‹ Les Rythmes: comme introduction physique à l'esthétique, Nouvelles méthodes d'analyse et leur application à la musique, aux rythmes du français et aux mètres doriensChapitre 59 sur 91 · LE PRINCIPE DE DISSYMÉTRIE ET LE VERS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LE PRINCIPE DE DISSYMÉTRIE ET LE VERS FRANÇAIS

Il ne pourra donc s'agir que de symétrie dans la structure cellulaire du langage, dans les cellules détermimées par l’existence des accents toniques, ces cel- Jules qui sont représentées chacune par un des chiffres du nombre représentatif.

La nuit était délicieuse, ce vers est représenté par 26.

Mais, peut-on objecter, pourquoi le représenter par 26 en non 62?

Nous avons jusqu'ici réservé cette objection, parce qu’on la comprendra mieux ici. Voilà en quoi elle consiste : Nous avons établi nos nombres représentatifs d’une façon qui peut sembler comporter un peu darbitraire. En présence de ce chapelet de cellules quest un membre de phrase, om peut compter les syllabes en s’arrêtant après les accents foniques, comme nous avons fait. Mais a priori om peut les compter d’une autre façon encore (il n’y a d’ailleurs pas un troisème choix possible).

On pourrait compter, semble-t-il, depuis les accents toniques. Au lieu de :

La nuit était délicieu(se) 26 on aurait :

(La) nuit était délici euse 62.

le compte commençant alors aux accents toniques, au heu de finir aux accents toniques.

Or, cette facon de compter n’est pas acceptable, entre autres pour la double raison précédente, qui fait que la langue française ne Padmet pas.

D'une part, on rencontre toujours (sauf exceptions

DE LA PROSE AU VERS. HIÉRARCHIE DES VERS

excessivement rares) une ou plusieurs syllabes atones avant la première tonique. Si on compte depuis cette première tonique, ces syllabes ne seront donc pas comptées. Or, elles comptent, en français, et il n’est pas indifférent qu’il y en ait deux ou trois avant le premier accent tonique : si on ne les comptait pas, des vers blancs égaux seraient représentés par des chiffres inégaux.

D’autre part, on trouverait toujours, à la fin des vers, le chiffre 1, ou le chiffre 2. Les vers féminins apparaîtraient tous comme des hypermètres : pour cette raison aussi, des vers que le français tient pour égaux, seraient notés comme inégaux. Enfin, une telle fréquence du chiffre 1 à cette place, alors qu’il est si rare à toute autre, trahirait aussi une mauvaise notation, inadmissible en français.

(On peut remarquer que la notation qui s'arrête après les accents toniques coïncide avec les césures et les mots métriques dans la grande majorité des cas, tandis que l’autre notation les bouleverserait toujours.)

La symétrie, dans un vers français, ne peut être que la symétrie dans son nombre représentatif. Nous en avons trois exemples dans les trois vers de la strophe pure et tranquille, qui forme le centre du passage cité.

La lune brillait au milieu d’un azur sans tache

et sa lumière gris de perle descendait

sur la cime indéterminée des forêts

Les nombres de ces trois vers sont respectivement

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