ERREURS DES PELAGIENS ET DES SEMI-PELAGIENS CONDAMNÉES PAR L'ÉGLISE
Avant l'apparition des Semi-pélagiens l'Eglise avait condamné l'erreur de Pelage. Né dans la Grande-Bretagne, Pelage se fit moine dans sa jeunesse. Plus tard, il se rendit à Rome où, avec son disciple Célestius, il se mit à attaquer la doctrine catholique sur le péché originel et sur la grâce du Christ. Son enseignement faux et hérétique se résume en ces points : (1) Adam et Eve ont été créés mortels; leur chute n'a nui qu'à eux seuls, et non à leur postérité ; (s) la mort et la concupiscence sont les conditions innées de la nature humaine ; (3) que la nature humaine n'est pas viciée, et peut, par ses propres forces, sans le secours de la grâce, commencer, poursuivre et achever une action bonne. Ces erreurs furent condamnées par un concile de soixante-huit évéques, tenu à Carthage en 416, et ensuite par le pape Innocent I, qui non seulement condamna les erreurs, mais excommunia Pelage et Célestius jusqu'à ce qu'ils eussent donné des marques de rétractation et de repentir. C'est à cette occasion que saint Augustin fit entendre ces paroles : « Rescripta a Roma venentnt^ causa finita est^ ntinani finiatnr et error. »
1 Phil. 29.
2 Ephes. II.
22 LES SACREMENTS EXPLiaUES
Les erreurs des Semi-pélagiens condamnées par le concile d'Orange, étaient que : (i) Pour le commencement de la foi et pour faire une œuvre bonne et méritoire, la grâce n'est pas nécessaire, mais la force de la volonté libre suffit ; (2) la persévérance finale n'est pas un don spécial ou une grâce de Dieu, mais il dépend de chacun de persévérer, s'il le veut; (3) 1?. prédestination des élus est une conséquence de leurs mérites prévus, le résu'tat de leur œuvre personnelle sans le secours de la grâce; (4) Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, et le Christ est mort pour que tous puissent se sauver, s'ils le désirent; et ce désir ou cette volonté d'arriver au salut était le fruit, d'après les Semi-pélagiens de la force naturelle de l'homme, et non point de la grâce prévenante.
Ces erreurs, toutes contre la foi, sont condamnées comme hérétiques ; et, lors même que le concile d'Orange n'est pas un concile œcuménique, ces canons, qui condamnent les erreurs des semi-pélagiens, ayant été confirmés par l'autorité apostolique du Souverain Pontife, expriment l'enseignement infaillible et irrévocable de l'Eglise sur ces points de doctrine.
Le véritable enseignement catholique a été défini et déclaré par le Concile deTrente dans le canon suivant: « Si quelqu'un dit que, sans l'inspiration prévenante du Saint-Esprit, et sans son assistance, un homme peut croire, espérer, aimer, ou se repentir comme il le doit pour que la grâce de la justification lui soit ainsi conférée, qu'il soit anathème. » ^ Saint Augustin
I « Si qiiis dixerit^ sine prœveniente Spiriius Sancti inspiratione, atque ejus adjutorio, hominen credere, sperare, diligere^ ant pœnitere posse, sicnt oportet jit ei jiistificationis gratia conferatur ; anathema sit. » — Cunc. Trid.,
SeSS. VI, CAN. 3.
nous demande de nous rappeler constamment ces questions de l'Apôtre, dans son épitre aux Corinthiens : « Q.ui est-ce qui met de la différence entre vous? Qu'avez-vous que vous n'ayez point reçu ? Mais si vous l'avez reçu, pourquoi vous en glorifiez-vous, comme si vous ne l'aviez point reçu ? » ^