‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 218 sur 392 · SACRIFICE d'IMPÉTRATION · texte numérisé non relu

SACRIFICE d'IMPÉTRATION

La messe est un sacrifice d'impétration, — c'est-à-dire un sacrifice par le moyen duquel nous pouvons obtenir de Dieu toutes les grâces et toutes les faveurs qui sont nécessaires ou utiles, soit pour Tâme, soit pour le corps, pour notre bien ^ spirituel et temporel. De là les paroles de saint Jérôme : « Il n'y a pas de doute que le Seigneur nous accorde toutes les grâces que nous lui demandons à la messe, pourvu qu'elles nous soient utiles ; et, ce qui est encore plus merveilleux, il nous accorde très souvent de lui-même des faveurs que nous ne sollicitons pas. »

A la messe, Jésus-Christ prie lui-même pour nous, et il est tout-puissant auprès de son Père céleste.

Le vénérable père Avila avait coutume de s'écrier : « Oh ! que je suis heureux pendant la sainte messe ! Quelque immenses que soient mes besoins, pourvu que je puisse seulement célébrer la sainte messe, je recevrai aide et protection ; car, quand j'ai Jésus-Christ devant moi sur l'autel, j'obtiens tout ce que je veux ou que je désire. »

« La sainte messe fait à Dieu le plus grand honneur qu'on puisse lui rendre ; rien n'affaiblit à ce point la puissance de Satan, ou n'apporte un plus grand soulagement aux âmes du purgatoire. Elle est le moyen le plus efficace d'apaiser la colère de Dieu irrité contre les pécheurs, et elle procure aux humains les plus précieux avantages spirituels pendant cette vie. » (S. Alph.)

Thomas à Kempis s'exprime ainsi : « Pendant qu'on offre ]a messe, la Sainte Trinité reçoit honneur et louanges; les anges se réjouissent; l'Eglise édifiée reçoit secours et grâces;

les pécheurs obtiennent repentir et pardon ; les âmes du purgatoire, rafraîchissement et repos ; et ceux qui offrent le sacrifice, comme ceux qui y assistent convenablement, obtiennent un puissant remède contre leurs fautes et leurs infirmités de chaque jour. »

6. MANIÈRE DONT LA MESSE PRODUIT SES EFFETS : (l) EN GÉNÉRAL. (2) EN PARTICULIER.

On peut se demander de quelle manière le sacrifice de la messe produit ces différents effets ?

(i) Généralement parlant, elle produit ces effets ex opère opcraio^ selon l'expression des théologiens ; — c'est-à-dire en vertu de l'acte lui-même, indépendamment de la dignité et de la dévotion du ministre, et de la personne pour laquelle elle est offerte. Mais si on l'offre avec la piété voulue et avec les dispositions convenables, alors, elle produit aussi ces effets ex opère operantis, comme toute autre bonne œuvre.

(2) Si on parle des effets en particulier, ceux qui regardent Dieu, tels que les effets Latreutiques et Eucharistiques, elle les produit ex opère operato immédiatement et infailliblement. Quant aux effets qui nous concernent, elle les produit ex opère operantis^ les uns immédiatement^ les autres médiatement^ les uns infailliblement^ d'autres non infailliblement. ,

Ainsi (i) elle ne produit la rémission des péchés que (j^ ^^, médiatejnent, et elle produit ainsi la rémission non seulement y^i/)^*^ des péchés mortels, mais aussi des péchés véniels, en dispo- Wa^ saut Dieu à accorder au pécheur la grâce du repentir. ^''*

Le Concile de Trente ^ enseigne que le Seigneur, apaisé par ce sacrifice, accorde la grâce et le don du repentir, remet les péchés, et même les plus grands crimes.

Le saint Sacrifice augmente aussi la grâce sanctifiante d'une manière intermediate ; ce qui veut dire qu'il confère les grâces actuelles qui nous permettent d'accomplir de bonnes œuvres par lesquelles nous méritons une augmentation de la grâce sanctifiante.

(il) Au contraire, il produit immédiatement les grâces

*-' i^/^actjjelles, la délivrance des maux et des calamités publiques

'**^^ ^^^ et privées, comme toutes les bénédictions temporelles qu'on

^'^ implore ; ainsi il nous dispose au salut. De la même manière,

il opère ou produit immédiatement la rémission des peines

temporelles dues aux péchés.

(iii) L'effet satisfactoire pour les justes, aussi bien pour les vivants que pour les morts, est également infaillible. Ce n'est pas à dire qu'un seul sacrifice remette la peine complète. S'il s'agit des vivants, la rémission du châtiment temporel est en raison de leurs dispositions ; pour les morts, la rémission est selon la mesure déterminée par la justice et la sagesse divine. C'est pourquoi le Concile de Trente dit que les âmes du purgatoire sont secourues, ou libérées par le saint Sacrifice de la messe.

(iv) Les effets propitiatoires et impétratoires ne sont pas infaillibles, parce que la rémission des péchés, l'accroissement de la grâce, les autres biens spirituels et temporels, ne sont pas infailliblement accordés. La raison en est que souvent, la personne pour laquelle on demande ces faveurs, met

I CONCIL. TrID. SeSS. XXII, Ch. XI.

obstacle à la grâce de Dieu. Il faut cependant excepter la grâce actuelle qui, dans une certaine mesure, est toujours accordée : d'où Ton peut conclure que la satisfaction pour les défunts est plus certaine que Timpétration pour les vivants. Néanmoins, il vaut mieux faire dire des messes pour nous de notre vivant ; car, avant tout, il est important de s'assurer une bonne mort.

Aussitôt que le sacrifice est complété, — c'est-à-dire, dès que les deux espèces sont consacrées, — suivant l'opinion commune des docteurs, il confère les grâces qu'il produit infailliblement, autrement dit, il produit ses effets latreutiques et eucharistiques, et aussi ses effets satisfactoires pour les vivants et pour les morts. Les autres, les effets propitiatoires et impétratoires^ ne sontpas toujours immédiatement produits, parce qu'il peut y avoir un obstacle, ou une raison de délai.

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