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S'il faut confesser les circonstances du péché

Les théologiens comptent seize qualités appartenant à une bonne confession; si toutes ne sont pas indispensables, toutes sont au moins fort à désirer. Comme plusieurs sont comprises dans les autres, et qu'elles ont forcément entre elles des points de ressemblance, il suffira d'en expliquer trois qui les renferment toutes.

I. TROIS PRINCIPALES QUALITÉS D'UNE BONNE CONFESSION: (l) ELLE DOIT ÊTRE HUMBLE, (i) UNE CONFESSION PEUT- ELLE ÊTRE valide et incomplète! (ii) la contrition

DOIT-ELLE PRÉCÉDER LA CONFESSION? (2) LA CONFESSION DOIT ÊTRE FIDÈLE. DIFFÉRENTES SORTES D'HYPOCRISIE AU CONFESSIONNAL. (3) LA CONFESSION DOIT AVOIR L'INTÉ- GRITÉ — FORMELLE ET MATÉRIELLE. CAUSES QUI EXEMPTENT DE l'intégrité MATÉRIELLE.

La confession doit avoir trois qualités principales : elle doit être humble^ fidèle et entière:

(1) Humble^ ce qui veut dire, accompagnée de la contrition parfaite ou imparfaite^ comme nous l'avons dit.

(2) Fidèle^ c'est-à-dire, vraie et sincère.

(3) Entière, c'est-à-dire, être l'aveu de tous les péchés commis après le baptême, et non encore confessés.

(i) Htii7ible. Sur ce point, se présentent deux ou trois questions qui n'ont pas trouvé place en parlant de la contrition.

(i) Une confession incomplète ou infructueuse qui manque de la contrition voulue, peut-elle cependant être valide, de sorte qu'il ne soit pas nécessaire de la refaire ultérieurement ? En d'autres termes: le sacrement de pénitence peut-il être valide et incomplet, de telle sorte qu'il revive quand l'obstacle est écarté? Saint Alphonse pose le cas en ces termes, ^ Une personne a commis deux péchés mortels, l'un de vol, l'autre de parjure. Elle ne se rappelle et ne confesse que le vol, faisant un acte de contrition, non d'après un motif universel,

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mais d'après le motif particulier de la laideur du vol au point de vue surnaturel.

Saint Alphonse regarde comme plus probable l'opinion qui admet qu'une confession semblable est valide, ou que le Sacrement de pénitence peut-être valide, quoique irrégulier et infructueux.

(ii) On peut demander si la contrition doit précéder non seulement l'absolution", mais même la confession.

Il n'est pas nécessaire que la contrition précède la confession ; mais il suffit que l'acte de contrition soit fait avant l'absolution. C'est pour cela que le Rituel dit : « Après avoir entendu la confession, que le confesseur s'efforce par des paroles efficaces d'inspirer au pénitent le repentir et la contrition. »

La contrition peut, cependant, précéder la confession ; mais on ne saurait déterminer combien de temps elle devrait durer ; — c'est-à-dire, si l'acte de contrition fait un ou plusieurs jours à l'avance, servirait au point qu'il ne fût pas nécessaire de le renouveler, au moment de la confession. Si on fait l'acte de contrition avec l'intention de se confesser, il durerait plus longtemps ; ou s'il se continuait virtuellement par d'autres moyens, tels que la prière, la fuite des occasions, etc..

L'opinion la plus probable ^ est qu'il n'est point nécessaire que l'acte de contrition soit fait avec l'intention de se confesser ; bien que l'opinion contraire soit probable, et qu'on doive la suivre en pratique.

Dans le cas où le pénitent, aussitôt après l'absolution, confesse un péché oublié, est-il obligé de faire un nouvel

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acte de contrition? Selon renseignement de saint Alphonse, ^ l'opinion la plus commune est que ce n'est pas nécessaire ; bien que l'opinion contraire, même dans ce cas, soit probable, il est plus probable encore qu'on doit s'y conformer dans la pratique. Toute difficulté sera facilement écartée par le confesseur, s'il rappelle au pénitent, avant de lui donner l'absolution, qu'il doit renouveler son acte de contrition.

(2) Fidélité de la confession. — On entend par là qu'on doit accuser ses péchés avec vérité et sincérité, tels que la conscience les connaît.

A la fidélité sont opposés le manque de sincérité et l'hypocrisie. En même temps que cette question, nous avons à étudier quelle est la nature du péché que constitue un mensonge dit en confession.

