‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 309 sur 392 · L'Episcopat est plus eminent que la Prêtrise · texte numérisé non relu

L'Episcopat est plus eminent que la Prêtrise

4. Trois choses requises pour constituer un évêque : (i) L'élection;

(2) l'institution; (3) l'ordination ou consécration.

5. Les évêques, successeurs des Apôtres. Leurs principaux devoirs.

I. LA PRETRISE. (l) SACREMENT DE LA LOI NOUVELLE. (2) INSTITUTION DIVINE. (3) NATURE ET OFFICE. — CÉRÉMONIE DE L'ORDINATION.

La Prêtrise est un ordre qui donne le pouvoir de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ, de pardonner les péchés, etc..

LE SACREMENT DE L ORDRE Cj^3

(i) Elle est un sacrement de la loi nouvelle institué par le Christ, et qui confère à l'ordonné un double pouvoir spirituel, l'un qui est relatif au corps réel du Christ, c'est-à-dire le pouvoir de changer le pain et le vin au corps et au sang du Christ; l'autre, qui est relatif au corps mystique du Christ, le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés des fidèles. En moins de mots: la prêtrise est un ordre supérieur qui donne le pouvoir de consacrer, d'offrir, d'administrer le corps et le sang du Christ, le pouvoir de remettre et de retenir les péchés.

Le mot prêtre vient du grec 7rp£a^'jTr,po;, qui signifie ancien ou plus âgé. On ne lui donne pas ce nom à cause du nombre des années requises pour les ordres, — la plupart sont ordonnés jeunes, puisqu'il suffit d'avoir vingt-cinq ans, — mais à cause de la maturité de jugements que les ordinands doivent avoir et dont on les suppose doués; car, selon l'expression du Sage: « Ce qui rend la vieillesse vénérable n'est pas la longueur de la vie, ni le nombre des années : mais la prudence de l'homme lui tient lieu de cheveux blancs, et la vie sans tache est une heureuse vieillesse. » ^

(2) La prêtrise est d'institution divine quant au pouvoir de consacrer et d'offrir le corps et le sang de Jésus-Christ. C'est aux prêtres, en la personne des Apôtres, que le Christ dit, après avoir lui-même consacré et offert son corps et son sang : « Faites ceci en mémoire de moi. » Par ces paroles, le Christ donna à ses Apôtres et aux prêtres, leurs successeurs, le pouvoir de consacrer et d'offrir la Sainte Eucharistie. C'est ce qu'enseigne le Concile de Trente qui nous assure que

I Sag, IV. 8. 9.

l'Eglise catholique a toujours pris et entendu ces paroles dans ce sens. ^

La prêtrise est d'institution divine quant au pouvoir de remettre ou de retenir les péchés ; car c'est aux prêtres, et à eux seuls, en la personne des Apôtres, que le Christ a dit : « Recevez le Saint-Esprit. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez.» Te Concile de Trente est aussi très explicite sur ce point, et dit formellement que les prêtres n'ont pas moins le pouvoir divin de pardonner et de retenir les péchés, que celui de consacrer, d'offrir, et d'administrer le corps et le sang du Christ. ^

(3) La nature et les fonctions de la prêtrise se trouvent expliqués dans la cérémonie de l'ordination et dans l'admonition de l'évêque : « Mes bien chers enfants, vous allez recevoir la consécration du sacerdoce. Nous vous exhortons à prendre soin de la recevoir dignement ; et à remplir fidèlement, quand vous l'aurez reçue, les devoirs qu'elle impose. Il appartient au prêtre d'offrir le sacrifice, de bénir, de présider, de prêcher et de baptiser. C'est donc avec grande crainte qu'on doit approcher d'une dignité si éminente. On doit faire attention que ceux qui y sont appelés se recommandent par une sagesse divine, par des mœurs irréprochables, et par la longue observance d'une conduite sans tache. C'est pourquoi, quand le Seigneur ordonna à Moïse de choisir parmi tout Israël, soixante-dix hommes pour lui prêter leur assistance, et auxquels il pourrait distribuer les dons du Saint-Esprit, il ajouta: «Ceux que

