SACRIFICE DE PROPITIATION ET DE SATISFACTION
Nous offrons le sacrifice de la messe à Dieu afin d'apaiser et satisfaire sa divine justice pour les péchés que nous avons commis. A la messe, nous offrons « l'agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, » dont le sang crie vers le ciel, non pas vengeance comme le sang d'Abel, mais grâce et miséricorde. Jésus-Christ lui-même le déclare par les paroles que le prêtre prononce chaque fois qu'il célèbre la sainte messe : « Ceci est mon sang répandu pour vous et pour beaucoup, pour la rémission des péchés. » Le Concile de Trente ^ a formellement défini que la messe est non seulement un sacrifice de louanges, mais aussi de propitiation, car on y offre une victime d'expiation pour le monde entier et pour les âmes de tout le genre humain.
« Le côté propitiatoire qu'a pour le péché le sacrifice eucharistique demande une explication particulière. La doctrine du Concile sur la justification montre que dans
I CoNC. Trid. Sess. XXII, can. 3.
l'ordre actuel des choses, il n'y a pas d'autres moyens ordinaires de sanctification immédiate que les actes person- , nels du pécheur {ex opère operantis)^ ou l'efficacité des sacrements {ex opère operato). D'où il suit que l'Eucharistie, en tant que sacrifice, n'a pas été instituée dans le but de communiquer la grâce habituelle ; autrement, le sacrifice serait un sacrement de la nouvelle loi. D'autre part, l'Eglise universelle proclame bien haut que l'Eucharistie est « une propitiation pour les péchés. » Pour accorder ces deux enseignements, le dernier doit se prendre dans ce sens, non pas que la messe communique immédiatement la sanctification, mais qu'elle est une supplication adressée à Dieu, qui, abaissant un regard favorable vers le pécheur, le pousse par les moyens ordinaires au repentir et à la justification. Tel est l'enseignement du Concile de Trente. Le saint Synode
affirme que ce sacrifice est réellement propitiatoire Dieu,
en effet, apaisé par cette oblation, accorde la grâce et le don du repentir, et pardonne les crimes, même les plus graves forfaits. ^ Bien qu'il s'agisse ici principalement du péché mortel, nous pouvons appliquer le même principe aux péchés véniels. Ils sont aussi remis ex opère operato, parce que la justice divine, apaisée par le sacrifice, ne punit pas les péchés véniels en retirant la grâce, mais continue à procurer les secours suffisants pour éviter le péché mortel et pour se repentir du péché véniel. » ^
1 CoNC. Trid. Sess. XXII, cap. ii.
2 Voy. (( Manuel de Thcoî. Cath. », part, ii., ch. v. §. 266.
^"-,6 LES SACREMENTS EXPLiaUÉS