‹ Les Saintes Maries de la merChapitre 3 sur 66 · C.-A. DEBUSSY · texte numérisé non relu

C.-A. DEBUSSY

Chœur Chœur La Damoiselle Elue s’appuyait Autour d'elle, des amants nouvellement réunis oui Le barrière FOQUICIOE res Répétaient pour toujours entre eux Ses yeux élaient plus profonds que l’abime Leurs nouveaux noms d’extase. Des eaux calmes au soir. Et les ämes qui montaient à Dieu Elle avait trois lis à la main Passaient près d'elle comme de fines flammes.

Et sept éloiles dans les cheveux.

Tino récilante Une récilante

Sa robe flottante Alors elle s'inclina de nouveau et se pencha N'élail point ornée de fleurs brodées Eu dehors du charme encerclant Mais d’une blanche rose, présent de Marie Jusqu'à ce que son sein eut échauffé Pour le divin service justement portée. La barrière sur laquelle elle s’appuyait

Ses cheveux qui tombaient le long de ses épaules | Et que les lis gisent comme endormis Etaient jaunes comme le blé mür. Le long de son bras étendu.

tra rer

Chœur Le soleil avait disparu; la lune annelée Etat comme une petite plume Elottant au loin dansl'espace, et voilà Qu'elle parla À travers l'air calme.

Sa voix était pareille à celle des étoiles Lorsqu'elles chantaient en chœur.

La Damoiselle Elue « Je voudrais qu'il fût déjà près de moi — Car il viendra — N'ai-je pas prié dans le Ciel? — Sur terre, Seigneur, Seigneur, n’a-t-il pas prié.

Deux prières ne sont-elles pas une force parfaite, Et pourquoi m'effrairais-je ? « Lorsque autour de sa tête, s’altachera l'auréole Et qu'il aura revêtu sa robe blanche Je le prendrai par la main et j'irai avec lui Aux sources de lumière; Nous y entrerons comme dans un courant Etnous v baignerons à la face de Dieu.

« Nous nous reposerons tous deux à l'ombre De ce vivant et mystique arbre Dans le feuillage secret duquel on sent Parfois lu présence de la colombe Pendant que chaque feuille touchée par ses plumes Dit son nom distinctement.

« Tous deux, nous chercherons les bosquets Où trône Dame Marie, Avec ses cinq servantes, dont les noms Sont cinq douces symphouies :

Cécile, Blanchelys, Madeleine.

Marguerite et Roselys.

« Il cramdra peut-être et restera muet Alors je poserai ma joue Contre Ja sienne, et lui parlerai de notre amour,

Sans confusion ni faiblesse ;

Et la chère Mère approuvera

Mon orgueil et me laissera parler;

« Elle même nous améenera, la main dans la main,

A celui autour duquel toutes les âmes

S'agenouillent, les ionombrables têtes clairs-rangées,

Inclinées, avec leurs auréoles,

Et les anges venus à notre rencontre chanteront

S'accompagnant de leurs guitares et de leurs ciloles

« Alors je demanderai au Christ Notre-Seigneur

Cette grande faveur pour lui et moi:

Seulement de vivre comme autrefois sur terre Dans l'Amour ; et d'être

Pour toujours, comme alors pour un temps Ensemble, moi et lut. »

Chœur

Elle regarda, prèla l'oreille et dit.

D'une voix moins triste que douce :

La Damoiselle Elue

« Tout ceci sera quand il viendra. »

Chœur Elle se tut.

La lumière tressaillit de son côté, remplie D'un fort vol d’auges horizontal.

Ses yeux prièrent, elle sourit.

Mais bientôt leur sentier Devint vague dans les sphères distantes,

Une récitante

Alors, elle jeta ses bras le long Des barrières d’or,

Et, posant son visage entre ses mains, Pleura.

LRO D

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