‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 257 sur 392 · OBLIGATION DE LA CONFESSION. PÉCHÉS DOUTEUX · texte numérisé non relu

OBLIGATION DE LA CONFESSION. PÉCHÉS DOUTEUX

Quelques difficultés au sujet des péchés douteux et des circonstances des péchés demandent une explication.

Les péchés douteux. Ou il s'agit d'un péché qu'on doute avoir commis, ou bien l'on doute si le péché commis est mortel ou véniel. Dans des cas de ce genre, les théologiens antiprobabilistes disent que tout péché douteux doit être confessé comme douteux. Saint Alphonse et tous les probabilistes affirment qu'il n'y a aucune obligation de confesser des péchés de ce genre, lorsque le doute est positif, — c'est-à-dire, lorsqu'il y a des raisons ^6'î/r et contre. Mais si le doute est négatif^ si on doute que les fautes soient graves, et qu'il n'y a pas de solides raisons pour faire supposer que les péchés commis ne sont pas graves, alors, d'après l'opinion la plus commune et qui est très probable, on doit confesser ces péchés. Cependant, saint Alphonse dit ^ que, en pratique, on doit conseiller aux pénitents de confesser leurs péchésdouteux, qu'ils lesoient positivement ou négativement, puisque c'est l'unique moyen d'assurer la tranquillité de la conscience. C'est aussi se garantir contre toute erreur, car il est difficile, même pour un théologien habile, de décider dans certains cas si un péché est mortel ou véniel. Il n'est

donc pas sûr pour les pénitents de s'en rapporter à leur appréciation personnelle dans des cas de ce genre, qui intéressent à ce point leur salut et la digne réception du sacrement de Pénitence. Il faut excepter de cette règle les personnes scrupuleuses et d'une conscience timorée, auxquelles on ne doit pas permettre de se confesser de tous leurs doutes.

Un autre cas se présente relativement aux péchés douteux : des péchés mortels ont certainement été commis, mais on doute si on s'en est confessé ou non. Dans ce cas, on doit confesser les péchés de ce genre, selon le principe de la possession, parce que l'obligation de la confession est certaine, et son accomplissement n'est que douteux. Toutefois, nous devons, ici encore, excepter (i) les personnes scrupuleuses ; (2) celles qui ont toujours apporté la diligence voulue dans leurs confessions, et dont le doute porte sur un péché commis depuis longtemps ; (3) celles qui ont fait une confession générale après avoir soigneusement examiné leur conscience, surtout si elles ont déjà une fois ou deux réparé les défauts qui auraient pu se présenter dans l'intégrité de leurs confessions antérieures. On ne doit pas permettre aux pénitents de revenir continuellement sur leur vie passée, parce qu'il est certain que commettre un péché impressionne plus fortement l'esprit que le confesser^ et qu'on oublie plus facilement la confession d'une faute que l'acte coupable qui Fa causée.

Les auteurs ne s'accordent pas pour dire si on doit confesser de nouveau un péché confessé comme douteux et qu'on reconnaît ensuite comme certain. Saint Alphonse est pour l'affirmative, et il en donne cette raison que le péché doit se confesser tel que la conscience le reconnaît. Tous s'accordent.

en pratique, pour dire qu'il faut confesser cette faute maintenant comme mortelle, et qu'on ne connaissait auparavant que comme douteuse : c'est beaucoup plus sûr.

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