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DE LA PROSE AU VERS. HIÉRARCHIE DES VERS
Le vers de 14 syllabes serait bon, s’il n’était déjà trop long. Ce vers mis à part :
Le vers de 12, l’alexandrin, occupe la première place, avec ses 7 formes symétriques possibles.
Après lui, l’octosyllabe et le décasyllabe sont exæquo, avec 4 formes symétriques chacun. Mais l’octosyllabe semble l'emporter un peu puisque, toutes choses égales d’ailleurs, il est le plus court.
Le vers de 6 syllabes viendrait après.
Parmi les vers à peu de formes symétriques, les vers courts sont employés, parce qu’ils sont courts; les vers longs, comme 11 et 13, sont sans emploi.
6. Epreuve de l’expérience. — Cette hiérarchie coïncide bien avec ce qu’on constate en versification française. Comme le principe de dissymétrie l’aurait fait prévoir, on constate la prééminence de l’alexandrin, suivi de l’octosyllable et du décasyllabe; alors que les vers de 11 et de 13 syllabes sont éliminés.
La forme symétrique est celle qui donne au vers le plus d'unité et d'équilibre. On la rencontre souvent aux points où le rythme atteint un sommet. Ceci, inconsciemment remarqué, a fait préférer les vers admettant beaucoup de formes symétriques. Mais d'autre part, ce processus de simplification, cette tendance à ne retenir que peu de vers et à faire avec ces vers peu de combinaisons seulement (par exemple la plus immédiate qui est de les enfiler en chapelets de vers égaux), cette cristallisation amenait à s’en tenir presque exclusivement aux quelques formes préférées,