‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 58 sur 91 · HER · texte numérisé non relu

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LE PRINCIPE DE DISSYMÉTRIE ET LE VERS FRANÇAIS Révolution : car il ne s’agit pas d’une modification légère de l’état des choses, maïs d’un appel à toutes les formes laissées dans l'ombre. Aïnsi, la musique, à l’époque de Debussy, essaie de s'affranchir des modes majeur et mineur, pour essayer des formes oubliées, modes d'église, échelle chromatique, échelle par tons égaux, pentatonale; formes derrière lesquelles on devine la poussée d’autres encore, moins stables encore et moins faciles à définir. Ainsi la versification française, à la même époque, qui est aussi celle des symbolistes, fait effort pour échapper à ce mode majeur, l’alexandrin, et essaie d’un nombre indéfini de modes, dont la versification ne savait plus rien. C’est alors que ces modes, que nous rencontrons à l’état tout spontané et inconscient chez Rousseau ou Chateaubriand, sont essayés par ceux qui se proposent d'écrire en vers.

Si cette analogie entre vers et modes est justifiée; si, d'autre part, l'explication donnée plus haut de la hiérarchie des modes est la bonne explication : nous n'avons qu'à transporter cette explication de la théorie des modes à la théorie des vers.

4, Le principe de dissymétrie et le vers français. — La tendance à la cristallisation est une tendance à choisir certaines formes plus parfaites que certaines autres, et à revenir toujours aux même formes choisies. Un principe de hiérarchie, de choix, éclaircit les rangs, mais il les éclaircit avec une rigueur extraordinaire.

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DE LA PROSE AU VERS. HIÉRARCHIE DES VERS En musique, les modes choisis ont été ceux permettant le plus de combinaisons symétriques.

En vwersification française, les modes choisis sont ceux permettant le plus de combinaisons symétriques.

Que peut-être, en français, un vers symétrique ?

A priori, et si on pense à un vers quelconque, on peut envisager un vers où la distribution des accents toniques, c’est-à-dire des sommets de l'intensité, serait symétrique.

On voit qu’une pareille combinaison n’est pas admise par la langue française, pour cette double raison :

1° En français, il y a foujours un accent tonique à la fin d’un membre du discours (il peut être suivi d’une seule syllabe muette, mais alors elle ne compte pas).

2° En français, un membre du discours ne commence pour ainsi dire jamais par un accent tonique. Selon la notation adoptée plus haut, le vers commencerait par le chiffre 1. Or, ce chiffre est presque inexistant en français et cela non seulement au commencement de vers. Nous avons constaté, notamment dans notre analyse d’Afala, que dans les cas très rares où on le rencontre, il correspond presque toujours à quelque effet de style.

Ces raisons conjuguées font qu’on ne peut rencontrer, en français, de vers où la symétrie soit dans la distribution des sommets toniques; quelques cas d'exception, extrêmement rares, ne changent rien à la disposition du génie français par rapport à ce type de symétrie.

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