‹ Les saints de l'église de MarseilleChapitre 21 sur 40 · SAINT DÉFENDANT · texte numérisé non relu

SAINT DÉFENDANT

ET SES COMPAGNONS Martyrs

Il est de tradition dans l'Eglise de Marseille, et la légende de l'Office Propre l'affirme, que, sous le règne de Dioclétien et de Maximien Hercule, un légionnaire chrétien, nommé Défendant, fut arrêté dans notre ville, avec plusieurs de ses compagnons d'armes; que, traînés aux autels des faux dieux, ces généreux soldats confessèrent le nom de Jésus-Christ ; et que, sur leur refus de sacrifier , ils furent cruellement tourmentés et enfin mis à mort.

Les fidèles ensevelirent pieusement le corps des victi mes; mais les longues guerres et les invasions des Barbares, qui bouleversèrent toutes choses en Provence, firent oublier le lieu de leur sépulture. Deux siècles plus tard, saint Théodore, évêque de Marseille, apprit par révélation où étaient cachées les saintes dépouilles. Il les releva, et les déposa dans une basilique qu'il construisit en l'honneur de saint Défendant et de ses Compagnons, dans sa ville épiscopale. Enfin il écrivit le récit de leurs combats et de leur victoire.

Ces Actes sont perdus pour nous; la basilique élevée par saint Théodore nous est inconnue ; et des pré-

cieuses reliques retrouvées par lui, à peine s'il nous reste quelques parcelles.

Nous ne sommes pas cependant sans avoir Tespérance de connaître un jour l'histoire de notre Saint; elle peut nous être révélée par des recherches entreprises dans les contrées voisines. En effet, l'Italie a reçu depuis longtemps et a religieusement conservé le culte de saint Défendant. Il est honoré en Piémont et en Lombardie. A Novare et en d'autres villes, "il a. des autels et même des églises, et sa fête est célébrée le 2 du mois de janvier. Même, les moines Augustins de Casai prétendent posséder son corps entier dans leur église. Des miracles nombreux ont été obtenus par son intercession, et des apparitions du Saint ont récompensé la foi et la piété des fidèles.

La tradition de ces Eglises raconte que Défendant et ses compagnons appartenaient à la légion Thébéenne, et que Maximien les fit massacrer à Marseille, où ils étaient en détachement. De savants hagiographes , Ferrari et Galesinius entr'autres, affirment avec nous que saint Théodore découvrit leur tombeau et leur éleva une basilique à Marseille. C'est donc en vain que quelques-uns ont voulu que le Saint, honoré dans la Haute-Italie, ne soit pas notre saint Défendant, mais un martyr du même nom, qui aurait souiSiert en Piémont sous Maximien.

Quand cette tradition italienne aura été suffisamment étudiée, et que son antiquité aura été établie, nous connaîtrons , mieux notre saint patron et son histoire. Mais actuellement nous ne pouvons que faire mémoire de sa passion.

Où avait été enseveli saint Défendant ? Nous l'igno- > ons : mais nous pouvons croire que, comme les autres

saints qui ont viersé leur sang pour la foi dans notre ville, il avait été déposé dans la catacombe qui est devenue la crypte de l'abbaye de Saint- Victor. C'est donc là qu'il aurait été découvert par saint Théodore. C'est dans Saint- Victor aussi, d'après l'hypothèse émise par un savant archéologue, qu'il faudrait chercher la basilique dédiée en son honneur par le même évêque. Cette basilique serait la chapelle aujourd'hui sous le vocable de Saint-Mauront, chapelle qui ne fait pas corps avec les autres constructions de l'église souterraine, et paraît avoir été élevée après coup. C'est dans cette chapelle qu'étaient conservées les reliques des soldats de la légion Thébéenne, et il est permis de se demander si ces soldats ne sont pas saint Défendant et ses compagnons, dont les corps ne se retrouvent nulle part ailleurs. (Albanès , Entrée d'Urbain V à Marseille^ p. 44).

De nos jours, l'œuvre de saint Théodore a été reprise par ses successeurs , et une paroisse nouvelle a été érigée sous le titre de Saint-Défendant.

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