‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 172 sur 392 · SACRILEGE DE FONCTION ET SON CHATIMENT · texte numérisé non relu

SACRILEGE DE FONCTION ET SON CHATIMENT

Il est hors de doute que Cranmer et les Réformateurs anglais ont rejeté la doctrine catholique du sacerdoce chrétien, comme ils ont rejeté celle de la Présence réelle et du saint sacrifice de la messe , et qu'ils n'admettent le mot de « Sacerdoce » que dans un sens métaphorique. Il est certain aussi que l'Eglise n'a jamais admis la validité des ordres anglicans. Ils ont été tout récemment déclarés nuls et invalides par la Bulle Apostoîicœ Curœ de Léon Xlll, dont je parlerai plus longuement en traitant du sacrement de l'Ordre.

C'est pourquoi il sera fort à propos, pour les membres du clergé anglican qui oseraient maintenant dire la messe, et accomplir les autres fonctions sacerdotales ; comme il sera utile à ceux qui pourraient se laisser à leur suite induire en erreur, de lire l'extrait suivant du « Sacrilège de Fonction » et de son châtiment.

« Le sacrilège de fonction a lieu quand ceux qui n'y sont point appelés usurpent les fonctions du sacerdoce. Ainsi Gédéon fait un éphod, c'est-à-dire un ornement pontifical du tabernacle, non pas à Shilo, mais à Ephra, sa propre ville, où le peuple fut entraîné pour y rendre le culte, au lieu d'aller à Shilo où était le tabernacle. Cet acte, dit le texte, fut la ruine de Gédéon et de sa maison. Son fils Abimélech, se révoltant contre ses frères, en tua soixante-dix contre une pierre ; puis, une pierre lancée par une femme le frappa lui-même à la tête, et il fut enfin, sur son ordre, transpercé par son écuyer.

Saùl ose, de ses propres mains, offrir un sacrifice à Dieu en l'absence de Samuel. Le royaume est enlevé à sa famille, et

plus rien ne lui réussit. Il se plonge dans d'autres crimes, comme celui d'épargner Agag et ses troupeaux. Il est vaincu par les Philistins ; lui et trois de ses fils périssent dans la bataille. Un quatrième, Isboseth est trahi ; il est pendu avec sept autres pour apaiser les Gabaonites.

Osa, qui n'était pas lévite, étend la main et la porte sur l'arche pour l'empêcher de tomber. Il semble que c'était là un acte pieux ; et cependant, pour ce fait. Dieu le frappa immédiatement à mort.

Osias, malgré les prêtres, entre dans le sanctuaire pour y brûler de l'encens, fonction réservée uniquement aux prêtres. Cet acte, dit 1« texte, fut sa perte, car il pécha contre le Seigneur. Aussi, pendant -qu'il avait encore l'encens en mains pour le brûler, une lèpre lui couvrit subitement le front, au point qu'il fut obligé non seulement de quitter aussitôt le temple, mais de passer le restant de sa vie loin de toute société humaine. Et, à sa mort, il ne fut point enseveli dans le tombeau de ses pères, mais dans un champ, séparé d'eux pour toujours.

Que ceux qui usurpent des fonctions saintes considèrent si ces exemples ne les concernent pas. Semblables à Osa, ils portent les mains sur les choses sacrées, et plût à Dieu que leur crime ne fût pas plus énorme ! Comme Gédéon, ils causent la perte de leur propre héritage. A l'exemple de Saiil et d'Osias, ils s'arrogent les fonctions sacerdotales, car ils se disent pasteurs de paroisses, et doivent offrir des prières pour les péchés du peuple. » ^

I Voy. Spelman : « Histoire du Sacrilège, » §. 5.

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