1 Concile de Tr., sess. xxii,ch. i.

2 Ibid., sess. xxiii, ch. i.

LE SACREMENT DE l'oRDRE c,^^

VOUS savez les plus anciens du peuple. » C'est vous, vraiment, que figuraient les soixante-dix hommes et les vieillards, si, par la vertu des sept dons de l'Esprit, vous gardez les dix commandements de la loi, si vous êtes sans reproches, et si vous vous montrez d'une maturité consommée dans la science et dans vos actions. Par le même mystère et sous la même figure, le Seigneur, dans le Nouveau Testament, a choisi soixante-douze hommes, et les a envoyés deux à deux prêcher devant lui, afin d'enseigner, par l'action et par la parole, que les ministres de son Eglise devaient être parfaits dans la foi et dans les œuvres, ou n'avoir d'autre appui que la vertu du double amour de Dieu et du prochain. Efiforcez-vous donc d'être de dignes élus, par la grâce de Dieu, comme les aides donnés à Moïse et comme les douze Apôtres. Cette admirable variété compose, orne et gouverne la Sainte Eglise : elle comprend des hommes de différents degrés, dont les uns sont évêques, et les autres, d'un ordre inférieur, sont prêtres, diacres et sous-diacres ; de telle sorte que des membres nombreux et des dignités diverses forment le corps unique du Christ. C'est pourquoi, mes chers enfants, vous que le jugement de nos frères a choisis pour être consacrés comme nos aides, conservez bien dans votre conduite l'intégrité d'une vie chaste et sainte. Comprenez bien ce que vous faites ; que votre vie soit en harmonie avec votre ministère ; et, comme vous célébrez le mystère de la mort du Seigneur, faites attention que vos membres soient morts à tous les vices et à toutes les concupiscences. Q.uc votre enseignement soit une médecine spirituelle pour le peuple de Dieu ; que les parfums de votre lumière soient la joie de l'Eglise de Dieu, afin que par votre prédication et votre exemple, vous bâtissiez la maison, c'est-à-dire la famille de Dieu, pour que nous ne

soyons point condamnés nous-mêmes pour vous avoir élevés à une charge si éminente, ni vous, pour l'avoir reçue ; mais plutôt, que nous en soyons récompensés. Q.ue le Seigneur nous fasse cette grâce ! Amen. »

(4) Après cette monition, Tévêque et les prêtres présents imposent les mains au diacre; et, pendant que tous tiennent la main droite étendue, Tévêque ajoute :

« Mes chers enfants, prions Dieu, le Père tout-puissant, qu'il veuille bien multiplier ses dons célestes sur ses serviteurs qu'il a choisis pour la prêtrise ; et pour que ceux-ci persévèrent avec son secours dans la charge qu'ils reçoivent de sa miséricorde, par le Christ Notre Seigneur. Amen. »

En présentant au diacre les vêtements sacerdotaux, l'évêque dit, pour l'étole : « Recevez le joug du Seigneur, car son joug est doux et son fardeau est léger. »

En lui donnant la chasuble : « Recevez le vêtement sacerdotal qui signifie la charité, car Dieu peut augmenter en vous la charité et une œuvre parfaite. »

Pendant le chant du Veni Creator, l'évêque oint les mains des ordinands agenouillés devant lui, formant le signe de la croix, et dit : « Daignez, ô Seigneur, consacrer et sanctifier ces mains par cette onction et par notre onction. Affjejî. >/ Puis, faisant le signe de la croix sur les mains, il ajoute : « Que tout ce que ces mains béniront soit béni ; que tout ce qu'elles consacreront soit consacré et sanctifié, au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ. Amen. »

L'évêque joint alors les mains du candidat, qui sont, par un des assistants, liées avec un ruban blanc.

