‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 155 sur 392 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

JaA PRÉ^ZNQE RÉELLE PROUVÉE PAR LE^ PAROLE^ DE L' I N ^TITUTI 0 N

A. Les paroles de l'institution d'après les trois Evangélistes, saint Mathieu, saint Marc et saint Luc; paroles de saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens.

2^ Xes paroles de l'institution doivent se prendre dans leur sens littéral ; preuves tirées: (i) Du côté de la personne qui les prononce. (2) Des circonstances qui les accompagnent. {3) De l'évidence et de la force des expressions. (4) Aucune interprétation n'est admissible.

3. L'usage de ce sacrement d'après saint Paul. Texte et interprétation de ses paroles.

I. LES PAROLES DE L INSTITUTION D APRES LES TROIS EVANGÉLISTES, SAINT MATHIEU, SAINT MARC ET SAINT LUC; PAROLES DE SAINT PAUL DANS SA PREMIÈRE ÉPITRE AUX CORINTHIENS.

Après avoir montré la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie par les paroles de la promesse, j'en viens à démontrer la même vérité par les paroles de son institution.

248 LES SACREMENTS EXPLiaUÉS

Ces paroles nous sont rapportées par les trois évangélistes, Mathieu, Marc et Luc, et par TApôtre saint Paul, qui, bien que n'étant pas présent à la dernière Cène, n'en fut pas moins inspiré par le Saint-Esprit sur ce qui se passa dans cette occasion : son témoignage n'est donc pas d'une moindre autorité.

Saint Mathieu s'exprime ainsi : ^ « Or pendant qu'ils soupaient, Jésus prit du pain ; et l'ayant béni, il le rompit, et le donna à ses disciples, en disant : Prenez et mangez : ceci est mon corps. Et prenant le calice, il rendit grâces, et le leur donna, en disant : Bûvez-en tous ; car ceci est mon sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. »

Saint Marc 2 : « Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et l'ayant béni, le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, ceci est mon corps. Et ayant pris le calice, après avoir rendu grâces, il le leur donna : et ils en burent tous. Et il leur dit : Ceci est mon sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs. »

Saint Luc dit à son tour : 3 « Quand l'heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui. Et il leur dit : J'ai désiré avec ardeur de manger cette pâque avec vous, avant de souffrir. Car je vous déclare que je ne mangerai plus désormais de cette victime, jusqu'à ce qu'elle ait eu son accomplissement dans le royaume de Dieu. Ensuite prenant la coupe, il rendit grâces, et dit : Prenez-la, et la distribuez entre vous. Car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de

1 s. Mat. XXVI. 26-28.

2 S. Marc. xiv. 22-24.

3 S. Luc. XXII. 14-20.

la vigne, jusqu'à ce que le règne de Dieu soit arrivé. Puis, il prit le pain ; et ayant rendu grâces, il le rompit, et le leur donna en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous: faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe après avoir soupe, en disant : Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang, qui sera répandu pour vous. »

Ajoutons à ces textes les paroles de saint Paul : ^ « Car c'est du Seigneur que j'ai appris ce que je vous ai enseigné, qui est, que le Seigneur Jésus, la nuit même qu'il devait être livré, prit du pain ; et ayant rendu grâces, rompit ce pain, et dit : Prenez et mangez ; ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi. De rnême le calice après avoir soupe, en disant : Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang : faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous le boirez. »

Tels sont les quatre comptes-rendus de l'institution de la sainte Eucharistie que nous lisons dans le Nouveau Testament.

2. LES PAROLES DE L'INSTITUTION DOIVENT SE PRENDRE DANS LEUR SENS LITTÉRAL, PREUVES TIREES! (l) DU CÔTÉ DE LA PERSONNE QUI LES PRONONCE. (2) DES CIRCONSTANCES QUI LES ACCOMPAGNENT. (3) DE L'ÉVIDENCE ET DE LA FORCE DES EXPRESSIONS. (4) AUCUNE AUTRE INTERPRÉTATION N'EST ADMISSIBLE.

Les paroles de l'institution doivent se prendre dans leur sens propre et littéral, et non point dans un sens figuré ou métaphorique. Il n'y a aucune raison, dans l'interprétation à leur donner, d'avoir recours aux figures ou aux métaphores.

