‹ Les sacrements expliqués d'après la doctrine et les enseignement de l'Eglise catholiqueChapitre 82 sur 392 · I I 4 LES SACREMENTS EXPLIQUÉS · texte numérisé non relu

I I 4 LES SACREMENTS EXPLIQUÉS

Et ailleurs : « Que celui donc qui croit être ferme prenne bien garde de ne pas tomber. » ^ Elle ne peut pas non plus, de fongriio, mériter son retour à la grâce après une chute subséquente, parce que, en commettant un péché mortel, un homme rétracte toute sa bonne volonté et toutes ses bonnes intentions antérieures^ selon les paroles du prophète : « Que si le juste se détourne de sa justice... toutes les œuvres de justice qu'il avait faites seront oubliées. » ^ Le coupable peut cependant, d'une manière faillible, mériter son retour dans le sens de la prière que le Psalmiste adressait à Dieu : « Ne me rejetez pas dans le temps de ma vieillesse ; maintenant que ma force s'est affaiblie, ne m'abandonnez pas. » 3

(6) Une persoilne juste peut mériter de congriio la grâce de la persévérance finale. Ce point est évident d'après les prières de l'Eglise, et la pratique constante des fidèles qui demandent et implorent cette grâce de Dieu. Mais elle ne peut pas se mériter infailliblement, parce que Dieu n'a pas promis cette grâce individuellement. Enfin, on peut ajouter qu'un juste ne peut infailliblement mériter aucune grâce actuelle, aucune faveur distincte de la grâce sanctifiante et de la gloire, parce que Dieu n'a fait à ce sujet aucune promesse.

(7) Quant aux choses temporelles, et à la question : sontelles l'objet du mérite? nous pouvons répondre avec saint Thomas : Si on les considère comme utiles au salut, et comme conduisant à la vie éternelle, elles peuvent se mériter de la même manière que les faveurs spirituelles. Mais si on les

1 I Cor. X. 12,

2 EzEC. xviii. 24.

3 Ps. LXX. 9.

fl

considère en elles-mêmes, elles ne peuvent pas faire Tobjet du mérite; car, assez souvent, elles ne sont qu'un obstacle sur le chemin de la vertu, et parfois un danger pour le salut. Dès lors, les fidèles ne devraient point se décourager, lorsque leurs prières, pour obtenir des faveurs temporelles, ne sont pas exaucées, et que ce qu'ils demandent ne leur est pas accordé. Ils devraient tout simplement s'occuper davantage de leurs besoins spirituels, se rappelant l'avis de Notre Seigneur : « Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et la justice de Dieu : et toutes ces choses vous seront données comme par surcroît. » ^

On peut dire toutefois que Dieu, par bonté et par générosité, comme aussi pour des raisons de convenance, récompense souvent des actions qui sont naturellement et moralement bonnes, en leur accordant des faveurs et des bénédictions du même ordre. De sorte qu'il est vrai de dire que toute bonne action mérite et reçoit une sorte de récompense, suivant qu'elle est naturelle ou surnaturelle.

2. TOUTES LES ACTIONS NE SONT PAS ÉGALEMENT MERITOIRES. COMMENT PEUT s'APPRÉCIER LA VALEUR D'UNE ŒUVRE

Toutes les actions ne sont pas également méritoires, et leur valeur doit s'estimer en tenant compte et de la personne qui les fait, et de la nature de l'action elle-même. Ainsi, dans la même action, le mérite d'un juste est plus grand que celui d'un pécheur : il est d'un ordre différent, puisqu'il y a mérite de condignité pour le juste, et seulement mérite de congruité pour le pécheur. Dans toutes les œuvres du Christ, le mérite

I S. Mat, VI. }).

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