Un mensonge dit au saint tribunal, en s'accusant d'un j^£'V/zé? mortel qu'on n'a pas commis, ou en niant un péché qui devrait être accusé, est un double péché mortel, — un sacrilège par suite d'une grave injure faite au sacrement, et un péché de mensonge, par suite du tort grave que se cause le pénitent.

Un mensonge par lequel on s'accuse d'un péché véniel non commis, — à moins qu'il ne soit la seule matière du sacrement, — ou par lequel on nie un péché véniel commis, ne constitue pas une faute qui aille au-delà du péché véniel.

Un mensonge qui a pour objet des choses n'appartenant pas à la confession, n'est qu'un péché véniel, lors-même qu'il est dit en confession.

L'hypocrisie au confessionnal peut avoir lieu de différentes manières :

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(i) En s'adressant à divers confesseurs, et avouant à l'un les péchés véniels, et à un autre les péchés mortels-En soi, il n'y a pas là faute mortelle, pourvu qu'on n'ait pas caché un péché grave en confession.

(ii) En prétendant faire une confession générale, et omettant néanmoins de propos délibéré d'accuser des fautes graves qui, cependant, ont déjà été confessées, et qu'on n'est pas obligé de déclarer.

«Il n'y a là aussi qu'un péché véniel ; il n'y aurait même pas faute, si on avait de bons motifs d'en agir ainsi.

(iii) En confessant un péché omis involontairement dans une confession antérieure, comme récemment commis, ou vice versa JZt. genre d'hypocrisie est de sa nature un péché mortel.

(iv) En confessant un péché mortel qui n'a jamais été avoué, comme s'il avait déjà été confessé et remis ; ou en accusant un péché déjà confessé et directement pardonné, comme s'il n'avait encore jamais été confesséJDans le premier cas, c'est tromper sérieusement et il y a faute gravé f dans le second il n'y a que péché véniel."^ ' ., . J^ ^c/o':.jrs/j

(3) Intégrité de la confession. — Intégrité matérielle et intégrité formelle.

'Vintégrité matérielle est la confession faite à un seul et même confesseur de tous les péchés mortels qu'on a commis, et qui n'ont pas encore été confessés.

\S intégrité formelle est la confession faite à un seul et même prêtre de tous les péchés mortels qu'on reconnaît avoir commis, après un sérieux examen de conscience, et qu'il est physiquement et moralement possible (hic et mine) de déclarer.

Cette intégrité formelle est absolument reqaise pour la confession, et elle suffit.

L'intégrité matérielle, bien que de précepte divin, n'est cependant pas toujours possible ; et il peut se faire que certaines causes exemptent le pénitent de l'intégrité matérielle.

Ces causes sont :

(i) L'oubli, l'inadvertance et autres causes, qui sont naturelles, et ne sont pas gravement coupables.

(ii) L'impossibilité physique, comme dans le cas d'une personne mourante.

(iii) L'impossibilité morale ; par exemple, si l'on avait lieu de craindre un grave danger pour le confesseur ou pour le pénitent.

Un trop grand concours de personnes à entendre n'est pas un motif suffisant pour dispenser de l'intégrité de la confession, comme le déclare une proposition condamnée par Innocent XI.

Pour l'intégrité de la confession, il est nécessaire d'accuser tous ses péchés mortels, d'en déclarer r^5/)^'<;^ et le nombre.

2. PÉCHÉS DONT IL FAUT CONFESSER (l) L'ESPECE ; (2) LE NOMBRE

(1) L espèce. Il ne suffit pas de l'énoncer en général ; par exemple, un homme qui a volé son semblable, qui en a calomnié un autre, et tué un troisième, ne pourrait pas se confesser seulement de s'être rendu coupable trois fois d'une grave injure envers son prochain. De même, pour des fautes contre la chasteté, il ne suffirait pas de s'accuser en général d'avoir violé le sixième commandement ; il est nécessaire de dire si c'est un péché de fornication, d'adultère, ou de sacrilège, etc..

(2) Le nombre. 11 doit être certain et défini, aussi exact que possible, de telle sorte que tout soit confessé. Lorsque le pénitent ne sait pas exactement le nombre des péchés qu'il a commis, il doit dire le nombre aussi rapproché que possible, et ajouter environ cinq, dix ou quinze fois, plus ou moins ; ou encore, tant de fois par jour, par semaine, ou par mois.

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