QUELQUES EXEMPLES A PROPOS DE CE MYSTÈRE
Le mystère de la Transsubstantiation n'est pas un de ceux dont nous pouvons nous faire une idée parfaite. 11 y a cependant des exemples qui nous aident à le mieux comprendre, et nous font mieux saisir la futilité des objections qu'on apporte contre la possibilité de ce mystère. Le pain et le vin se changent chaque jour en notre chair et en notre sang d'après les lois naturelles de l'alimentation. Dieu créa le premier homme immédiatement du limon de la terre. La verge de Moïse fut changée en serpent ; l'eau fut changée en vin aux noces de Cana ; l'épouse de Loth fut changée en une statue de sel. Ce sont là tout autant de changements ou de passages d'une substance en une autre.
7. autres mystères contenus dans ce sacrement, comme conséquence de la transsubstantiation, ou s'y rattachant.
Il y a d'autres merveilles contenues dans ce sacrement, et qui découlent comme conséquence de la Transsubstantiation. Leur considération excitera notre admiration pour la toutepuissance que Dieu manifeste dans ce mystère de notre sanctification et de son amour. Jésus-Christ, comme nous JjLYons dit, est tout entier présent sous chacune des espèces, 1 / et dans chaque hostie, d'une manière vivante. Lorsqu'on divise l'hostie, nous devons supposer que le Christ n'est pas divisé, mais seulement les espèces sacramentelles, selon les paroles de saint Thomas dans l'hymne Laiida Sion :
Nulla r Cl fit scissura, Sîgni tantum fit fractura.
Qua nec status, nec statura Si gnat i minuitur.
272 LES SACREMENTS EXPLiaUÉS
/ Le corps humain du Christ, avec toutes ses parties, existe,
sous la moindre parcelle du pain. Ce même Corps est en
même temps dans plusieurs endroits. Ce même Corps,
, pendant qu'il est là, sur la terre, à Tétat sacramentel et voilé
' sous les saintes espèces, est au ciel dans un état de gloire qui
lui est propre. Quant aux espèces elles-mêmes, c'est par un
/ miracle de la puissance divine que ces accidents subsistent
\ sans un sujet auquel ils adhèrent, et qu'ils sont capables de
\ recevoir toutes les formes et tous les changements qui
appartiennent à une substance, lorsqu'ils subissent quelque
changement ou la destruction dans Tordre naturel.
« Le Concile de Trente, » lorsqu'il définit le changement de substance, « a soin d'éviter de se servir du terme accident^ qui est le mot ordinaire de l'école et corrélatif de substance. Il parle de species (e''ôoç), apparences ou phénomènes. On admet communément, toutefois, que ce ne sont pas simplement des impressions subjectives ; mais que ces espèces ont une sorte de réalité correspondante. » ^