DEUX SATIRES — PAS PLUS
qui s'excusent
de n'être point plus nombreuses
ni plus méchantes.
On joue une valse languide, Vague comme les âmes vides Qui peuplent ce salon mouvant.
Le cadre ondule sous le vent Des sonorités sensuelles, Et le flot des femmes trop belles.
u6 m LES SAGESSES
Les écharpes aux tons pâlis De gazes molles à longs plis Voilent, par pudeur ingénue, Les dessins tièdes des chairs nues ; Les corps en un rythme affolé Se désirent à se frôler.
Dans le coin pâle, mi-couchée,
La vierge rose s'est cachée.
... Et tous deux abaissent leurs fronts...
Les bras sont trop maigres et longs,
Mais les yeux ont des grandeurs tendres
Et les lèvres semblent se tendre.
Ils n'ont pas dit tout cependant :
Le mot meilleur reste au dedans Et leurs doigts voudraient se le dire ! Et les mères ont des sourires Rythmiques, et frais repassés Autant que les plastrons glacés.
On joue une musique molle, Où s'énervent les âmes folles De grands rêves inachevés !
D'autres dansent les bras levés Tendus vers quelque envol céleste, Qu'ébauche la grâce du geste.
Et bien peu sans doute ont surpris
Les douloureux signes écrits
Dans leurs tournoiements eurythmiques.
Aux sons d'incolores musiques,
Ils sentent, sans se l'exprimer,
L'ennui bas de leur front fermé.
Dans la grise fièvre des heures
Où le fantoche humain se leurre
D'apparence et de mouvement,
Ils trahissent risiblement
L'espoir, qui malgré tout leur reste,
D'être plus Grands dans plus de Gestes!
LE MONDE EN ENFANCE i 19
Ce sont des gens de notre monde, Des gens à Culture profonde Pour notre Monde Cultivé, Gens à l'esprit fin, avivé...
Jusqu'à myopir un peu, je pense, Dans la recherche des nuances.
Ce sont des gens touchants et doux ;
Ils sont là beaux, ils sont là tous,
Et leur tout menu babillage
En des grâces d'enfantillage
Se pâme incomparablement :
« Un rien bien dit est si charmant! »
Pendant ce temps, quelqu'un leur joue Des musiques, qui font la moue Comme un enfant, et leurs esprits D'auditeurs se sentent ravis De ces toutes petites choses Pleines d'Idée à faible dose.
On nous y raconte, je crois,
Ceci : qu' « Il était une fois
— Symbole de simplesse insigne ! —
Un monsieur pêcheur à la ligne,
Qui vit un bleu martin-pêcheur. »
Et... c'est toutl — Mais quelle fraîcheur!
Du pianiste le jeu s'embrouille Dans un glou-glou d'eau qui gargouille, Et cela vous passe partout Comme un chatouillis dans le cou,
Et, sans emphase, doucement,
Quelqu'un susurre : « Oh ! c'est troublant 1 »
Les femmes ont des teints étranges De faïences pour petits-anges, Tandis que messieurs frais navets Leur roulent des yeux blancs lavés, Et les cils et les chevelures Contrastent comme par gageure.
O mon fils, aie en sainte peur De donner ton corps ou ton coeur Aux doigts fins de femmes pareilles, Toi dont la jeunesse vermeille A pris au soleil des vieux ans L'amour brutal des rêves grands !
TABLE DES MATIÈRES
TABLE DES MATIÈRES
Avertissement pour le lecteur 5
Note I 11
Note II 13
Liminaire
Ainsi la douce vieillerie 17
Les choses sages
La Calèche de tante Inès 21
La paix au village 25
La nouvelle église 29
Le jardin de la vieille fille 33
La maison vide 37
La place Sainte-Radegonde 41
Le. parloir gris 45
Jour sur semaine 49
Le couvent des Dames blanches 55
La cloche du collège 59
126 TABLE DES MATIERES
Leurs gens tout simplement
Les enfants au salon 65
La Veillée au berceau 6q
Les dames au parc 73
La petite maîtresse de musique 77
Celui qui sait les choses 83
Leurs gestes
En parlant de l'Empire 91
Le lot de la charmille 95
Le fauteuil de Monseigneur. I. — Dans V ombre . 99