Chapitre XVI
j'ai jeûné pour cela tant d’années. Puis il disoit : ‘ Nullement, cela est faux ; je ne l'ai point fuit, Et ensuite :. Vous dites vrai, je le coufesse muis j'en ai pleuré & j'en ai fait pénitence. Puis il disoit, €ela: n'est point vrai, & c'est une pure calomnie
que vous m’imposez. Ensuite il disoit, Je confés-
se ; & je n'ai point d'excuse à alleguer.: mais Dieu est tout miséricordieux.” | . C'étoit un étrange spectacle, dit S: Jean Clinaque, que d'entendre ce compte invisible et. si exact qu'on lui demandoit de-ses actions. Mais ce qui est encore plus épouventable, c'est qu'ils l'accusoient de- péchés qu'il n’avoit jamais commis. Quoi, mon: Dieu! un Anachorete, qui avait passé: quarante ans dans la. solitude et-qui avoit versé tant de larmes, avoue ne se pouvoir justifier de quelques unes des accusations qu’on fait contre. lui, etil nous a. Hüisses dans l'incertitude de son salut, quand au sortir de cette vie, on lui a de. mandé compte de ses actious! VIL. Dépré.
Le même S. Abbé rapporte des Pénitens du Monastère de la Prison, qu'il n'y eut jamais un plus horrible spectable, et plus capable de toucher les cœurs, que celui de les voir quand leur dernié. . re heure s'approchoit, Car alors ceux que étoient compagnons de leurs pénitences, venaient les environner; et avec un esprit plein de compassion ils leur disoient ; ‘* Comment vous trouvez-vous, mon frère?” ue |
A cela quelques-uns de ces moribonds, dans le doute où ils étoient de Jeur salut, à la vûe des terribles Jugemens de Dieu, répondoient en jettant ac gruuds svupirs # Peut-ére que mou uw
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franchira cet épouvantable torrent, dans lequel les Puissances de l'air tâchent de l’abimer. D'autres
arlant encore avec plus de confiance et de dou.
eur, disoient : ‘ Malheur à l'ame qui n'a pas gar. dé inviolablement les règles de la profession à la. quelle elle s'étoit engagée : car voici l'heure seule où elle connoîtra ce qui lui est prépare pour l'éter. nité.” V. Dépré. |
Une pratique très-facile pour éviter la rigueur du Jugement de Dieu, est avant chaque action, de me dire à moi-même ves paroles de l'Apôtre: Après cela, il faudra comparoitre devant Dieu, pour en être jugé. Soit que je mange, ou que je boive, suit que je me divertisse, ou que je sois tenté de mal faire, je n'ai qu’à me dire alors à moi-même: Après cela, vaudrois-je paroitre au jugement de Dieu ? Si ma consciences me dicte qu'après telle ou telle action je ne voudrois pas cormparoître devant Dieu, pour. lui en rendre compte ; c’est signe qu'elle est mauvaise. Je ne dois pas étouffer alors les remords de ma conscience, ni passer outre. La. grande regle est de faire dés ce moment là ce que je voudrois avoir fait au jour où je serai jugé de Dieu. (C'est le moyen de ne me point laisser emporter à ma passion, qni se dissipera par cette pensée comme un feu volage; et qui sans cela m'entraîneroit à suivre le penchaiit de ma nature corrompue. Hebr. 6.
C'est sans doute pour cette raison, que le Prophète David disoit à Dieu: “ Seigneur, percez mes chairs de votre crainte, car j'ai apprehendé à la vue de vos Jugemens.” C'est pour cela que saint Jérume éroyoit avoir toujours à ses oreilles
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