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QUAND SE PRODUISENT LES EFFETS DE LA COMMUNION

Tous les efïets de la sainte Eucharistie se reçoivent aussitôt que la communion est réellement faite. Des auteurs pensent qu'elle continue à augmenter la grâce aussi longtemps que les espèces subsistent, même après leur consommation. Tel serait le cas particulièrement, s'il y avait une grande ferveur et une vive dévotion chez le communiant pendant les quelques minutes qui suivent la réception du saint sacrement.

9. UNE BONNE COMMUNION EST L'ACTE LE PLUS GRAND DE RESPECT ET DE DÉVOTION ENVERS DIEU, ET LE PLUS AVANTAGEUX POUR NOUS.

Tout ce que nous avons dit au sujet des effets de la sainte Eucharistie doit nous laisser convaincus que, tandis qu'une communion indigne fait une si grave injure à ce sacrement divin, et un si grand tort à l'âme, une bonne communion est

le plus grand acte de respect et de dévotion envers Dieu, et du plus précieux avantage pour nous. C'est pour cela que nous devons avoir le désir le plus ardent de recevoir fréquemment ce pain de vie, afin qu'il soutienne la vie de notre âme, qu'il efface les restes de nos péchés passés et de nos ingratitudes, qu'il nous fortifie contre nos ennemis, et mette chacun de nous en état de dire dans l'union intime avec cet adorable sacrement : « Je vis ; ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. » ^

Terminons ce chapitre par les paroles du pieux Thomas à Kempis : ^

« Voici que je viens à vous. Seigneur ! pour profiter de votre don, et me réjouir à ce saint banquet, que, dans votre tendresse, vous avez préparé, ô Dieu, pour le pauvre.

« Voilà qu'en vous est tout ce que je puis et ce que je dois désirer.

« Vous êtes mon salut et ma rédemption, mon espérance et ma force, mon honneur et ma gloire.

« Réjouissez donc aujourd'hui l'âme de votre serviteur ; car vers vous^ Seigneur ]ésns^ j'ai élevé mon âme. (Ps. lxxxv. 3). « Je désire maintenant vous recevoir avec dévotion et avec respect ; je souhaite vous introduire dans ma maison, pour mériter d'être béni par vous, comme Zachée, et d'être mis au nombre des enfants d'Abraham. (St. Luc. xix.)

« Mon âme soupire après vous, mon cœur brûle d'être uni à vous.

« Donnez-vous à moi, et il me suffit ; car, hors de vous, toute consolation est impaissante.

1 Gal. I. 20.

2 « Imitât, de J.-Ch., » 1, iv. c. m.

« Je ne puis être sans vous, et, si vous ne me visitez, il m'est impossible de vivre.

« Il faut donc que je m'approche de vous fréquemment, et que je vous reçoive comme le soutien de ma santé ; de peur que, privé de l'aliment céleste, je ne tombe de défaillance dans la voie.

« C'est ainsi, très miséricordieux Jésus ! que, préchant aux peuples et guérissant leurs diverses maladies, vous avez dit un jour :

« Je ne veux pas les renvoyer à jeun en leurs maisons^ de peur qiCils ne défaillent dans le chemin. (St. Mat. xv. 32).

« Usez-en donc ainsi avec moi, vous qui, pour la consolation des fidèles, vous êtes laissé vous-même dans le sacrement.

« Car vous êtes la douce nourriture de l'âme ; et celui qui vous mangera dignement aura part à l'héritage de la gloire éternelle.

« Qu'il m'est nécessaire, à moi qui tombe et pèche si souvent, qui suis sitôt languissant et abattu, de me renouveler, de me purifier et de m'enflammer par des prières et des confessions fréquentes, et par la sainte réception de votre corps sacré; de peur que, m'en abstenant trop longtemps, je n'abandonne mes saintes résolutions.

« Car les sens de Vliomme inclinent au mal dès sa jeunesse (Gen. VIII. 21) ; et si ce divin remède ne le soutient, il tombe bientôt dans de plus grands maux.

« Ainsi la communion retire du mal et affermit dans le bien.

« Si donc je suis maintenant si souvent négligent et tiède, quand je communie ou que je célèbre le saint sacrifice, que serait-ce si je ne prenais ce remède et si je ne cherchais un si puissant secours.

« Et quoique je ne sois pas disposé tous les jours, ni assez bien préparé pour célébrer, j'aurai soin cependant d'approcher de ces divins mystères aux temps convenables, et de participer à une grâce si grande.

« Car la principale. Tunique consolation de l'âme fidèle, tant qu'elle erre loin de vous^ dans un corps mortel (Il Cor. v, 6), est de se souvenir souvent de son Dieu et de recevoir son bien-aimé avec ferveur.

« O merveilleuse condescendance de votre tendresse pour nous! Vous, Seigneur Dieu, créateur et vivificateur de tous les esprits, vous daignez venir à une pauvre âme, et, avec votre divinité et votre humanité tout entière, rassasier sa faim.

« O heureux l'esprit, heureuse l'âme qui mérite de vous recevoir pieusement, vous, son Seigneur et son Dieu, et, en vous recevant, d'être remplie d'une joie spirituelle.

« Oh ! qu'il est grand le Seigneur qu'elle accueille ! que cet hôte qu'elle loge est aimable ! qu'il est doux le compagnon qu'elle se donne ! qu'il est fidèle l'ami qu'elle reçoit ! qu'il est beau et noble l'époux qu'elle embrasse par dessus toutes les choses aimées et tout ce qu'il y a d'aimable !

<^ Que le ciel et la terre, et toute leur magnificence se taisent devant vous, ô mon bien-aimé ! Car tout ce qu'ils ont d'éclat et de beauté, est un bienfait de votre libéralité, et ils n'atteindront jamais à la beauté de votre nom, vous dont la sagesse est infinie. » (Ps. 146, 5).

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