‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 34 sur 91 · ARTE · texte numérisé non relu

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PROSE ET VERS

Notamment, la poésie mesurée des anciens a fortement impressionné la métrique française. Depuis la Renaissance, elle s’est efforcée d’en trouver l’équivalent en français. Baïf, au xvr° siècle, comme l’abbé d'Olivet au xvirr, comme certains métriciens du xx’, ont infiniment réfléchi aux longues et aux brèves, à « l'accent de durée » qui serait l’accent fondamental du français. On s’est efforcé de déterminer avec précision les longues et les brèves, en analysant finement les mots, sans s’apercevoir que tout s’effondre comme châteaux de cartes, dès que le souffle du discours passe sur ces édifices légers. Les longues et les brèves du mot se déforment aussitôt, suivant la position et l'accentuation du mot dans la phrase.

Cette attention fixée sur les durées, par un héritage des études latines, s’est trouvée très nuisible de ce que ses effets étaient renforcés par une autre inadvertance; on ne s’intéressait guère aux accents toniques. C’est même une idée assez généralement répandue que les accents toniques, en français, sont négligeables. D’autres pensent qu’ils existent, mais qu’on en fait ce qu’on en veut, que les accents dans une page de prose ne sont guère déterminés par cette phrase, maïs plutôt par l'arbitraire du lecteur.

Par suite, certains métriciens, très teintés de théorie et pleins de souvenirs latins, se sont efforcés de voir la métrique française en fonction des accents de durée. D’autres, plus près de l’expérience, voyaient la métri-

1. Lyrisme et structures sonores, 1, H, 4, Interprétation des accents toniques.

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