Chapitre XVII
forme de niche, où je me vis logée très-d-l’étroit, Je sentis mon ame brûler dans un si horrible feu, que je ne suurois le concevoir, 1] semble à l'ame qu'on l'étouffe, qu'on l'étrangle, et son affliction, etson désespoir vont jusqu’ a un tel excès, que jentreprendrois en vain de le rapporter. C'eus peu de dire qu'il lui paroît qu'on la déchire sans cesse ; Cul U Est elle-mème qui s'arrache la vie, ct se met en pièces. sr
Dans un lieu si épouvantable, il ne reste pus la moindre espérance de recevoir quelque eensolstion ; et Ë n'y a pas seulement assez de place pour s'asseoir ou se Coucher. J'y étuis comme dans un trou fait dans la muraille: et ces horrible murailles, contre l'ordre de la nature, serrent et pressent ce qu'elles enferment. Tout étouffe en ce lieu la, Ce ne sont qu'épaisses ténebres sans aucun mélange de lumiere : & je ne comprends pas comtnent il:se pêu£ faire que, quoiqu'il n’y ait: point de clarté, on ÿ voit tout ce qui peuc être de plus pénible à la vue.
Quoiqu'il y sit environ six ans que ce que je viens de rapporter se passa, j'en suis encore si épauvantée, en l'écrivant, qu'il me semble que man sang se glace de peur dans mes veines. Ainsi quelques maux et quelque douleurs que j'éprouve, je ne puis me souvenir de ce que je souffrois alors, que tout .ce qu'on peut endurer ici-bas, ne me paroisse méprisable. : Il me semble que nous nous plaignons sans sujet ; et je considere comme l'une des plus grandes graces que Dieu m'ait faites, uns chose aussi terrible que celle que je viens de rapporter ; quand je pense combien elle m'a été utile, tant pour m'eppècher d'eppréheuder les aflictions
“tout mon possible pour éviter cés peines éternel. À er jé,
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“vous menace si vous ne le faites, d'un mal éternel ; O
éternel, si vous faites le mal, et si vous ne faites Æ à. ces pas le bien. Pourquoi donc faites-vous si peu de E Luce
-Goyez, Cest seulcment d'uLe persuation qui
118 Les sayes Entrelicns,
; ; * 2 nest de cette vie, que pour m'obliger à Jes souffrir avee DE inpr patience, et a rendre graces à Dieu-de ce que j'ai La
sujet de croire qu'il me veut delivrer de ces terri. D 4; l'an bles et épouvantablés peines, dout la durée sera ger de éternelle.” Æn se vie, ch. 32, quelqt
Dieu, sans doute, ne fit voir à cette: grande Æ avez Sainte, que l'inage d'une partie de l'Enfer, ct À Lez co autant quil lui étoit utile pour le bien de soa:ame, D La C'est pour cela qu'on a tout sujet de conelure peires que l'Enfer dans toute sa realité est encore bitn {nc autre chose que cette idée horrible qu'en æ trace plus d Sainte Therese. O abime de douleurs! Mon EE aihe
Dieu, faités-moi la grace de m'en présersers dia Me LIL Quelles consequences dois-je ‘tirer de la LE 1 alu cousidération des peines de l'Enfer? La premie. La.
re Conséqueïce que je dois tirer, est de: faire À consic
les. . Si l'un vous menaçoit, dit saint Augustin, de Æ aux vous faire bräler lx main dans le eu que: vous À }'Enf: pouvez sentir ici-bas, vous feriez, pour l'éviter, Æ je ja quelque mal que ce fut, qu'on vous ardonnûât de Æ ;verti fuire. Dieu, pour -veus obliger à faire le bien, Æ 4 d
& vous ne le faites pas néanmoins. Les menaces, ou'apt de quelque mal que ce soit, ne devroient pas être À inde capables de vous engager à faire le mal, non plus Æ ri que de vous esapêcher de faire le bien : et Dieu Eine mème ne vous inenace de rien moins que d'uu feu Æ lle
cas de ces menaces? C'est sans doute que vous is n'avez point de foi; ou si vous dites que vous Æ,
wpré
Ve
Yrir avee que j'ai es terriirée sera
> grande enfer, ct son AME, conelure core bicn a trace Mun tr er de la | prenne de: faire , éternel.
rustin, de jue: vous
lonnàât de
le bien, l'éternel ;
menutes, | pas êtie pon plus et Dieu d'uu feu ne faites si peu de jue vous que vous ation qui
Capitre XVII. 119 est que dans J'esprit, et qui ne fui point ONE sur votre cœur.”
La seconde conséquence ‘est, que les maux de l'autre vie ne doivent servir de regle pour juger des maux de la vie présente, * Si vous avez quelque chose à souffrir, dit Saint Augustin, vous n'avez qu'à penser au fou de | Enfer. et vous ver rez combien est léger tout ce que vous souffrez.”
La troiseme consequence est, que ces mêmes
eines doiveut me -servir : pour juger de la dif- {érence de tous les états. ‘Tous ceux cù il est plus difficile de me sauver, me.deivent paroître malheureux, et je dois au cuntraire-segarder com. me avantageux, tous ceux qui sont favorables pour le salut.
La quatrième: PT est, que camme la considération de l'Enfer me doit eervir pour trouver légers tous les maux. de ectte vie, aussi les
naux de cette vie.me duivent faire souvenir de :
l'Enfer, pour l'éviter. Car les légers châtinens de là vie présente n'ont pour but que de nous
avertir de uous-corriger, afin que Dieu-n'ait pes ù
lieu de nous punir dans sa rigeur.
O mon Dieu, ouvrez:les yeux de:man ame. afin ou appercevant l'etat funestes des-damnés, j jen ‘attende pas à F'éviter.au moment même que je «m y verrai réduit pour jamais, mon cœur, afin que je profite de ce que j'ai entendu mile et mille: fois de ‘la grandeur ‘et de l'éternité de ces tourmens. :O vie érernellement: malheu-
reuse! 6 sapplices ‘sans fin et sans relâche ! Est.
possible que ceux- larne vous craignent pas; qui gpréhende si fort les moindres incüummeditre? ,
Ouvrez:les: oreilles:de
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O Seigneur, que je regrette le tems auquel je n'ai jour ‘ : . Le, 8 2 Or ii se"! ‘
poini compris Ce; voiles si in)pu tantes nv leu,
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EXEMPLES. .. | n'éyat
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Le feu de l'Enfer est insupportable : 11 fauty LE tenus
+ penser: souvent. tude,
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Saint Martinien, Hermite en Palestine, qui vi- re est voit duns je quatrieme siecle, et dont la vie a été : que, écrite par un auteur Grec, qui l'avoit connu, après Vévrie uue pénitence de vingt cinq années dans le désert, Je : se trouva exposé a-une occasion ue»-prochaine de
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.qu'els Martinien inploroit la miscricorde de Dieu,
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