‹ Les rythmes souveraines, poèmesChapitre 9 sur 11 · LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE

Nourrir toujours, armer toujours, au fond de soij Une confiance acharnée.

Et g'uetter l'heure où les soirs d'or.

Réveillent, doucement, la belle aile qui dort

Des prières profondes Pour imprimer l'élan à la nouvelle foi, Qui fait du monde l'homme et de l'homme le monde. Et lentement s'impose et se condense en loi.

LE NAYIRE

Nous avancions, tranquillement, sous les étoiles; La lune oblique errait autour du vaisseau clair, Et Vétagenient blanc des vergues et des voiles Projetait sa grande ombre au large sur la mer.

La froide pureté de la nuit embrasée Scintillait dans Vespace et frissonnait sur Veau ; On voyait circuler la grande Ourse et Persée Comme en des cirques d'ombre éclatante, là-haut.

Dans le mât d'artimon et le mât de misaine, De l'arrière à l'avant où se dardaient les feux,

Des ordres, nets et continus comme des chaînes , Se transmettaient soudain et se nouaient entre eux.

Chaque ff este servait à quelque autre plus large Et lui vouait V instant de son utile ardeur^ Et la vague portant la carène et sa charge Leur donnait pour support sa lucide splendeur.

La belle immensité exaltait La gabarre, Dont Vétrave marquait les flots d'an long chemin, L'homme, qui maintenait à contre-vent la barre, Sentait vibrer tout le navire entre ses mains.

H tanguait sur V effroi, la mort et les abtmes, D'accord avec chaque astre et chaque volonté, Et., maîtrisant ainsi les forces unanimes, Semblait dompter et s'asservir V éternité.

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