‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 340 sur 392 · Erreurs principales contraires à cette indissolubilité · texte numérisé non relu

Erreurs principales contraires à cette indissolubilité

3. Doctrine de l'indissolubilité prouvée par l'Ecriture et par la tradition.

4. Le texte de saint Matthieu expliqué dans le sens catholique.

5. Le vmculum, ou lien conjugal, ne peut être dissous pour cause d'adultère.

I. LE MARIAGE EST INDISSOLUBLE. LA QUESTION CONSIDEREE ! (l) AU POINT DE VUE DU MARIAGE legitimUm. (2) DU

MARIAGE ratum. (3) du mariage ratum et consummatum..

D'après la loi divine, manifestée, comme nous l'avons vu, dans la première institution du mariage et dans les paroles du Christ, le vinculum ou lien conjugal est indissoluble. Pour

expliquer l'enseignement catholique sur ce point, je dois m'en référer à la division du mariage en îegitimum, ratiim et consiimmatiun.

(i) Un mariage qui n'est que Iegitimum, c'est-à-dire, entre infidèles ou personnes non baptisées, lors même qu'il serait consommé, peut être dissous dans ce qu'on appelle le cas Paulin, ou le cas expressément enseigné par saint Paul.

(2) Un mariage ratum, c'est-à-dire, entre personnes baptisées, et non consommé, peut être dissous (i) par la profession solennelle dans un ordre religieux approuvé ; (il) par une dispense du souverain pontife.

(3) Un mariage ratnm et consiimmatum n'est dissous que par la mort de l'un des conjoints.

(i) Le premier cas se trouve énoncé et promulgué dans le texte de l'Apôtre saint Paul : « Et si une femme fidèle a un mari qui soit infidèle, lequel consente à demeurer avec elle,

qu'elle ne se sépare point de lui Si le mari infidèle se

sépare d'avec sa femme qui est fidèle, qu'elle le laisse aller, parce qu'un frère ou une sœur ne sont point asservis en cette rencontre : mais Dieu nous a appelés pour vivre en paix, etc. . » ^

L'Apôtre enseigne dans ce passage que le mariage des infidèles, ou des personnes non baptisées, lors même qu'il a été consommé, peut être dissous dans le cas où l'un des conjoints se convertit à la foi et reçoit le baptême, et que l'autre, le conjoint non baptisé, refuse de vivre avec le conjoint converti, ou ne vit pas en paix avec lui, ou si leur vie sous le même toit est une cause d'offense envers le Créateur. Par ces offenses envers le Créateur, Innocent III dit qu'il faut entendre les blasphèmes du saint nom, ou des

I I. Cor. VII. 13, i^.

^8o LES SACREMENTS EXPLIQUÉS

tentatives dans le but d'entraîner le conjoint converti à des fautes graves. Ce privilège, qu'on appelle le cas Paulin, a été accordé par Jésus-Christ en faveur des fidèles, afin que les personnes récemment converties au Christianisme, et dès lors encore faibles dans la foi, ne fussent pas exposées à la perversion par les blasphèmes, les moqueries, etc.. du conjoint infidèle. Les paroles de TApôtre s'entendent dans le sens de la dissolution complète du mariage. Ainsi les ont interprétées les saints Pères ; et cette interprétation est reconnue exacte par les décrets des souverains pontifes aussi bien que par la pratique constante de l'Eglise.

Toutefois, le vincnhim ou lien conjugal n'est pas rompu, tant que le conjoint baptisé ne contracte pas un autre mariage. Alors seulement, l'autre conjoint pourrait se remarier.

(ii) La dissolution d'un mariage ratum, validement contracté, mais non encore consummaliLm, peut avoir lieu, comme je l'ai dit : (i) Par l'entrée de l'un des conjoints dans un ordre religieux approuvé, et y faisant des vœux solennels; (2) par une dispense du souverain pontife.

Que ce mariage puisse être dissous par la profession solennelle dans un ordre religieux approuvé, c'est ce que démontrent divers exemples des saints et les décrets des Papes, particulièrement celui d'Innocent III, qui dit que, sur ce point, il suit la conduite de ses prédécesseurs; et le Concile de Trente le déclare également. ^ On ne s'accorde pas pour dire en vertu de quelle loi a lieu cette dissolution. Les uns disent que c'est par la loi divine ; d'autres, par la loi naturelle ; mais l'opinion la plus commune est que c'est en

I CoNC. DE Tr., Sess. XXIV. an. 6.

vertu de la loi ecclésiastique. Saint Thomas en explique la raison par une comparaison entre la mort physique et la mort spirituelle. Il dit que, de même que le mariage consommé est dissous par la mort, ainsi le mariage ratum^ qui n'est qu'un lien spirituel, est dissous par la profession religieuse, qui, est une mort spirituelle, par laquelle on meurt au monde afin de vivre pour Dieu. Tous les auteurs conviennent aujourd'hui que le pape peut, par une dispense, dissoudre un mariage ratum et non consiimmatum. Ils le prouvent par la pratique constante des souverains pontifes, surtout pendant les derniers siècles, depuis Martin V jusqu'à Léon XIII.

Le Rév. S. B. Smith, dans ses « Eléments de Législation Ecclésiastique, » donne les formalités à suivre pour obtenir l'annulation d'un mariage ratum et non consiimmatum :

« Pour que la dissolution d'un mariage soit valide, dans ce cas, qu'elle ait lieu par suite d'une dispense pontificale ou par suite d'une profession religieuse, il faut que le mariage n'ait pas été consommé. Or, quelle est la marche à suivre pour obtenir la dissolution d'un mariage de ce genre ? Dans les deux cas, c'est-à-dire, qu'il y ait profession religieuse ou dispense pontificale, il est nécessaire que la non consommation soit absolument et canoniquement prouvée. Par conséquent la confession ou la simple assertion, même confirmée par serment, de la part des conjoints, ne saurait suffire. D'où il suit que, dans le cas de dissolution par suite de profession religieuse, les conjoints ne peuvent pas se séparer de leur propre chef, mais doivent s'adresser au tribunal ecclésiastique du diocèse, ou à l'Evêque, dont ils dépendent, et qui a le droit et le devoir d'examiner le cas par une procédure judiciaire, et de prononcer la sentence. »

Pendant les deux premiers mois qui suivent le mariage, aucun des époux ne peut se prévaloir de ses droits conjugaux, d'après la loi ecclésiastique ; de sorte que Tun des époux, ou tous les deux, peuvent entrer dans un ordre religieux. Le mariage n'est point dissous par l'entrée en religion, mais par la profession des vœux solennels.

Le Rév. S. B. Smith continue : « En outre, dans le cas de la dissolution du mariage par dispense pontificale, il faut, à la preuve de la non consoa.mation, ajouter une cause suffisante. Dès lors, dans la demande d'une telle dispense, il est nécessaire de montrer clairement; En premier lîeii^ que le mariage n'a pas été consommé ; en second lien, qu'il y a une cause juste d'accorder cette dispense. Si ces deux points ne. sont pas prouvés, la dispense n'est pas accordée. Ces deux conditions, toutefois, ne sont exigées que pour la licite de la dispense. La dispense, en effet, serait valide, quoique illicite, lors même qu'il ne serait pas prouvé que le mariage n'a pas été consommé, pourvu que la chose fût réellement vraie. »

(iii) Un mariage ratum et consummatiun ne peut être dissous que par la mort de l'un des époux. Aucune puissance sur la terre n'a le pouvoir de rompre un mariage une fois consommé.

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