En même temps qu'il présente le calice avec du vin et de l'eau, et la patène avec une hostie, l'évêque dit : « Recevez le pouvoir d'offrir le sacrifice à Dieu et de célébrer la messe, pour les vivants et pour les morts. Ame7t. »

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Le candidat est alors ordonné, et il continue à offrir la messe en même temps que l'évêque ordinateur; et, pour la première fois, il consa'cre et change le pain et le vin au corps et au sang du Seigneur. Après la communion et la profession de foi , que le prêtre nouvellement ordonné doit faire en récitant le Credo des Apôtres, Tévêque met les deux mains sur la tête du jeune prêtre qui est à genoux devant lui, et dit : « Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. »

Alors il déplie la chasuble du prêtre, qui a été jusque-là retenue à ses épaules ; et, en même temps, il prononce ces paroles : « Daigne le Seigneur vous revêtir de l'état d'innocence. »

La cérémonie de l'ordination contient une meilleure explication de ce sacrement que tout ce que j'aurais pu en dire ; c'est pourquoi j'ai emprunté ces citations au Pontifical Romain.

Avec la célébration de la messe et l'audition des confessions, les autres fonctions du prêtre sont d'administrer les autres sacrements, à part la Confirmation et l'Ordre, de prêcher la parole de Dieu, de diriger les âmes, de bénir les choses et les personnes dont la bénédiction n'est pas réservée à l'évêque.

2. l'ÉPISCOPAT. (i) définition : ON l'appelle LE SACERDOCE DE l'ordre supérieur. (2) IL EST LE COMPLÉMENT DE LA PRÊTRISE, OU UN ORDRE DISTINCT. (3) MATIÈRE ET FORME DE l'ÉPISCOPAT.

(i) L'épiscopat est Tordre le plus élevé, et c'est un sacrement qui donne au prêtre le pouvoir de conférer les sacrements de la confirmation et des saints ordres et de gouverner l'église qui lui est confiée. On l'appelle le sacerdoce le plus eminent, de même que la prêtrise indique un prêtre d'un degré inférieur.

(2) Des auteurs regardent l'épiscopat comme une extension et un complément de la prêtrise, et non comme un ordre distinct. D'autres veulent que ce soit un ordre à part, parce que la matière et la forme sont distinctes ; et parce qu'il donne un pouvoir distinct de la prêtrise, celui d'administrer la confirmation, d'ordonner les prêtres et les évêques. De droit divin les évêques sont placés à la tête de l'Eglise de Dieu : « Attend/te vobis et universo gregi in quo vos spiritus sanctus posiiit episcopos regere Ecclesiam Dei ; — Prenez donc garde à vous-même et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques pour gouverner l'Eglise de Dieu. » ^

(3) La matière de l'épiscopat est l'imposition des mains de l'évêque consécrateur et des deux évêques, ses assistants. La forme est dans ces paroles: « Recevez le Saint-Esprit, etc.. — que prononcent les trois évêques ; et l'évêque consécrateur continue cette forme tout seul après une courte prière. L'assistance de deux autres évêques auprès de l'évêque

I Act. XX, 28.

consécrateur n'est pas nécessaire pour l'essence du sacrement, comme le montre Benoît XIV; ^ mais elle est de précepte, et, en pratique, elle est toujours requise. Les autres cérémonies, à savoir : l'onction de la tête et des mains, la présentation de l'anneau et de la crosse pastorale, l'imposition du livre des évangiles sur les épaules, ne sont que de l'intégrité et non de l'essence de l'ordination.

Dans les premiers siècles du christianisme on donnait aussi aux évéques le nom de presbyter ou prêtre. C'est dans ce sens que parle saint Paul dans son épître à Timothée : « Per impositionem maniiiim presbyterii^ » qu'on rend aujourd'hui par ces mots : « Per impositionem manuum episcopi. »

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