‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 243 sur 392 · PRÉCEPTE DE LA CONTRITION, ET QUAND IL OBLIGE · texte numérisé non relu

PRÉCEPTE DE LA CONTRITION, ET QUAND IL OBLIGE

Le précepte naturel et divin de la contrition oblige de sa nature (per se) un pécheur en danger de mort. Ce point est admis comme certain par tous les auteurs.

Le précepte ecclésiastique de la confession annuelle oblige le pécheur à se repentir au moins une fois l'an.

Il n'est pas certain que la loi naturelle et la loi divine obligent un pécheur à faire un acte de contrition hors le danger de mort. Q.uant à la question de savoir si différer, pendant un temps notable, de faire un acte de contrition après avoir péché, constitue un péché spécial contre le précepte de la contrition, saint Alphonse le nie ; = mais il ajoute qu'un délai notable, dans ce cas, serait contraire au précepte de la charité envers Dieu et envers soi-même.

Les auteurs ne s'accordent pas, quand il s'agit de déterminer quel laps de temps est un délai notable. Quelques-uns parlent d'une semaine ; quelques autres d'un ou de plusieurs mois. D'autres enfin disent qu'on satisfait au précepte par la

1 CoNC. DE Tr., sess. VI., can. 3.

2 S. Alph. n. 437.

confession annuelle, et l'Eglise ne demande pas davantage. Saint Alphonse est entièrement de cette opinion, et il ajoute que, en raison de leur bonne foi, les pécheurs sont excusés de péché sur ce point, parce que la plupart ignorent ce précepte.

Le précepte de la contrition oblige accidentellement, per accidens, chaque fois qu'un autre précepte qu'on ne peut pas remplir sans être en état de grâce, devient urgent^ comme par exemple, s'il y a obligation de recevoir un sacrement des vivants.

Cette contrition, ou ce repentir intérieur, doit durer toujours, même jusqu'à la fin de la vie. Un homme devrait toujours être peiné de s'être séparé de Dieu par le péché, et d'avoir par-là retardé sa marche vers le ciel. Il n'est pas nécessaire que cette peine soit toujours en acte, parce que ce n'est pas possible ; mais l'habitude ou la vertu du repentir doit toujours subsister au point que rien, en acte ou en pensée, ne vienne détruire cette dispositionde l'âme pénitente, de sorte qu'elle garde toujours la résolution du repentir et de la detestation des péchés passés. ^

Il n'en est pas moins vrai quand même, que, plus souvent on fait des actes de repentir sur ses péchés passés, mieux cela vaut, et cette pratique ne peut que favoriser le progrès spirituel, pourvu qu'on ne néglige pas les actes des autres vertus.

La contrition ne peut exister que dans la vie présente. Au ciel, les élus ne peuvent éprouver ni douleur ni chagrin, par suite de la plénitude de leur joie et de leur félicité. Quant aux âmes des damnés, elles éprouvent en enfer du chagrin

I S. Thom. p. 3, Q. 84. A. 9.

404 LES SACREMENTS -EXPLiaUÉS

et des douleurs amères ; mais cette douleur n'est pas la contrition dont nous parlons ici : elle ne procède pas d'un motif surnaturel, ni d'un principe de la grâce, et n'est point informée par la charité. Les âmes du purgatoire ont de leurs péchés une contrition informée par la charité ; mais cette contrition des trépassés n'est pas méritoire, parce que personne ne peut mériter après la vie d'ici-bas.

Page 1