ABSOLUES OU CONDITIONNELLES
On entend par fiançailles « la promesse d'un mariage prochain. » C'est une promesse réelle, non simplement une intention, un désir, ou une résolution, même exprimés en paroles. Il faut aussi que la promesse soit réciproque, faite par les deux partis.
Une promesse d'un mariage prochain^ parce que la promesse du mariage au moment même, ou exprimée en termes qui indiqueraient le temps présent^ constituerait le contrat du mariage, et non simplement les fiançailles.
(i) Les fiançailles peuvent être solennelles ou privées, absolues ou conditionnelles. Elles sont solennelles, si elles sont contractées devant le prêtre de la paroisse, ou en présence de témoins. Elles sont privées, si elles sont faites sans le prêtre et sans témoin. Les fiançailles solennelles sont tombées en désuétude ; elles sont aujourd'hui chose rare, presque inconnue, si ce n'est dans les pays absolument catholiques. Anciennement, les fiançailles étaient une cérémonie plus importante qu'aucune autre des temps présents. Il y avait échange de serments ; on offrait à la fiancée des présents en rapport avec la condition des deux partis ; et on célébrait cet engagement par des réjouissances et des fêtes. Lorsque Eliézer rencontra pour la première fois Rebecca auprès du puits, et qu'il la vit agir de la manière qu'il avait demandée comme preuve du succès de sa mission, il lui offrit immédiatement un anneau d'or et deux bracelets. Puis, après avoir obtenu son consentement et celui de ses parents, il apporta
pour sa fiancée des joyaux d*or et d'argent, et offrit également des choses précieuses à son frère et à sa mère. ^
Tout cela nous donne une idée de la solennité des fiançailles dans les temps anciens. Les fiançailles solennelles ne sont pas parmi nous d'un usage ordinaire. Mais, solenîielles ou privées y elles deviennent un engagement réel, si elles sont accompagnées de la condition essentielle, c'est-à-dire, de la promesse réelle d'un mariage futur. Cette promesse, pour être valide, doit être réfléchie et exprimée par quelque signe extérieur.
(2) Les fiançailles sont absolues ou conditionnelles. Si les conditions sont exécutées au temps fixé, la promesse est valide. Si elle est soumise à un événement futur, elle devient valide dès que cet événement a eu lieu, pourvu qu'aucun des partis n'ait rétracté son consentement avant la réalisation de la condition. Une promesse arrachée par la crainte ne constituerait pas des fiançailles valides. Et, dans le cas d'un empêchement ecclésiastique, la condition, si le pape donnait une dispense, n'invaliderait pas la promesse, qui deviendrait réelle une fois la dispense obtenue. Dans ce cas, le consentement devrait être renouvelé après la réception de la dispense.
Q.ue les fiançailles soient solennelles ou privées^ elles sont valides et obligatoires, si elles sont faites dans la condition exprimée dans la définition. Si les jeunes gens ne comprennent pas la nature de ce contrat, et n'ont pas l'intention sérieuse de s'engager, la promesse d'un mariage prochain n'est pas considérée comme des fiançailles réelles. Mais, quand la promesse est sérieuse, qu'elle est faite avec la pleine
I Gen, XXIV. 22, 53.