‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 166 sur 392 · EXPLICATION DU CATÉCHISME DU CONCILE DE TRENTE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DU CATÉCHISME DU CONCILE DE TRENTE

Nous ferons aussi observer, d'après les expressions du Catéchisme du Concile de Trente, « que Notre Seigneur n'est pas dans le Sacrement comme en un lieu. Le lieu n'a rapport aux choses qu'autant qu'elles ont de l'étendue. Nous ne disons pas que le Christ est dans le Sacrement, en ce sens qu'il est grand ou petit, — termes qui appartiennent à la quantité, — mais en ce sens qu'il y est une substance. La substance du pain est changée en la substance du Christ, non en étendue ou en quantité ; et la substance, il faut le

I « Manuel de Théol, » \. vu. part. 11. ch. iv.

reconnaître, est contenue dans un petit tout aussi bien que dans un grand endroit. La substance de l'air, par exemple, en petite ou en grande quantité ; celle de l'eau, renfermée dans un vase ou coulant dans une rivière, est nécessairement toujours la même. Dès lors, comme le Corps de Notre Seigneur succède à la substance du pain, nous devons affirmer qu'il est dans le Sacrement de la même manière que le pain était avant la consécration ; que la substance du pain fût présente en petite ou en grande quantité, c'est une question absolument indifférente. »

9. LES MYSTÈRES, BIEN QU'AU-DESSUS DE NOTRE INTELLIGENCE NATURELLE, NE SONT PAS IMPOSSIBLES

Le mystère de la sainte Eucharistie consiste principalement dans ces trois faits : (i) L'existence d'un corps humain sous les espèces d'un petit fragment de pain ; (2) l'existence des accidents du pain et du vin sans leur substance ; (3) la présence du Corps du Christ en plusieurs endroits à la fois.

Bien que tout cela dépasse notre intelligence naturelle, on ne peut pas démontrer qu'il y ait là rien d'impossible. Le mystère de l'Eucharistie, comme beaucoup d'autres mystères de notre religion, est au-dessus de l'intelligence humaine; et, par conséquent, la raison humaine est incapable d'y découvrir quelque répugnance ou la moindre contradiction. Pour en arriver là, il serait nécessaire de connaître parfaitement la nature de la substance, et de savoir aussi bien ce que c'est que l'état sacramentel. Tant que l'esprit humain n'aura pas ipleinement élucidé ces deux points, il ne pourra pas déclarer impossible la manière dont le Christ existe dans le Saint Sacrement.

10. — ON DOIT RENDRE A l'EUCHARISTIE L'ADORATION SUPRÊME, DUE A DIEU SEUL ; HYMNE DE L'EGLISE DANS LE SENS DE CETTE DÉVOTION.

Terminons ce chapitre en nous rappelant que, comme Jésus-Christ est présent dans l'Eucharistie, il y a droit aux plus hauts hommages de ses créatures, ■ — au même culte de latrie que les Anges et les Saints lui rendent dans le ciel. C'est ce qu'enseigne expressément le Concile de Trente. (Sess. XIII., ch. v). Le précepte d'adorer le Saint Sacrement est à la fois négatif et affirmatif ; — c'est-à-dire qu'il n'est jamais permis de rien dire ou rien faire de contraire à l'adoration qui lui est due, d'une part ; et que, d'autre part, nous devons lui offrir cette adoration toutes les fois que l'occasion s'en présente ; par exemple, lorsque nous visitons une église, lorsqu'on le porte en procession, ou comme viatique aux malades. Nous devons prendre garde qu'il n'y ait de notre part aucun manque d'attention ou de respect, quand nous sommes en présence de l'adorable sacrement ; éviter, soit pour nous, soit pour les autres, toute distraction volontaire qui pourrait offenser la présence divine. Voyons donc avec une foi vive tout ce que contient ce mystère ; voyons-y Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, restant avec nous par sa présence dans ce sacrement ; répétons-lui les paroles, exprimons-lui les sentiments de l'Eglise dans son hymne :

Adoro te devote, latens Deltas, Quce sub his figuris vere latitas :

Tibi se cor meum totum subjicit ; Quia te contemplans totum deficit :

Vùîis, tactus, gustus in te fallitur^ Sed auditu solo tuto creditur :

Credo quidquid dixit Dei Filius :

Nil hoc verho Veritatis verius.

In Criice latehat sola deitas :

At hic latet simul et humanitas :

Ambo tamen credens atque confitens, Peto quod petivit latro pœnitens,

Plagas, siciit Thomas, non intueoYy Deiun tamen meum te confiteor :

Fac me tibi semper m agi s credere y In te spent habere, te diligere.

O memoriale mortis Domini, Panis vivus, vitam prcestans homini, Prcesta meœ menti de te vivere.

Et te illi semper dulce saper e.

Pie Pellicane, Jesu Domine, Me immundum munda tuo sanguine, Ciijus una stilla sali iim fa cere Totum mundum quit ab omni sceîere.

Jesu, quem velatuni nunc aspicio, Oro, fiat illud quod tam sitio ; Ut, te revelata cernens facie.

Visu si m be a tus tuœ gloriœ. Amen.

Page 1