I. LA CONTRITION : DÉFINITION ET EXPLICATION
« La contrition est une douleur sincère causée par les péchés qu'on a commis, parce qu'ils offensent un Dieu si bon, et à laquelle s'ajoute le ferme propos de se corriger » ; ou encore : « La contrition est une douleur et une detestation du péché parce qu'il offense Dieu, avec la ferme résolution de ne plus pécher à l'avenir. »
« Contrition » vient du latin conterere^ qui signifie broyer ou briser. La contrition indique donc le brisement du cœur causé par la douleur d'avoir péché ; comme on dit que quelqu'un a le cœur brisé ou broyé, pour indiquer une vive douleur ou un chagrin profond.
On dit que la contrition est une douleur et une detestation du péché; ce qui signifie qu'il y a chagrin et detestation réunis, d'où naît la contrition. La detestation veut dire une haine sincère du péché. La douleur indique une peine de l'âme, un regret réel et un véritable ennui causés par les péchés qu'on a commis.
Cette douleur doit être accompagnée du ferme propos de se corriger, ou de la résolution de ne plus pécher.
Il est plus probable qu'il n'y a pas besoin que cette résolution soit explicite, — au moins lorsque le pénitent ne pense pas explicitement à l'avenir. Il suffit qu'elle soit implicitement contenue dans la vraie et sincère douleur que le pénitent éprouve à cause de ses péchés.
Saint Thomas nous dit que si une personne pèche ensuite, en acte ou en intention, cela ne prouve pas que sa contrition n'était pas réelle et sincère. De même qu'il court véritablement Thomme qui s'assied ensuite, ainsi se repent véritablement et sincèrement celui qui retombe plus tard dans le péché. ^ Il s'en suit que trois choses sont unies dans la contrition : la douleur, la detestation, et la résolution de ne plus pécher. L'essence de la contrition consiste dans la douleur ; mais celle-ci présuppose la detestation ou la haine, d'où découle nécessairement la résolution de se corriger.