TROIS MANIERES DE COMMUNIER
Pour expliquer cette question plus clairement il est nécessaire d'appeler notre attention sur les trois manières de communier. „ /^^
« Nos pères dans la foi, lisons-nous dans le Concile de k: Trente, distinguaient trois classes de communiants. Les uns ne reçoivent que le sacrement : ce sont les pécheurs qui ne^/V^ ^ ^ craignent pas d'approcher des saints mystères avec des lèvreSiV^J''*^ souillées, un cœur dépravé, et dont l'Apôtre dit « qu'ils mangent et boivent indignement. » ^
Saint Augustin en parle en ces termes: « Celui qui ne • demeure pas dans le Christ, et en qui le Christ ne demeure pas, très certainement ne mange pas sa chair spirituellement,
I I Cor. XI, 29.
lors même que, d'une manière visible et charnelle, il presse de ses dents le sacrement de sa chair et de son sang. » w^f^^^ïn conséquence, ceux qui reçoivent l'Eucharistie dans de .^^vA mauvaises dispositions, non seulement n'en retirent aucun fruit; mais selon l'expression de l'Apôtre, « ils mangent et boivent leur propre condamnation. » ^ On dit que d'autres ne reçoivent l'Eucharistie que spirituellement : ce sont ceux qui, l'âme excitée par les flammes vivifiantes de la foi, « travaillent selon la charité » ^ ; qui participent par l'ardeur des désirs à cet aliment céleste, et dont ils retirent les fruits, sinon dans leur plénitude, au moins dans une grande mesure. Enfin, il y a ceux qui reçoivent la sainte Eucharistie spiri- >f tuellement et sacramentellement, — ceux qui, suivant le conseil de l'Apôtre, s'éprouvent eux-mêmes, 3^ et s'approchent ensuite de ce divin banquet, revêtus de la robe nuptiale, et en retirent toute l'abondance des grâces dont nous avons parlé. Ceux, par conséquent, qui ont la facilité, après une préparation convenable, de recevoir le sacrement du corps et du sang de Notre Seigneur, et qui se contentent d'une communion spirituelle, se privent évidemment d'un trésor céleste dont le prix est inestimable. 4
Revenons à la première catégorie des communiants dont nous venons de parler, à ceux qui ne reçoivent que le sacrement^ et qui le reçoivent pour leur propre condamnation.
Dans l'hymne que l'Eglise chante à la messe pour la fête du Très Saint Sacrement, nous trouvons exprimé en tçrmes clairs et énergiques l'enseignement que nous avons exposé :
1 I Cor. XI, 29.
2 Gal. V. 6.
3 I Cor, XI. 28.
4 Catéch. du Conc. de Tr.: Sur lEucharistie.
Sumunt boni, sumunt mali ;
Sorte tamen ineqiiali,
Vitœ, vel interitus, , Mors est malis, vita bonis :
I Vide paris sumptionis \ Quant sit dispar excitas .