‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 122 sur 392 · LE MINISTRE DU BAPTÊME · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DU BAPTÊME

(l) DU BAPTÊME SOLENNEL ; (2) DU BAPTÊME PRIVE

(i) Le baptême peut être administré solennellement par un évêque ou par un prêtre. Saint Thomas dit (Q.. 67, Art. 11.) : « Bien que Toffice de baptiser ait été confié aux Apôtres et à leurs successeurs, les évêques, il fut néanmoins confié à d'autres aussi ; saint Paul dit en effet : « Le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour prêcher. » ^ En voici la raison : Tandis que la charge d'enseigner, — également confiée aux Apôtres, — dépend du mérite et de la science du ministre, le baptême n'en dépend point. Aussi, entendonsnous dire au Concile de Florence {Dec. pro Arm.) : Le ministre de ce sacrement est le prêtre qui, en vertu de son office, possède le pouvoir de baptiser.

Un diacre peut, en certain cas, baptiser solennellement, puisque, à son ordination, on lui dit que son devoir est « de servir à l'autel, de baptiser, et de prêcher. » Toutefois, suivant la discipline actuelle de l'Eglise, un diacre ne doit pas baptiser solennement sans l'autorisation de l'évêque ou du curé de la paroisse.

Cependant, toute personne peut baptiser validement, homme ou femme, catholique ou hérétique, fidèle ou infidèle. Toute personne peut le faire licitement en cas de nécessité ; mais, selon l'ordre prescrit par le Rituel, une femme ne baptisera pas, si un homme est présent ; un laïque en présence d'un clerc, à moins que la femme ne connaisse mieux la forme que l'homme. Il y aurait faute grave à

I I. Cor. I. 17.

préférer une personne laïque à un prêtre ; mais il n'y aurait que faute vénielle à intervertir Tordre prescrit pour les autres personnes. Sur ce point, il faut agir sans retard, puisque je suppose un cas de nécessité ; pendant qu'on délibérerait Tenfant pourrait mourir. Je crois donc qu'on ne pourrait pas accuser de faute la personne qui donnerait le baptême dans de telles circonstances.

De cette doctrine, il faut conclure qu'on doit apprendre très exactement aux fidèles, surtout aux sages-femmes^ la manière d'administrer le sacrement de baptême.

J'ajoute que nul ne peut se baptiser soi-même ; que la même personne doit verser l'eau et prononcer les paroles, puisque la forme « Je te baptise, » ne se vérifierait point, si une personne versait l'eau et une autre prononçait les paroles. On doit prononcer les paroles en même temps qu'on verse l'eau.

Page 1