GRACE SACRAMENTELLE
Outre la grâce sanctifiante, les Sacrements confèrent aussi ce qu'on appelle la grâce sacramentelle, qui est la grâce particulière à chaque sacrement. Cette grâce ne diffère pas par sa nature de la grâce sanctifiante ; elle consiste dans ces secours spéciaux qui mettent l'âme à même d'obtenir la fin
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pour laquelle le sacrement a été institué. Ainsi, le Baptême donne la grâce de vaincre la concupiscence; la Confirmation rend une personne capable de confesser et de défendre sa foi avec intrépidité, etc..
Ici se pose la question de savoir si la grâce des Sacrements revit ; c'est-à-dire si la grâce d'un sacrement reçu irrcgnlièreinent, reçu validement mais sans fruit, par suite des mauvaises dispositions de celui qui le reçoit, — revit dès que Tobstacle est écarté ?
Trois opinions donnent une réponse diverse à cette question. La première nie pour tous les cas, parce que la grâce n'est promise à celui qui reçoit les Sacrements, qu'à la condition qu'il n'y mettra aucun obstacle. La seconde l'affirme pour tous les sacrements, parce que la causalité est la même pour tous, et parce que, un sacrement reçu même en état de péché est toujours l'œuvre du Christ. La troisième opinion l'affirme pour quelques sacrements et le nie pour d'autres. La première opinion ne saurait se soutenir. Quant aux deux autres, il est nécessaire de distinguer ce qui est certain de ce qui est incertain, et ce qui est plus probable de ce qui l'est moins. Il est certain que la grâce du Baptême revit, comme celle de la Confirmation et celle des Saints Ordres, parce que ces Sacrements ne peuvent pas être réitérés. Il est plus probable que les grâces de l'Extrême-Onction et du Mariage revivent ; celle de l'Extrême-Onction pendant la même maladie, et celle du Mariage pendant la durée de la même union. Supposant qu'on puisse admettre que le Sacrement de Pénitence a été reçu irrégulièrement^ il est vraisemblable que la grâce revit. On peut avec probabilité affirmer la même chose de la Sainte Eucharistie, tant que subsistent les espèces, pourvu que l'obstacle soit écarté ; et on l'affirme
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même dans le cas où les espèces seraient altérées, parce que comme ce Sacrement est le plus excellent de tous, son efficacité ne doit pas être moindre que celle qui appartient aux autres Sacrements. ^
Les sacrements produisent leurs effets ex opère operaio, — c'est-à-dire par leur puissance propre, indépendamment du ministre et du sujet des sacremente, pourvu que ce dernier n'y mette aucun obstacle et ne résiste pas à leur grâce. En cela, ils diffèrent essentiellement des sacramentaux, qui sont certaines actions et choses saintes, instituées par l'Eglise, comme l'eau bénite, les bénédictions, etc., qui ne produisent leurs effets que ex opère operantis^ — c'est-à-dire, en vertu des bonnes actions et des bonnes dispositions de la personne qui en fait usage, et des prières de l'Eglise qui les bénit. En cela aussi, ils sont différents des sacrements de la Loi Ancienne qui ne produisaient leurs effets que ex opère operantiSj à l'exception de la Circoncision qui, probablement produisait ses effets ex opère operato.
Le Rév. P. O' Kane dit dans son livre sur les rubriques: « Les sacrements de l'Ancienne Loi ne contenaient que la sainteté légale. Ceux de la Nouvelle Loi confèrent la sainteté vraie et intérieure. Les sacrements de la Nouvelle Loi ont été institués par le Christ pour la sanctification et le salut des hommes. « Par eux, dit le Concile de Trente, commence toute vraie justice; ou, étant commencée, est accrue, ou, ayant été perdue, est recouvrée. » Par conséquent, rien de plus saint dans l'Eglise; rien qui demande à être traité avec plus de respect.
I Voy. Haine << De Sacr. in gêner. »
Le caractère. — Trois sacrements, le Baptême, la Confirmation et les Saints Ordres, impriment à Tâme un caractère ou une marque; et, pour cette raison, ne peuvent être reçus qu'une fois.
Ce caractère est un sceau, une marque spirituelle et ineffaçable, imprimée à l'âme, qui distingue celui qui en est revêtu de tous ceux qui n'ont pas encore reçu ces sacrements.
Dans chacun de ces sacrements, le caractère est une marque ou un signe, qui donne aussi un certain droit. Ainsi, dans le Baptême le cacactère est un signe qui marque un enfant de Dieu, et lui donne droit aux autres sacrements et à toutes les faveurs spirituelles de l'Eglise.
La Confirmation imprime le signe de soldat du Christ, et donne droit à un pouvoir céleste de professer ouvertement la foi chrétienne, et de la défendre avec courage. Les Saints Ordres laissent dans l'âme la marque de ministre du Christ, et donne le droit d'offrir le saint sacrifice de la Messe, de prêcher la parole de Dieu et d'administrer les autres sacrements.
Ces caractères sacramentaux sont imprimés dans Lame comme les marques de la possession de Jésus-Christ. La perte de la grâce sanctifiante ne les fait point disparaître ; le péché mortel, pas plus que l'apostasie ne les efface pendant la vie présente; et, dans la vie future, ils subsistent éternellement pour la gloire des justes et pour la confusion des méchants.
L'impression d'un caractère n'est le propre que de trois sacrements, du Baptême, de la Confirmation et de l'Ordre ; et comme pour chacun il est ineffaçable, aucun de ces sacrements ne peut se réitérer. Il y aurait non seulement sacrilège, mais nullité absolue^ à appliquer la matière et la forme^ avec l'intention de conférer l'un de ces sacrements à
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une personne qui aurait déjà été baptisée, confirmée ou ordonnée. D'où il suit que l'usage de l'Eglise Catholique, qui date de plus de 300 ans, d'ordonner absolument les ministres protestants, qui, après leur conversion au catholicisme, veulent devenir prêtres, est une preuve suffisante, s'il n'y en avait pas d'autres, contre la validité des Ordres Anglicans. — Si, cependant, il y a des raisons fondées de croire que l'un de ces sacrements n'a pas été convenablement reçus on doit renouveler ce sacrement sous condition ; et on doit le réitérer sous condition quand il s'agit des sacrements nécessaires au salut, et lorsque le bien des âmes le demande.