‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 33 sur 392 · I. CE QC'ON ENTEND PAR LA GRACE ACTUELLE ET SA RAISON GENERALE · texte numérisé non relu

I. CE QC'ON ENTEND PAR LA GRACE ACTUELLE ET SA RAISON GENERALE

La grâce actuelle est ainsi appelée parce qu'elle nous donne le pouvoir de produire des actes. Elle est un secours passager par lequel Dieu éclaire immédiatement notre esprit et meut notre volonté pour nous rendre capables d'accomplir quelque acte particulier de vertu. Ainsi, la pensée qui nous vient de prier Dieu, de lui offrir nos actions, est une grâce de l'esprit, ou une grâce de lumière. La résolution de faire ces actes, et leur accomplissement, sont des grâces de la volonté, ou des grâces de force. Le caractère de cette grâce, c'est qu'elle consiste dans un acte et qu'elle est la grâce d'un instant. C'est elle qui fait passer l'âme de l'état de péché à l'état de grâce habituelle ou sanctifiante. Q.uand l'âme est en état de grâce, elle a besoin du secours spirituel de Dieu qui Texcitera à des actes de vertu. De même que dans l'ordre naturel, toutes les causes secondaires dépendent de la toute-puissance de Dieu, au point qu'elles ne peuvent pas produire leurs effets propres et naturels sans le concours général de Dieu, qui, médiatement ou immédiatement, les met en action; ainsi, dans l'ordre surnaturel, l'âme, même lorsqu'elle est en possession de la grâce, ne peut pas accomplir une action surnaturelle sans le secours surnaturel et la grâce actuelle, par lesquels Dieu agit sur la libre volonté, et la met en état de désirer et d'accomplir ce qui est bien. Qu'il me soit permis de dire ici, une fois pour toute, qu'on ne saurait concilier avec l'idée de l'omnipotence divine la supposition qu'une créature, quelle qu'elle soit, se trouve constituée de façon à pouvoir se déterminer elle-même à une action, indépendamment de l'influence de

la cause suprême. Les êtres humains ne sont point bâtis à la manière d'une horloge, ou d'une autre machine quelconque ; c'est-à-dire que Dieu les ayant créés, ne les a pas faits de telle sorte qu'ils puissent poursuivre leur voie et produire des actes, nécessaires ou libres, sans qu'ils aient besoin d'une nouvelle assistance, ou sans concours nouveaux de la part de Dieu. Dieu meut ses créatures, dans tous leurs actes, selon leur nature propre. Les causes nécessaires obéissent à la nécessité ; les agents libres reçoivent de lui une impulsion qui ne nuit point à la libre volonté dont il les a Joués. Comment cela se fait, il ne m'appartient pas de l'expliquer; mais, avec l'idée de Dieu, de son immensité et sa toutepuissance, je ne crois pas possible de dire qu'une seule de ses créatures puisse, seule et d'elle-même, produire un acte quelconque, en dehors de la toute-puissance immédiate de Dieu, qu'il s'agisse de choses d'ordre naturel ou ,surnaturel.

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