DIEU RÉCOMPENSE LES JUSTES MÊME AU-DESSUS DE LEURS MÉRITES
Quoique les justes puissent mériter, et en réalité méritent la vie éternelle, l'enseignement commun des théologiens, — et il est théologiquement certain, — n'en est pas moins que Dieu récompense les justes au-delà de leurs mérites. Le sens de cette proposition est que, en outre de la grâce de la gloire qu'ils méritent. Dieu, par pure libéralité, leur accorde une plus riche récompense, que quelques auteurs désignent comme une certaine perfection de la vision béatifique et une jouissance qui dépasse leurs mérites. Ces mots « Dieu rendra à chacun selon ses œuvres, » doivent s'entendre dans le sens que les degrés de gloire correspondent aux mérites des justes. En exposant ces notions, il est bon de noter que, matériellement parlant, il n'y a aucune proportion entre nos œuvres et la gloire éternelle. La proportion complète vient de la grâce, qui ajoute une excellence à nos labeurs. Nos œuvres, ainsi grandies et élevées par la grâce, n'auraient pas encore une égalité et une condignité complète avec la récompense, si nous ne supposions pas la promesse, l'ordonnance et l'acceptation de Dieu.
8. TABLEAU, PAR LE PERE FABER, DU POUVOIR DE MÉRITER QUE NOUS COMMUNIQUE LA GRACE
Le père Faber, parlant de la puissance de mériter que la grâce nous communique, s'exprime ainsi : « Rien de plus
I I O LES SACREMENTS EXPLiaUES
admirable que ce pouvoir de mériter que la grâce communique à nos bonnes œuvres ; c'est comme si le Cœur de Jésus animait chacune d'elles, et si le prix infini du Précieux Sang les pénétrait secrètement. Nous avons vu combien sont magnifiques les récompenses du ciel ; et cependant, un acte obscur, d'un instant, animé par l'amour de Dieu, plein de cette beauté qui captive le regard, parce qu'elle lui vient de la pureté d'intention, n'a qu'à se fixer une seconde sur la Croix du Christ ; et, de-là, dirigera aussitôt son vol vers le ciel, où ses mérites ont acquis une puissance si surprenante, qu'elle forcera les gardes et les portiques de la citadelle du Roi des rois. Voyez donc dans quelle condition cette pensée nous met par rapport à notre salut. » ^
I « Le Créateur et la Créature. »
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