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impression, dans le temps, parce qu'il n'était accompagné d'ancnne circonstance marquante^ fat remis en mémoire, il y a quelque cinquante ans, parle fSedt qu'une tempête, fondant sur l'île, opéra dans les sables, en certains endroits, des mouvements considérables qui exhumèrent, entre autres vestiges, ceux d'un campement important. JDans ce lieu qui, depuis lors, porte le nom de *' vieilles maisons ", le sable, déblayé parle vent, njiit à découvert les restes de huttes construites de bois de naufrage, entourées de terrain battu et noirci par le séjour et les pas de l'homme, puis des foyers, des cendres, des os d'animaux, des vieux souliers, des munitions de guerre, des colliers de chiens, beaucoup d'autres articles et un hausse-col portant le chifire 48. Oe hausse-col et autres objets, de nouveau mis au jour en cette circonstance, furent facilement reconnus comme provenant du naufrage en question, arrivé trois quarts de siècle auparavant.
Une autre tempête qui entama la falaise à l'extrémité ouest de l'île, fit découvrir, il y a environ une quarantaine d'années, des restes de tentes d^ toile et les vestiges d'un campement dont on ne connaît ni la date, ni l'origine. Dans un autre endroit, à l'intérieur de l'île, à mi-côte d'un monticule, l'érosion du talus, par l'action com«
binée des eaux d'orages et du vent, remit en vue, il y a quelaua trente années, un petit plateau que les sables avaient envahi, depuis on ne sait combien de temps, mais en toute apparence depuis bien longtemps. Le terrain de ce plateau battu dur, rendu adhésif qu'il était par tous les détritus ^ui s'y étaient, jadis, accumulés, accusait un assez long séjour de l'homme ; le sol en était noirci par les charbons et les cendres. Là étaient dispersés une foule d'objets, tels que vieux canons de fusils, bayonnettes, Dalles de
Elomb grossièrement coulées, des couteaux dts de cercles de fer, des fragments de verre, des boutons de métal, des pièces de monnaie travaillées, des os d'animaux domestiques, de phoques et de loups-marins ; auxquels, étaient joints des ossements humains, restes, sans doute, des derniers survivants de ceux qui avaient habité cet endroit.
On voit, par là, quels souvenirs gisent sous ces grèves, dans la falaise, sur les dunes et dans l'intérieur de l'île. Oes sables, comme des cavernes à ossements»
méleut aux débris de l'industrie humaine de plusieurs siècles les os de l'homme et les os des animaux ; les âges, les époaues, les espèces et les races s'y conionaent^ diems le péle-méle produit joar les bouleversements de la natrure. il y a lieu de
regretter qu'on n'ait point établi à Halifax, I
sur l'île même ou ailleurs, un musée de ces mille objets qui, de temps à autre, sont mis à découvert. L'étude de ces intéressants vestiges ne serait pas sans intérêt .
pour la science : il est un peu tard, mais pas trop tard pour s'en occuper. En peu
^ de tçmps, on pourrait réunir un ^rand
< nombre de ces objets, givjourd'hui dispersés ; la collection s'enrickîraii èùfenîte -— -^- *\ ■
à chaque nouvelle découverte.
C'est entre les années 1180 et 1802 qu'il faut placer l'occupation de l'île de Sable par une colonie de boucaniers, qui ont dû en faire leur séjour constant et celui de leurs familles, pendant plusieurs aimées.
Ces gens, venus de la cote de la Nouvelle- Ecosse ou des états de la Nouvelle- Angleterre, étaient des marins, chasseurs et pêcheurs qui, à leurs occupations légitimes, ajoutaient celle de naufrageurs et d'écumeurs de mer. La pêche du banc, la chasse des phoques, des loups-marins, des chevaux et des vaches sauvages, des renards, le commerce de l'ivoire enfoui de morses étaient leurs industries ostensibles et avouées. Ils menèrent leurs chasses avecime telle brutalité que, après leur départ de l'île, il ne restait ni une vache sauvage, ni un renard ; ils avaient réduit les troupeaux de chevaux à un très petit nombre. Les misérables ^joutèrent» à ces