LEURS DEVOIRS AU POINT DE VUE DE LA FIDÉLITÉ
La fidélité réciproque des conjoints appartient à la vertu de justice, et leur impose une double obligation : (i) L'obligation du devoir conjugal l'un envers l'autre, selon l'usage convenable du mariage. (2) L'obligation, non seulement en raison de la vertu de pureté, mais encore de justice, d'éviter avec d'autres personnes tout péché contre le sixième commandement.
L'obligation du devoir conjugal implique une dette rigoureuse de justice. Par conséquent, ceux qui volontairement, et sans un juste motif, refusent de s y soumettre ; ceux qui volontairement se rendent incapables de remplir ce devoir, par des austérités et des fatigues exagérées, ou par des pratiques illicites, se rendent coupables d'un péché grave. Par suite de cette obligation, il n'est point permis à une personne mariée de rester longtemps, sans une juste raison, éloignée de son conjoint, contrairement à sa volonté.
Cette seconde obligation qu'impose la Jîdélite\ appartient au sixième et au neuvième commandement ; et ce n'est pas le lieu de l'expliquer plus longuement.
4. LES DEVOIRS QU'iMPOSE LE MARIAGE COMME SACREMENT, ET COMMENT CE SACREMENT EST LE SIGNE DE L'UNION DU CHRIST AVEC SON ÉGLISE.
Nous ne prenons pas ici le mot sacrement dans son sens rigoureux, comme signe sensible produisant la grâce, mais comme le signe d'une chose sacrée, le signe de l'union du Christ avec son Eglise.
C'est fréquemment qu'on parle du mariage comme signifiant l'union du Christ avec son Eglise ; il est bon de donner à ce sujet quelques mots d'explication . Je les tire de saint Thomas : « Le mariage signifie l'union du Christ avec l'Eglise de deux manières : avant la consommation du mariage, il signifie cette union du Christ avec l'âme qui est vivifiée par la grâce^ et qui peut être frappée de mort par le péché mortel. Mais, après que le mariage a été consommé, il signifie l'union du Christ avec l'Eglise dans son assumption de la
nature humaine dans Tunité de sa personne divine, qui est indivisible. » ^
Comme sacrement, et compris à ce point de vue, le mariage implique et impose le devoir de conserver la charité, la paix et l'harmonie des âmes, de se tenir en garde contre les discordes et contre tout ce qui pourrait être de nature à donner lieu à un motif de séparation ou de désunion. Pèchent contre ce devoir ceux qui troublent la vie d'un ménage, qui y font naître des disputes, des querelles, ou choses semblables.
Nous pouvons rapprocher de ces questions les propriétés ou attributs du mariage : son indissolubilité et son unitéy qui demandent Tune et l'autre quelques explications.
I Supp., Q. 61, A. 2.