constate un gonflement du moignon de l'épaule, une douleur à la mobilisation et à la palpation, gênant l’examen. Néanmoins il ne semble pas y avoir de luxation.

La radiographie montre une fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus gauche.

A l'extérieur, le malade est très pâle, le pouls rapide. Les signes de choc s’atténuent pendant quelques jours : mais le 16 mars 1930, le malade a une tendance syncopale et on pense à une rupture de la rate. On intervient d'urgence le 16 mars ; on fait une laparotomie sus et sous-ombilicale sur laquelle on branche secondairement une incision à la Rio Branco. Splénectomie. Fermeture totale.

L’examen de la rate montre : des hématomes intraspléniques, des déchirures au niveau du hile et du tiers postérieur de la rate.

OBSERVATION VIII (CHAUMEL, Bull. et Mém. de la Soc. d’Anatomie, 1863)

Bunch Georges, âgé de 52 ans, journalier, entre le 10 mars 1863, à la Charité. La veille de son entrée, il a été frappé par un moellon qui, tombant du quatrième étage, a ricoché jusqu’à lui et l’a atteint dans la région des reins. Après une perte de connaissance qui a peu duré,

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