‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 247 sur 392 · SURNATURELLE · texte numérisé non relu

SURNATURELLE

Il faut cependant qu'elle procède d'un motif et d'un principe surnaturels ; — c'est-à-dire, qu'elle soit surnaturelle dans sa source. Il faut qu'elle soit conçue avec l'aide de la grâce, au moins de la grâce actuelle, et d'après un motif connu par les lumières de la foi et appartenant au salut, comme, par exemple, la crainte de l'enfer, que la foi nous enseigne être le châtiment éternel du péché.

Une douleur naturelle, quelque louable qu'elle soit, une douleur causée, par exemple, par la perte des biens temporels, ne suffirait donc pas. Une proposition affirmant le contraire a été condamnée par Innocent XI.

Cette attrition, pour obtenir la rémission du péché, doit exclure la volonté de pécher. D'où il suit que l'attrition, qu'on appelle serviliter servilis^ et qui consiste à regretter le péché par crainte de l'enfer, de telle sorte qu'on se livrerait au péché, si les châtiments éternels n'existaient pas, cette attrition ne serait point suffisante. Elle le serait, si cette crainte de l'enfer faisait renoncer au péché et enlevait toute volonté de le commettre, lors même qu'il n'y aurait pas de châtiments ultérieurs.

Pour que la contrition obtienne le pardon des péchés^ il n'est point nécessaire d'en arriver à un degré particulier de

charité au point de vue de l'intensité, pourvu que la contrition ait pour principe la charité et Tamour de Dieu par-dessus toutes choses. Peu importe la faiblesse de la douleur, pourvu que la contrition soit réelle, elle suffit pour la rémission des péchés. ^

L'attrition dont je parle renferme un commencement d'amour de Dieu (i) dans la crainte de la vengeance divine, selon l'expression du prophète : « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. » ^ (2) Dans l'espérance du pardon, par laquelle nous comi7îençons à aimer Dieu comme la source de toute justice^ — c'est-à-dire, comme l'Auteur de la justification de tous les hommes. (3) Dans l'espérance de la béatitude éternelle ; cette espérance nous porte vers Dieu comme vers notre bien, et ainsi nous commençons à aimer Dieu.

C'est pourquoi, dans le Sacrement de pénitence, nous n'exigeons pas une contrition initiale quelconque, comme on l'appelle, car la contrition véritable justifie par elle-même, tandis que Vattrition^ telle que nous l'avons représentée plus haut, est ce qu'il y a d'absolument requis pour recevoir validement ce sacrement.

Inutile d'ajouter que tous les pénitents devraient faire les plus grands efforts possibles pour avoir la contrition, et employer tous les moyens en leur pouvoir, afin d'exciter dans leur âme une douleur parfaite de leurs péchés avant d'aller se contesser.

Q.ue la contrition soit parfaite ou imparfaite, elle doit avoir les quatre qualités suivantes pour justifier le pécheur.

I. S. Thum,, Suppl., Q. 5, A. 3 — in C. — Voy. S. Alph. n. 441 et s.

Page 1