I I Cor. XI. 23-25.

L'objet principal ne le demande point, puisqu'il admet une interprétation littérale ; les expressions, telles que nous les avons, n'indiquent aucune métaphore ; le sens d'une figure de ce genre serait absolument inintelligible pour ses auditeurs, aussi bien qu'il le serait actuellement pour nous.

Au contraire, tout exige l'interprétation la plus claire et la plus évidente des paroles du Sauveur.

(i) La personne du Christ, dont nous devons prendre les paroles dans leur sens propre, lors même que nous aurions à supposer un miracle, pourvu qu'elles ne contiennent rien d'inconvenant ou d'impossible.

(2) Les circonstances dans lesquelles il a prononcé ces paroles. C'était la veille de sa mort. Par ces paroles, il établissait un sacrement, faisait connaître sa dernière volonté et son testament, contractait une alliance nouvelle avec ses Apôtres et avec son Eglise, et il posait une loi. Tout cela exigeait un sens littéral, et voulait que les termes employés soient clairs, simples et intelligibles.

(3) La clarté et la force des paroles : « Ceci est mon sang, — qui est le sang du nouveau testament, ce sang qui doit être répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. » En vain chercherait-on à donner à ces expressions un sens métaphorique ; car, comme l'a dit le luthérien Schlussenberg : « Ces paroles du Christ sont tellement évidentes que pas un ange du ciel, pas un homme sur la terre ne pourrait parler plus clairement. »

(4) Dans toute autre supposition, le Christ aurait trompé ses Apôtres et son Eglise entière, qui ont pris le Christ à la lettre, et ont compris qu'il parlait de son corps réel et de son vrai sang, parce qu'il disait que c'étaient son corps et son sang.

3. l'usage de ce sacrement d'après saint PAUL. TEXTE ET INTERPRÉTATION DE SES PAROLES

Cet Apôtre nous rapporte, par inspiration divine, non seulement les termes de l'institution, mais il parle aussi, dans sa première épître aux Corinthiens, de l'usage ou de la réception de l'Eucharistie de son vivant. Il dit dans un endroit : ^ « N'est-il pas vrai que le calice de bénédiction que nous bénissons est la communion du sang du Christ? et que le pain que nous rompons est la communion du corps du Seigneur?... Vous ne pouvez pas participer à la table du Seigneur et à la table des démons. » Tout le contexte nous montre que l'Apôtre rappelait à ceux qui mangeaient la chair offerte aux idoles, qu'ils participaient au culte et aux sacrifices des démons, de même que les chrétiens, en recevant l'Eucharistie, participaient au sacrifice du corps et du sang du Seigneur. Comme nous mangeons la chair du Christ à l'autel- du Seigneur, ainsi les Juifs mangeaient la chair des victimes de la loi, et ainsi les Gentils mangeaient la chair de leurs coupables sacrifices. Cette comparaison suppose que la chair du Christ était mangée aussi réellement par les chrétiens que la chair de leurs victimes l'était par les Juifs et les Gentils.

Saint Paul dit encore : « C'est pourquoi quiconque mangera ce pain, ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang du Seigneur. Que l'homme donc s'éprouve soi-même ; et qu'il mange ainsi de ce pain, et qu'il boive de ce calice. Car quiconque mange ce pain

I I Cor. X. 16. 21.

252 LES SACREMENTS EXPLiaUÉS

et boit ce calice indignement, mange et boit sa propre condamnation, ne faisant pas le discernement qu'il doit du corps du Seigneur. » ^

C'est ainsi que l'Apôtre enseigne la doctrine de la Présence réelle, qu'il montre que les fidèles recevaient alors ce sacrement comme nous le recevons aujourd'hui. Il nous sera bien permis même de remarquer cette condamnation toute particulière de ceux qui communient indignement, quand il nous dit qu'ils sont coupables du corps et du sang du Christ: ils mangent et boivent leur propre jugement, ne discernant pas, — c'est-à-dire, ne réfléchissant pas — qu'ils profanent le corps du Seigneur,

I I Cor. XI. 27-29.

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