‹ Les Saintes Maries de la merChapitre 2 sur 66 · MERLIN ENCHANTÉ · texte numérisé non relu

MERLIN ENCHANTÉ

Poème dramatique d'Émile MOREAU. - Musique de Georges MARTY.

PE EEE EEE EEES

Une clairière dans la forét de Brocéliande. — C'est la nuit.

Passionnément épris de Viviane, Merlin lui a livré le secret des Arts magiques; la perfide ne voulait que s'en servir contre lui, et voilà le Barde d'Armor lié d'une invisible chaine. Pour que l’enchantement cesse, il faut qu'une femme l'aime d’un pur amour et que la pitié lui arrache des larmes; mais ces larmes, elle les paiera de sa vie.

Merlin implore les Dieux qui restent sourds..... Epuisé, il s'endort et revit en songe ses amours avec Viviane; les échos lui reviennent des batailles livrées pour Armor, et de la malédiction des Dieux... Il se réveille et pleure...

Tout à coup des voix passent... Ce sont les Fées qui viennent le consoler et qui lui montrent Ganiéda, la femme suscitée par les Dieux apaisés.

Elle approche et salue le Barde vaincu. Lui, la repousse. Pourtant l'émotion de cette vierge parait sincère. Ganiéda s’attendrit sur le sort de Merlin... Un sanglot prochain fait trembler sa voix... « Va-t-en, lui crie Merlin, effravé: ces larmes qui luisent dans tes yeux, ne les laisse pas tomber! Tu mourrais! — Pleure! lui conseillent les Fées; ta mort va délivrer le vengeur d'Armor ». La pitié est la plus rorte : Ganiéda cède à la tentation du Sacrifice; ses larmes ont jaillil... Sa vie s'enfuit... Mais, le sortilège est rompu : Merlin est libre.

Les Lutins reparaissent : ils voient Merlin debout, la lyre en main, terrible! Ils n’ont plus qu’à fuir devant l'aube qui envahit le ciel. Les fées reprenant leur vol, emportent Ganiéda. Merlin va délivrer Armor.

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