‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 81 sur 392 · CHOSES TEMPORELLES · texte numérisé non relu

CHOSES TEMPORELLES

Après ce que nous venons de dire de la vie éternelle, d'une augmentation de grâce et de gloire, il est bon de donner quelques détails sur ce qu'un homme peut ou ne peut pas mériter pour lui-même, sur ce qu'il peut et ne peut pas mériter pour un autre. Pour ne pas prolonger ce traité, nous nous contenterons d'exposer en abrégé la doctrine catholique, et ses conclusions sur ces différents points.

(i) Comme nous l'avons dit, une personne juste, en coopérant à la grâce, peut mériter de condigno la rémission de ses péchés véniels, une augmentation de la grâce sanctifiante et un accroissement de gloire.

(2) Nul ne peut mériter de condigno la première grâce sanctifiante, parce que la grâce sanctifiante est le principe et la source du mérite de condignité. Et le principe du mérite ne peut pas être l'objet du mérite, la même chose ne pouvant être à la fois avant et après elle-même, ou être en même temps cause et effet.

(3) Un pécheur peut mériter de congruo la première grâce sanctifiante par des actes surnaturels accomplis en vertu des

mouvements actuels de la foi et de la grâce. L'état de péché n'empêche point le mérite de conprriio^ puisque nous lisons dans la Sainte Ecriture : « Rachetez vos péchés par les aumônes, et vos iniquités par les œuvres de miséricorde envers les pauvres. » ^ Un pécheur peut donc, par de bonnes actions, comme la prière, le jeûne et les aumônes, s'il les fait avec l'intention d'obtenir le pardon de ses péchés, mériter les secours de la grâce pour éviter le péché, et une assistance qui disposera son âme à la justification. C'est pourquoi on doit encourager les pécheurs habituels à être fidèles à la prière, à accomplir d'autres bonnes œuvres, afin qu'ils puissent obtenir l'aide de la grâce divine. Il faut en dire autant des infidèles et des hérétiques, pour qu'ils obtiennent les lumières et la grâce de la foi.

(4) On ne peut mériter la première grâce actuelle ou excitante, parce que le mérite serait sans grâce. Il ne serait rien moins que naturel, et un acte de ce genre ne saurait avoir droit à une récompense surnaturelle. On ne peut mériter aucun don surnaturel sans au moins la grâce actuelle, qu'on doit regarder comme le principe du mérite, et qui, conséquemment, ne peut être l'objet du mérite, ou se mériter elle-même.

(5) Une personne juste ne peut pas mériter de condigno la grâce de la persévérance finale. La raison en est que Dieu n'a pas promis cette grâce ; et, nulle part, elle n'est proposée comme récompense à aucune de nos actions. C'est pour cela que l'Ecriture donne à tous l'avertissement qu'expriment ces paroles : « Opérez votre salut avec crainte et tremblement. » '^

1 Dan. IV. i\.

2 Phil, ii, 12.

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