CLASSEMENT DES GAMMES
entendre sept modes différents; de même que sur notre piano à touches blanches on peut avoir les sept modes diatoniques, suivant la note qu’on prend pour centre d'évolution. Cela fait, dans la gamme à sept échelons, quatre cent soïxante-deux modes possibles. [Si l’on précisait encore le rôle des échelons dans les mélodies, on aurait d’ailleurs encore plus de modes, de même que la famille diatonique, outre les sept modes principaux, contient les modes mixolydien, etc.]
C’est ainsi que le point de vue des groupes permet le classement des innombrables gammes, en classes dont on voit immédiatement ce qu’elles signifient, pour la transformation du thème par passage d’un type à un autre.
Quant au principe de dissymétrie, il sert de critère de valeur. Il attire l’attention sur les types les plus riches en possibilités de symétries : les types qui permettront à la musique le mouvement le plus libre c' le plus varié, dans la forme imposée à ce mouvement par le principe de dissymétrie.
Or, parmi les échelles, ce principe désigne comme plus importantes, l’échelle à sept tons en première ligne, l’échelle à cinq tons en seconde ligne. Ce que l'expérience musicale vérifie : ce sont ces échelles qu’on trouve partout, dont la musique s’est toujours servi. Et les progrès de la musique ont abouti à la préeminence de l’échelle à sept tons.
Mais cette famille des gammes à sept échelons a d'innombrables représentants : quatre cent soixantedeux modes, des sous-modes autant qu’on en veut.
ARTE 1e
ÉLÉMENTS D'ANALYSE MUSICALE
Là aussi des classements s’opèrent aussitôt. Tous ces modes et sous-modes se classent en soixante-six familles indéfinies seulement.
Or, parmi ces types, quatre seulement restent à la fin dans notre crible, qui a laissé passer des milliers de gammes “. |
De ces types, celui qui l’emporte, le plus riche en symétries de toutes les gammes, c’est le type diatonique; celui auquel appartiennent le mode majeur, clef de voûte de notre musique, les modes d'église, les modes grecs.
Des trois autres types mis en évidence, deux sont l'échelle par tons égaux (atonale), et l'échelle par demi-tons égaux : l’échelle chromatique. On sait l’importance de l’une et de l’autre, notamment en musique linéaire. Le quatrième type décelé par la classification ne nous est pas autrement connu : il commence en majeur et finit en mineur : notre mineure, qu’on rattache à la diatonique, ne serait-elle pas cette gamme, altérée pour réagir contre l’attraction de la diatonique ?
Ainsi, nous avons vu toutes les gammes se classer, au moyen des groupes de transformations. Dans cette classification, le principe de dissymétrie a introduit une hiérarchie : les gammes les meilleures sont celles qui, adoptées par la musique, lui permettent le plus riche jeu de symétries; la plus grande variété et liberté de mouvement. |