CHAPITRE PREMIER
j^ATURE ET Institution
1. L'Extrême-Onction est un sacrement institué par notre divin Sauveur
pour les besoins spirituels des malades.
2. L'Extrême-Onction considérée comme sacrement, (i) Nature et institu-
tion. (2) Matière et forme. (3) Le ministre, et obligation d'administrer ce sacrement.
I . L EXTREME-ONCTION EST UN SACREMENT INSTITUE PAR - NOTRE DIVIN SAUVEUR POUR LES BESOINS SPIRITUELS DES MALADES.
Notre divin Sauveur, ayant pourvu à tous nos besoins spirituels pendant le cours de la vie, a voulu nous préparer un secours pour l'heure de la mort, pour cet instant où nous
avons les besoins les plus graves et qui est le plus périlleux de notre existence. De même qu'il a institué le baptême pour effacer le péché originel, la confirmation pour nous rendre parfaits chrétiens, la Sainte-Eucharistie comme aliment de notre vie spirituelle, et la pénitence pour le pardon de nos péchés actuels, ainsi il a établi Textrême-onction pour nous fortifier à la fin de nos jours.
C'est le dernier des Sacrements que l'Eglise administre à ses enfants. Ce sacrement est placé après la pénitence, parce qu'il en est le complément et la consommation, dans le même sens et pour la même raison que la confirmation vient après le baptême.
Comme ce sacrement se confère à un moment où l'on est, en général, incapable de s'en instruire, et d'en comprendre des explications détaillées, il est nécessaire de profiter du temps où l'on est en bonne santé, pour apprendre tout ce qu'on doit savoir et faire à l'heure de la mort. Nous allons donc étudier ce sacrement avec soin et y apporter une attention toute particulière. Il est important de bien vivre, oui, mais il est encore plus important de bien mourir; car, d'une bonne ou d'une mauvaise mort dépend notre éternité heureuse ou malheureuse.
Dans toutes vos occupations^ dit l'Ecclésiastique, pense^ à vos fins dernières et vous ne péchere^ point. A propos de ces paroles, dans son introduction à ce sacrement, le Catéchisme du Concile de Trente, s'exprime en ces termes : « Ce texte donne au pasteur le secret avertissement de ne manquer aucune occasion d'exhorter les fidèles à la méditation constante de leurs fins dernières. Le sacrement d'Extrême-Onction, par cela même qu'il est inséparablement uni à cette terrible pensée, devrait évidemment être le thème de fréquentes
l'extrême-onction 493
instructions ; non seulement parce qu'il est de la plus haute utilité de développer les mystères du salut, mais aussi, parce que la mort, sort inévitable de tous les humains, est le frein le plus efficace à la licence des passions mauvaises, lorsque les fidèles en ont fréquemment la pensée devant les yeux. Alors, les terreurs de la prochaine dissolution les effraieraient moins ; et ils se sentiraient portés à exprimer, par des louanges sans fin, leur reconnaissance envers Dieu, dontla bonté a voulu, non seulement nous ouvrir les sentiers de la vraie vie par le baptême, mais a daigné encore instituer ce sacrement de TExtréme-Onction, afin de nous ménager, à notre départ de cette vie mortelle, un accès plus facile au ciel. » ^
2. l'extrême-onction considérée comme sacrement, (l) nature et institution. (2) matière et forme. (3) le ministre, et obligation d'administrer ce sacrement.
Afin de suivre le plus possible le même ordre que dans l'exposition des autres sacrements, examinons TExtrême- Onction (i) dans sa nature et son institution ; (2) dans sa matière et sa forme ; (3) dans son ministre et dans son sujet; (4) dans ses effets.
(i) Nature et institution. — Le catéchisme usité en Angleterre définit l'Extrême-Onction : « L'Onction des malades avec Fhuile sainte, accompagnée de certaines prières. » Le catéchisme de Maynooth : « Un sacrement qui donne la grâce de faire une bonne mort, et qui a été institué
I Le sacrement de rExtrénie-Onction.
principalement pour soulager les rpourants et leur communiquer la force spirituelle. »
La dernière de ces définitions nous dit ce que c'est que le sacrement, la première, comment on l'administre.
Ce sacrement s'appelle Extrême-Onction^ parce que c'est la dernière onction que reçoit le chrétien, et parce qu'on ne l'administre qu'à la fin de la vie. La première onction nous est faite au baptême ; la seconde, à la confirmation ; la troisième est faite aux prêtres dans les saints ordres ; et la dernière, à l'Extrême-Onction.
Il est de foi que l'Extrême-Onction est un sacrement véritable. Nous y trouvons les trois éléments essentiels à la constitution d'un sacrement : (i) le signe sensible, qui est l'onction avec l'huile sainte ; (2) le pouvoir de conférer la grâce, ce qui ressort clairement des paroles de saint Jacques, lesquelles prouvent également, (4) la dernière condition, qui est l'institution du Christ.
L'apôtre saint Jacques, au cinquième chapitre de son épître catholique, nous révèle l'institution de ce sacrement, en explique les parties, et en commande l'usage en termes aussi clairs que précis : « Quelqu'un parmi vous est-il malade ? qu'il appelle les prêtres de l'Eglise, et qu'ils prient sur lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur ; et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le soulagera, et, s'il a des péchés, ils lui seront remis. » ^
Le Catéchisme du Concile de Trente nous dit que le sacrement d'Extrême-Onction a été institué par le Christ Notre-Seigneur, et que, plus tard, saint Jacques l'a promulgué et proposé aux fidèles. Cependant, Notre Seigneur lui-même
I S. Jacq. V. 14, 15.