PROPAGANDE RUSSE EN RUTHÉNIE 38J
liter^ Mais leur adhésion à cette confession les a au moins préservés de la fusion avec des peuples contigus.
En 1831, le recensement évaluait le nombre des Ruthènes à 422.000"; en 1871, d’après une estimation de Keleti, ce nombre était monté à 469.000. Mais dix ans après, la statistique officielle — car le dénombrement de 1870 n’avait point relevé ni les langues ni les nationalités — dénonce une déchéance au moins suspecte : 353.000 Ruthènes seulement. Pendant la décade 1880-90, l’accroissement est notable : il ressort à 27.000 unités. Et il s’est affirmé jusqu’au retour à l’effectif d’il y a un demisiècle, 464.000 ^ C’est le groupe qui, après le magyar, semble le plus vivace.
Les Ruthènes de Hongrie font corps — géographiquement — avec leurs frères de Boukovine. Ils ont comme ces derniers à lutter pour leur vie nationale contre les Magyars : ils se serrent autour de leur Eglise grecque unie^': ils paraissent se fortifier, mais ne peuvent, avec leur faible appoint numérique, que grossir les rangs des nationalités hostiles à l’hégémonie magyare.
Il semble que du côté russe on se soit inquiété de ranimer les sympathies et traditions nationales des Ruthènes hongrois. En 1883, la Soc. Tmp. de Géographie de Russie a fait publier, sous ses auspices, un recueil de chants populaires ungaro-russes. Les Magyars dénoncèrent la manœuvre ° et s’indignèrent de ce que l’éditeur russe portât le nombre des Ruthènes à 300.000, de ce